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Billet de blog 30 juin 2011

Vers la suppression des concours de recrutement des enseignants?

Selon l’AFP, l’une des propositions d’une mission d’information de l’Assemblée nationale est «de remplacer à terme le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d’un entretien professionnel les enseignants».

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Selon l’AFP, l’une des propositions d’une mission d’information de l’Assemblée nationale est «de remplacer à terme le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d’un entretien professionnel les enseignants».
La « mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants » ( composée de 14 députés ) constituée en mars 2010 vient de rendre son rapport ( contenant une vingtaine de propositions ) qui a été adopté par les seuls députés UMP, majoritaires dans la commission. Ce rapport doit être examiné le 6 juillet prochain par la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale.

Il faut savoir que depuis la loi Guizot de 1833 qui a généralisé les écoles normales de garçons, les instituteurs ont été’’ normalement’’ recrutés sur concours ; et que depuis la loi Paul Bert de 1879 qui a généralisé les écoles normales de filles, les institutrices ont été ‘’normalement’’ - elles aussi - recrutées sur concours.
La question est un peu plus complexe ( et pour l’essentiel plus récente ) pour les enseignants du secondaire. Jusqu’en 1950 les enseignants du secondaire ont été recrutés soit via l’agrégation, soit embauchés sur la base d’une licence puis titularisés sur leur poste à l’instar, en quelque sorte, de ce que l’on a appelé plus tard les ‘’adjoints d’enseignement’’. Deux version fort différentes du CAPES nouvellement institué au tout début des années 1950 vont se succéder.
Le décret du 1er avril 1950 institue une certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public du second degré ( CAPES ) qui comprend deux parties : « Premièrement, une partie pratique dont les épreuves ne peuvent être subies qu’au cours de la seconde année d’un stage d’au moins deux années dans un collège ou un lycée ; deuxièmement, une partie théorique ». D’abord, donc, un stage pratique et son évaluation ; ensuite un examen écrit, qui ne doit pas être livresque mais étroitement professionnel : « Le stagiaire pourvu de conseillers pédagogiques apprend son métier ; c’est la preuve de son apprentissage qu’on lui demandera au terme de son stage. Le succès au stage sera suivi d’un examen écrit dont les épreuves, à caractère très étroitement professionnel, devront confirmer l’adaptation du candidat aux différentes tâches qu’il a à remplir comme professeur. Le succès dépendra donc beaucoup moins d’une préparation intensive et livresque que de l’application au travail quotidien et de la réflexion personnelle sur ses conditions ».
Mais des craintes se font jour quant à la préparation au concours de l’agrégation, au rétrécissement de son aire de recrutement. Dès 1952, les partisans de la défense et illustration de l’agrégation ont gain de cause. Une deuxième mouture du CAPES est mise en place, qui durera. Le décret du 22 janvier 1952 stipule : « Le concours pour l’obtention du CAPES comprend deux parties indépendantes : premièrement une partie théorique qui comporte des épreuves écrites et une épreuve orale ; deuxièmement une partie pratique soutenue un an après le succès à la partie théorique ». Dans le Journal Officiel du ministère de l’Education nationale, l’inspecteur général Campan commente la réponse profonde de ce nouveau dispositif, de cette inversion : « une caractéristique essentielle du nouveau système, c’est sa liaison avec le concours d l’agrégation ». Il s’agit d’assurer avant tout – directement et indirectement – un recrutement élargi et de qualité pour l’agrégation, qui est ainsi consolidée.

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