Les dates des vacances scolaires ne sont pas gravées dans le marbre!

Elles ont beaucoup varié au fil du temps. Et il se pourrait bien que la période extraordinaire que nous vivons aboutisse à des changements. En tout cas, la question ne devrait pas être tabou et il est urgent qu'elle soit posée. Aussi bien pour les vacances de printemps que pour les grandes vacances.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a fixé le moment de la rentrée scolaire au 4 mai en principe. Le confinement de la population est prévue jusqu'au 15 avril au moins, et durera sans doute davantage avec en plus une fin vraisemblablement à géométrie variable. Les vacances de printemps vont s'échelonner du 4 avril au 20 avril pour la zone C, du 11 avril au 27 avril pour la zone B, du 18 avril au 4 mai pour la zone A. Quid de l'aide qu'apportent les enseignants à leurs élèves (et à leurs parents ) en particulier par leur contribution à leur structuration du temps en situation de confinement? Est-il raisonnable qu'elle puisse cesser? Quid alors des dates de vacances et /ou de leur aménagement?

Pour ce qui concerne l'enseignement secondaire, les ''petites vacances'' de Pâques se limitent à quatre puis six jours durant la première moitié du XIXème siècle. Elles atteignent huit jours au début de la troisième République et enfin deux semaines en 1925, date à laquelle les vacances de l'enseignement primaire sont calées sur celles de l'enseignement secondaire. A partir de 1972 se met en place le système du ''zonage'' des ''petites vacances'' (deux ou le plus souvent trois zones plus ou moins décalées dans le temps).

Au début du XIX° siècle, les ‘’grandes vacances’’ de l’enseignement secondaire allaient du 15 août au 1er octobre. A partir de l’établissement de la troisième République, ces ‘’grandes vacances’’ vont débuter de plus en plus tôt dans l’année (et durer plus longtemps).

En 1875, il est décidé qu’elles commenceront désormais le 9 août ; puis, à partir de 1891, le 1er août. Il y a alors deux ‘’rentrées’’ en réalité : celle du 1er octobre (qui perdure) ; et celle de Pâques (une vraie rentrée, car il restait environ quatre mois de classe avant les ‘’grandes vacances’’). D’où la coupure de 6 jours juste après la fête de Pâques, qui s'est amplifiée ensuite. En 1912, le début des ‘’grandes vacances’’ est avancé au 14 juillet ; mais elles durent toujours jusqu’au 1er octobre. On est donc passé de 1874 à 1912, d’un mois et demi de ‘’grandes vacances’’ à deux mois et demi. En 1959, les grandes vacances sont déplacées dans leur ensemble de deux semaines : elles commencent plus tôt ( le 1er juillet) et finissent plus tôt (à la mi-septembre). Comme le premier trimestre s’est du coup allongé, il est décidé que 4 jours seront libérés à la Toussaint pour qu’il y ait une ‘’petite coupure’’. Treize ans plus tard, en 1972, (après les jeux olympiques d’hiver de Grenoble ) les vacances d’hiver sont instituées. Et les ''grandes vacances'' sont raccourcies ( mais pas au point de toucher au sacro-saint mois d'août).

En 1968, le butoir du début des grandes vacances (fixé au 1er juillet depuis 1959) a compté dans la décision du compromis qui a été mis en oeuvre : faire effectivement passer des épreuves terminales pour le baccalauréat, mais uniquement sous forme orale (des oraux étant plus rapides à pouvoir être mis en place). Aura-t-on le temps cette-fois ci de mettre en oeuvre des épreuves terminales et lesquelles? Pas sûr, loin s'en faut, si l'on n'aménage pas le tempo du début des grandes vacances. La passation d'épreuves terminales du baccalauréat est l''un des derniers ''rites de passage'' pour certains, un certain gage d'égalité pour d'autres, et l'un des ''plus beaux rendez-vous républicains'' selon Jean-Michel Blanquer....

Les enseignants sont à juste titre très attachés à leurs vacances. Et les parents d'élèves doivent se rendre compte actuellement combien c'est légitime. Les professeurs des écoles, des collèges et lycées sont massivement mobilisés pour que cette période se passe au mieux pour leurs élèves et leurs parents. Mais cette situation exceptionnelle inclut certaines modifications du tempo des vacances qui doivent être aménagées pour que l'on puisse y faire face au mieux. Elles ont déjà souvent ''bougé'' dans le passé. On peut les ''bouger''.

 

x

.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.