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Billet de blog 28 juin 2009

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Un pedigree pour l'Education nationale?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Imagine-t-on un seul instant Jules Ferry et les ministres de l’Instruction publique qui l’ont suivi avoir le même pedigree que Luc Chatel ?

Le parcours du ministre de l’Education nationale nommé récemment par Nicolas Sarkozy présente nombre de caractéristiques significatives, dont l’addition est plus que suggestive : révélatrice.

- scolarité à Saint-Louis de Gonzague, un établissement jésuite renommé

- DESS de marketing qui lui permet de devenir chef de groupe de marketing à l’OREAL de 1990 à 1995

- responsable du recrutement à l’OREAL de 1995 à 2000, puis directeur des ressources humaines de 2000 à 2002

- débute en politique au sein du Parti républicain puis de Démocratie Libérale, dirigé par Alain Madelin, bien connu pour ses convictions ultralibérales

- spécialiste des problèmes liés à la consommation, et rapporteur de la plupart des projets de loi récents relevant de ce domaine

- en juin 2007, nommé secrétaire d’Etat chargé de la Consommation et du Tourisme

 

 

On passera très vite sur la scolarité dans un établissement jésuite, qui peut se révéler utile en ces temps de " laïcité positive ".

L’orientation des études vers le marketing ( et l’expérience acquise en la matière ) pourraient se révéler centrales dans un ministère qui se tourne vers la ‘’communication’’ et multiplie les sondages.

L’expérience du DRH pourrait être décisive à l’Education nationale, premier employeur ( et débaucheur de France ), une ‘’industrie de main d’œuvre’’.

L’initiation politique effectuée dans la formation politique ultra-libérale d’Alain Madelin, l’expérience acquise dans la Consommation ( voire le Tourisme ), mettent le nouveau ministre de plain-pied avec un temps où l’on tend à confondre le service public avec les services rendus aux publics, et l’ ’’Education nationale’’ avec les réponses les plus adaptées aux ‘’ consommateurs d’école’’.

Ce choix de Nicolas Sarkozy fait en toute tranquillité ( bien qu’il soit au rebours de toute la grande tradition historique de l’’’Education nationale’’ ) est révélatrice de l’évolution de cette ex ’’institution’’ ( au sens fort du terme ), et surtout du rapport que ‘’nous’’ entretenons désormais avec elle : il n’y a pas eu de tollé, ni même de réactions de quelque ampleur que ce soit face à ce pedigree pour le moins ‘’insolite’’ d’un ministre de l’ ‘’Education nationale’’.

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