Une scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans?

C’est ce que le PCF continue de demander après avoir vu quelques-uns de ses amendements retenus pas la commission et adoptés par le Sénat en première lecture de « la loi de refondation » vendredi dernier.

C’est ce que le PCF continue de demander après avoir vu quelques-uns de ses amendements retenus pas la commission et adoptés par le Sénat en première lecture de « la loi de refondation » vendredi dernier.

Le groupe CRC du Sénat ( auquel appartient les sénateurs communistes ) a finalement voté pour la « loi de refondation » après avoir obtenu le vote de quelques amendements significatifs, en particulier  la mention que « le socle doit permettre la poursuite d’études ( et non plus une ‘’formation’’ ), la construction d’un avenir personnel et professionnel et préparer à l’exercice de la citoyenneté», et une certaine réécriture de l’article 3 où il n’est plus question d’ « égalité des chances » ( qui peut être prise dans le sens restrictif d’un simple accès élargi à l’élite pour certains ) mais  de l’affirmation du principe du « tous capables ».
Par ailleurs, le communiqué de presse qui a suivi  mentionne en bonne place que les parlementaires communistes « défendront un allongement de la scolarité obligatoire pour garantir à tous le droit à l’éducation de 3 à 18 ans » lors de la prochaine lecture du texte de la « loi de refondation » à l’Assemblée nationale qui commencera le 3  juin .

Cela fait plus d’un  demi –siècle que l’Ordonnance du 6 janvier 1959 signée par Charles de Gaulle ( chef du gouvernement ) et Jean Berthoin ( ministre de l’Education nationale )  a décidé que « l’instruction sera obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans révolus pour les enfants qui atteindront l’âge de six ans à partir du 1° janvier 1959 ». L’Ordonnance précise que « l’instruction obligatoire a pour objet l’éducation et les connaissances de base, les éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique ».

 Le congrès de la Fédération de l’Education nationale ( qui regroupait notamment le SNI - syndicat national des instituteurs – quasi hégémonique alors dans l’enseignement primaire, et le SNES – le syndicat le plus puissant de l’enseignement secondaire ) s’était prononcé deux mois plus tôt « pour l’allongement de la scolarité obligatoire, avec comme objectif de la mener jusqu’à dix-huit ans » ( dans la ligne du célèbre Plan Langevin-Wallon élaboré durant les années suivant la Libération ).

 Dix ans après la mise en place effective de l'instruction obligatoire jusqu’à 16 ans, un sondage est effectué par la SOFRES en décembre 1977 auprès d’un ‘’échantillon représentatif’’ des enseignants à qui l’on pose la question suivante : " A quel âge l’interruption de la scolarité obligatoire devrait-elle être possible : à 14 ans, à 16 ans, ou à 18 ans ? ". 48% des enseignants se prononcent pour 14 ans ( et 12% pour 18 ans ).

Ces enseignants ( et leurs élèves ) n’avaient alors connu que le CES ( le ‘’ collège d’enseignement secondaire’’ ), c’est à dire un collège à filières dûment organisées ( " caractérisées par leur pédagogie propre " ) : la voie I ( dite ‘’classique et moderne longue’’, encadrée par des professeurs certifiés ou agrégés ), la voie II ( dite ‘’moderne court’’ , encadrée par des maîtres de cours complémentaires rebaptisés PEGC ), la voie III ( dite ‘’transition – pratique’’, encadrée par des instituteurs ).

 En 1975 la loi dite Haby crée le ‘’collège unique’’ ( en principe sans ‘’filières’’ ) dont les décrets d’application ne sortent qu’en 1976, et dont la mise en place effective ne commence guère qu’en 1977.
En septembre 1985, la SOFRES repose la même question à un ‘’échantillon représentatif’’ d’enseignants. 42 % d’enseignants ( 6% de moins qu’en 1977 ) se prononcent pour la possibilité d’interruption de la scolarité à 14 ans, et 15% pour la repousser jusqu’à 18 ans ( 3% de plus qu’en 1977 ).

 In fine, on pourrait se demander quels seraient actuellement les taux respectifs de réponses à la question de la SOFRES. Mais le sondage n’a pas été renouvelé. Et si on ‘’sondait’’ les ‘’médiapartiens’’ ? Quel(s) bilan(s) tirent-ils de ce demi-siècle d'instruction obligatoire et de ses évolutions ?

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