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Billet de blog 28 févr. 2012

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Saint Nicolas

Heureusement que les parents d’élèves et surtout les enseignants disposent d’une haute figure d’autorité tutélaire en la personne du candidat-président Nicolas Sarkozy qui a la volonté farouche de « rétablir l’autorité » et que les professeurs soient « mieux considérés ».

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Heureusement que les parents d’élèves et surtout les enseignants disposent d’une haute figure d’autorité tutélaire en la personne du candidat-président Nicolas Sarkozy qui a la volonté farouche de « rétablir l’autorité » et que les professeurs soient « mieux considérés ».
C’est  du moins ce qu’il vient d’affirmer dans une interview au « Midi Libre », en prélude à son discours de Montpellier sur l’éducation dont il entend faire un moment fort de sa campagne. Et le moins que l’on puisse noter, c’est qu’il n’a pas jusqu’ici mégoté pour donner le « la » ( si l’on peut dire ).
En matière de « considération » de la culture humaniste professorale, on se souvient encore de sa saillie sur « La Princesse de Clèves ».
En matière de « considération » pour l’exactitude et la rigueur mathématiques, il vient de nous donner opportunément l’exemple de ses statistiques sur les évolutions des effectifs et du nombre des enseignants ( un véritable chef d’œuvre d’embrouillaminis ).
On n’a sans doute pas oublié, en matière d’ « autorité » morale, son discours du « Latran » où il a signifié sans ambages que l’enseignant laïque ne pourrait jamais être à la hauteur du prêtre ou du pasteur.
Ce grand héraut exigeant de l’autorité morale s’est aussi illustré sur la place publique dans un exemple de « civilité » ( et de ‘’respect ‘’ ) resté fameux pour les cours de récréation : « casse toi, pauvre con ! ».
Plus généralement, et c’est la mise en valeur du tout, revendiqué sans fard et sans honte ; d’un côté le Fouquets, les montres Rollex, le yatch de Bolloré ; de l’autre, « La princesse de Clèves », l’embrouillamini statistique, l’infériorisation de l’autorité morale et éducative des enseignants laïques,  l’incivilité publique du « casse-toi, pauvre con ! ».
Sans compter, pour faire bonne mesure , et pour mieux situer encore cette haute figure d’autorité, la décision de mettre des policiers à demeure dans certains établissements scolaires.
Pour conclure, on citera François Bayrou s’insurgeant le 11 mars 2006 contre ce projet : « Si nous acceptons l’idée que la loi de l’école est la même que celle de la rue, alors l’école a perdu. Les valeurs de la rue, c’est trop souvent – hélas ! – la loi du plus fort. Et la police est là pour imposer la force de la loi aux caïds qui veulent prendre le dessus. Les valeurs de l’école ce n’est pas la loi du plus fort, c’est la loi du respect, le respect de l’éducation, et le respect de l’autre. Si l’on veut sauver l’école, il faut défendre son système de valeurs ! C’est l’autorité du professeur qu’il faut reconstruire ».
On ne saurait mieux dire. Et il vient un soupçon : et si Saint Nicolas n’était qu’un caïd ?

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