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Billet de blog 30 janv. 2020

Le comité de suivi de la réforme tacle le pusillanime Blanquer

«La formule hybride des E3C est contraire à l'esprit de la simplification de la réforme du bac» vient de déclarer le comité de suivi de la réforme. Bien vu, mais bien tard. Et il va proposer des «ajustements» pour accomplir «l'esprit de la réforme» ou pour permettre à Blanquer de tergiverser encore?

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En commentaire, je me contenterai de republier in extenso le billet mis sur Mediapart il y a cinq mois, le 27 août 2019. intitulé: "On va voir enfin que Blanquer n'a pas simplifié le baccalauréat". Juste pour voir...

''Des épreuves vont être programmées dès cette année scolaire en première; et on va voir concrètement qu'au lieu d'une «simplification» on a une usine à gaz «éprouvante», notamment parce que Blanquer n'a pas osé aller jusqu'au bout de la logique de contrôle continu annoncée par Macron.

Dès cette année scolaire, en classe de première, il y aura - en outre des épreuves de français qui auront lieu comme d'habitude en juin - la passation d'''épreuves communes de contrôle continu''.

Elles concerneront l'histoire-géographie, la langue vivante A, la langue vivante B, l'enseignement scientifique (pour ce qui concerne la voie générale) ou les mathématiques (pour ce qui concerne la voie technologique). Avec en outre l'éducation physique et les enseignements de spécialité (ceux qui auront été suivis uniquement pendant la classe de première). Excusez du peu...

Il est indiqué dans la circulaire définissant les épreuves de contrôle continu publiée au BO du 25 juillet dernier que "la note obtenue pour chacun de ces enseignements est constituée de la moyenne des notes obtenues lors des différentes épreuves communes , quel que soit leur nombre". On apprend ainsi qu'il est fort possible qu'il n'y ait pas une seule ''épreuve commune" par matière, mais plusieurs (à la discrétion sans doute de chaque établissement...)

Ce n'est pas du tout ce qui avait été envisagé et annoncé par Emmanuel Macron au cours de la campagne de l'élection présidentielle. On ne saurait trop le rappeler (d'autant que c'est généralement laissé dans l'ombre). Lors d'une interview parue dans « L'Etudiant » le 30 mars 2017,"Emmanuel Macron avait été très clair: « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du "contrôle continu" entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Il s'agissait donc de mettre en oeuvre pour une partie du baccalauréat ce qui est mis en oeuvre depuis longtemps par les professeurs du secondaire lorsqu'ils ont à choisir les élèves qui pourront venir dans leurs classes préparatoires ou leurs STS. Ces professeurs font leur choix sur la base de dossiers ''maison'', à partir des notes et appréciations ordinaires obtenues en première et terminale par les candidats dans leurs établissements respectifs; et en toute connaissance de cause (le baccalauréat restant à obtenir comme condition certes nécessaire mais non suffisante pour être sélectionné). Sur la base d'un ''vrai contrôle continu'' donc.

Ce ''vrai contrôle continu'' a été retenu pour une part (10% de l'évaluation totale) par Jean-Michel Blanquer. La circulaire du 25 juillet dernier précise pour la classe de première que la note de ce "contrôle continu est constituée de la moyenne des moyennes annuelles des enseignements (obligatoires ou optionnels) suivis par l'élève, attribuées par ses enseignants habituels en classe de première (coefficient 5)''. Il est indiqué aussi que cette note "ne prend pas en compte les notes obtenues par l'élève au titre des épreuves communes de contrôle continu". Il doit être clair que les enseignants devront continuer à faire les évaluations habituelles en sus des "épreuves communes de contrôle continu''

Le ''vrai contrôle continu'' (le contrôle continu traditionnel) ne compte que pour 10% dans l'évaluation totale du baccalauréat, alors que les "épreuves communes du contrôle continu'' (le nouveau contrôle continu) comptent pour 30%.

La circulaire du 25 juillet indique que "les chefs d'établissement déterminent les modalités des épreuves communes de contrôle continu [...]. L'organisation de ces épreuves se fait, dans la mesure du possible, dans le cadre des emplois du temps normaux des élèves. Il est conseillé d'éviter la banalisation d'un ou plusieurs jours pour l'organisation des épreuves. En fonction de enseignements concernés, les épreuves peuvent être organisées à des moments différents (jours,semaines). Plusieurs établissements peuvent organiser tout ou partie de ces épreuves". II est précisé que les épreuves écrites "sont corrigées sous couvert de l'anonymat'' et que les épreuves orales sont évaluées par un enseignant qui n'enseigne pas pendant l'année en cours à l'élève examiné .

Contrairement à sa légende (selon laquelle il serait "droit dans ses bottes") Jean-Michel Blanquer a été pusillanime: il n'a pas assuré une simplification du baccalauréat (bien au contraire) qui passait par un ''vrai contrôle continu'' (sans épreuves ad hoc); et il n' a pas non plus réassuré (bien au contraire aussi) la continuité d'un baccalauréat n'ayant pas des aspects ''maison''. Il n'est donc pas étonnant que sa réforme soit mise en cause d'un "côté" ou de l'autre; et parfois même des deux (à l'instar du SNES qui lui reproche à la fois de faire la part belle aux aspects ''maison'' et d'être une "usine à gaz" compliquant la passation du baccalauréat au lieu de la simplifier)...''

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