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Billet de blog 23 nov. 2021

Valérie Pécresse en avant pour aller en arrière toute

L'ex-ministre de l'enseignement supérieur se distingue lors de la primaire organisée au sein de « LR » par des propositions - examen d'entrée en sixième, augmentation de deux heures des horaires dévolus au « lire-écrire-compter » dans l'élémentaire, focalisation unilatérale sur la « transmission » - à rebours des deux ministres de la période gaullienne d'avant Mai 68 : Fouchet et Peyrefitte.

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L'examen d'entrée en sixième

Il a été créé par deux arrêtés successifs (du 1er septembre 1933 et du 13 février 1934) à la suite de la décision de rendre progressivement gratuit l'accès aux classes de l'enseignement secondaire. À la « barrière de l'argent » qui jusque là limitait l'accès à l'enseignement secondaire aux enfants des classes socialement favorisées (à l'exception des rares boursiers triés sur le volet par des concours de bourses difficiles) est substituée une autre « barrière » (un examen d'entrée), car il n'est pas envisagé alors un seul instant que l'école de l'élite (le secondaire) soit submergée par l'entrée massive des enfants du peuple

Le décret du 23 novembre 1956 supprime « l'examen d'entrée en sixième pour les élèves de l'enseignement public dont les résultats de la dernière année scolaire auront été égaux ou supérieurs à la moyenne »

On est alors dans une période où l'on considère que l'âge de la fin de la scolarité obligatoire doit être repoussée. C'est décidé finalement dès le début de la période gaullienne, par une Ordonnance de 1959. Il est prévu que les enfants ayant six ans cette année là auront obligatoirement deux années d'instruction supplémentaires.

Et, en 1963, le ministre de l'Éducation nationale Christian Fouchet (très fermement soutenu par le Président de la République Charles de Gaulle) institue le collège d'enseignement secondaire (CES) par lequel peuvent désormais transiter tous les élèves de 11-12 ans à 15-16 ans.

Les projets du ministre de l'Éducation nationale Alain Peyrefitte avant Mai 68

Dès son arrivée au ministère de l’Éducation nationale en mai 1967, le très gaullien Alain Peyrefitte a réuni chaque semaine un groupe de travail qui a élaboré en quelque six mois un plan de réformes en 27 points (27 points qui figurent – bien des années plus tard – in extenso en Annexes du tome III du livre d’Alain Peyrefitte intitulé C’était de Gaulle, signe de l’importance persistante qu’il leur accordait).

Lors de la communication qu’il a faite au conseil des ministres du 28 février 1968, le ministre de l’Éducation nationale Alain Peyrefitte a été très clair : « La réforme de l’enseignement engagée [à savoir la mise en place des collèges d’enseignement secondaire à partir de 1963] a profondément modifié les cadres de l’organisation scolaire, le contenant. Pour donner tout son sens à cette œuvre, il faut s’occuper du contenu. Les méthodes pédagogiques n’ont guère évolué depuis le siècle dernier, ni même depuis le XVIIe siècle. Or rien n’est plus difficile que de faire changer l’esprit et les méthodes. La démocratisation amène dans l’enseignement secondaire des enfants culturellement défavorisés ; ils ne sont pas justiciables des méthodes qui réussissent auprès des enfants culturellement favorisés ».

Les points de la réforme envisagée (groupés sous le nom de « rénovation pédagogique) n’en sont plus alors au statut d’avant-projets, car ils doivent faire l’objet d’une mise en œuvre expérimentale à la rentrée de septembre 1968 dans cent écoles primaires et trente collèges.

Il est dit explicitement que « le cours magistral doit disparaître presque complètement à tous les niveaux ». Et il est prévu de remplacer les devoirs à la maison par des interrogations écrites ou orales donnant l’occasion aux élèves d’améliorer leur capacité d’expression et de s’évaluer eux-mêmes (par l’auto-correction). Il est prévu que le latin disparaisse entièrement en sixième et cinquième.

À l'important colloque tenu à Amiens à la mi-mars 1968, le ministre de l'Education nationale Alain Peyrefitte affirme ne voir une solution que par « la réforme des méthodes de l’enseignement » et précise que « tout cela signifie que nous voulons des maîtres qui soient moins les serviteurs d’une discipline que les serviteurs des enfants ; des maîtres qui sachent, certes, de quoi ils parlent, mais aussi et surtout à qui ils parlent. ». « C’est seulement par cette réforme des méthodes de l’enseignement, conclut le ministre Alain Peyrefitte, que l’école peut remplir aujourd’hui sa mission de toujours, celle d’initier à une culture ; or cette initiation, aujourd’hui, ne peut qu’être une invention ».

Bon, il paraît que « LR » se situe dans la filiation gaulliste et que Valérie Pécresse est allée se prosterner à Colombey-les-Deux-Eglises. Mais toute la période gaullienne était tendue vers un avenir autre , notamment en matière d'Ecole. Et là, c'est l'inverse.Valérie Pécresse, en particulier, se met en avant pour aller en arrière toute.

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