Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer simplifie le contrôle continu

Il lui aura fallu quatre ans pour le faire, après nombre de manœuvres dilatoires. Par machiavélisme, comme certains le pensent ? Ou bien tout simplement par valse-hésitation d'un ministre très politicien qui tente souvent de «passer entre les gouttes» tout en adoptant un ton péremptoire.

Pour mémoire, le 15 févier 2018, j'avais posté sur Médiapart un billet intitulé :

 « Le ministre de l'hésitation nationale Blanquer a manqué son rendez-vous historique! »

Le «vrai contrôle continu» compte pour 10% et le «faux contrôle continu» pour 30%. In fine, «l'allégement» des épreuves et leur «simplification» se solde par un «alourdissement» et une «complexification» du baccalauréat. Bravo l'artiste !

Dans son interview parue dans « L'Etudiant » le 30 mars dernier, Emmanuel Macron avait pourtant été très clair : « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du ''contrôle continu'' entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Mais ce n'est pas ce qui vient d'être annoncé par le ministre de l'hésitation nationale Blanquer. Cinq épreuves terminales (le français en fin de classe de première, deux épreuves de spécialité au printemps, un ''oral'' et la philosophie en fin de terminale) comptant pour 60%. Plus 10 % de ''vrai contrôle continu'' (prise en compte des notes ''ordinaires'', comme dans les dossiers de candidatures aux formations post-bacs recherchées). Plus 30 % de ''faux contrôle continu'' reposant sur des ''partiels'' ad hoc en première et terminale (pouvant avoir lieu en janvier et en avril pour la première, et en décembre pour la terminale). La ''simplification'' demandée et proclamée par le chef de l'Etat Emmanuel Macron se solde par un étalement et une prolifération des moments possibles de ''bachotage'', une soi-disant simplification ultra-compliquée !

Et un an plus tard,  j'ai rendu compte d'un autre cas exemplaire (car ultra-rapide) des œuvres et manœuvres  du ministre de l'hésitation nationale Jean-Michel Blanquer
Le 11 février 2019, le député ''LR'' Eric Ciotti défend un amendement qu'il a déposé avec quelques autres parlementaires  en cours de discussion du projet de loi.: ''cet amendement tend à faire en sorte que le drapeau français soit installé dans chaque classe de  chaque école de la République. Nous avons évoqué La Marseillaise ; nous parlons maintenant du drapeau français."
Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer répond dans un premier temps par la négative en s'inscrivant sur ce point dans la continuité de ses prédécesseur : ''Que les enfants connaissent la Déclaration des droits de l’homme, qu’ils chantent La Marseillaise et que le drapeau soit présent dans l’école est un objectif fondamental. Comme vous le savez, le code de l’éducation prévoit déjà chacun de ces éléments à l’échelle de l’école. Vous proposez qu’ils soient dorénavant présents à l’échelle de la classe. Je ne dis pas que c’est une proposition absurde, mais je ne pense pas qu’il soit souhaitable de multiplier les affichages en classe pour des raisons pratiques assez évidentes.
Mais d'autres députés ''LR'' prennent la parole et soutiennent l'amendement présenté par Eric Ciotti. Il y a une suspension de séance à l'issue de laquelle est proposé (et voté) un amendement à la suite de ''propositions faites par le Gouvernement, avec l’aval du premier signataire de l’amendement no 102 (Eric Ciotti), ainsi rédigé : « La présence de l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, du drapeau européen ainsi que des paroles du refrain de l’hymne national est obligatoire dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés, publics ou privés sous contrat."
Le ministre de l'hésitation nationale Jean-Michel Blanquer a ''tranché'' (sur un ton ''péremptoire'', à son habitude...). Et qu'en est-il effectivement dans les salles de classe plus de deux ans après  ?

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