Hollande, Ferry, et le ''monde affairé"

François Hollande vient d’estimer que « c’est d’abord le rôle de l’école que de stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays » et il a annoncé la mise en œuvre « de la sixième à la terminale d’un programme sur l’entreprenariat ».

François Hollande vient d’estimer que « c’est d’abord le rôle de l’école que de stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays » et il a annoncé la mise en œuvre « de la sixième à la terminale d’un programme sur l’entreprenariat ».

Tout un ‘’programme’’ certes. Mais c’était bien la peine d’avoir mis son intronisation à la présidence de la République sous les auspices de Jules Ferry, juste devant la statue du ‘’commandeur’’.

Un Jules Ferry qui a déclaré le plus clairement du monde, et à plusieurs reprises , que la tentation d'aller dans ce sens traversait et traverserait notre société moderne, mais qu'il ne fallait surtout pas y céder ( bien qu’il ne fût nullement ‘’socialiste’’, bien au contraire, car il était en fait un ardent partisan du libéralisme en matière de politique économique ).

Une seule citation devrait suffire : « C’est une garantie des forces de la société française, une des garanties les plus précieuses de son avenir ,que d’avoir conservé, à tous les degrés, sous le régime de la liberté la plus étendue, un enseignement de l’Etat fortement organisé […]. Dans une société démocratique, surtout, il est de la plus haute importance de ne pas livrer les études aux entreprises de l’industrialisme, aux caprices des intérêts à courte vue, aux courant impétueux et contradictoires d’un monde affairé, positif, tout aux soucis de l’heure présente » ( Discours de Jules Ferry à la distribution des prix du concours général, le 4 août 1879 ).

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