RENAULT vs NISSAN : UN ACCORD DÉSTABILISANT …. DITES NOUS MONSIEUR MACRON

Pour quelles raisons alors même que Renault est l’actionnaire principal de Nissan, cette filiale pourrait-elle prendre le contrôle de sa société-mère? Cosignataire de l’accord de stabilisation Monsieur Macron pourrait nous éclairer sur le sujet.

Avril 2015 l’État français premier actionnaire de Renault soumet à l’assemblée générale des  actionnaires du groupe français une résolution préconisant l’application de la loi Florange. Cette disposition- vote double  pour les actions détenues depuis plus de deux années – rencontre l’hostilité ouverte du PDG de Renault qui y voit une mainmise de son autorité de tutelle sur le groupe qu’il dirige

D’avril  2015  à  décembre  de  la  même  année,  Carlos  Ghosn  le  PDG  de  Renault  et  Emmanuel  Macron  son  ministre s’affrontent par médias interposés.  Au  bout  de  ces  huit  mois  le  service  de  communication  du  constructeur  automobile  Renault annonce :  «  les  discussions  entre  les  deux  actionnaires  de  long  terme,  l'État  actionnaire  et Nissan,  ont  permis  d'aboutir  à  un  accord  solide  qui  pérennise  l'Alliance  et  favorise  son développement »  Dans ce sens le 11 décembre 2015 le conseil d’administration de Renault avalise un accord de stabilisation qui sous la forme de deux résolutions sera voté par l’ assemblée d’actionnaires d’avril 2016

 En  résumé  cet  accord  de  stabilisation  interdit  à  l’État  français  d’interférer  dans  la  gestion  de Nissan  et  deuxièmement  restreint  l’usage  du  vote  double  dans  les  affaires  courantes  de Renault.   Il est expressément stipulé que « «  votre société (Renault ndlr) votera conformément aux recommandations du conseil d’administration de Nissan, à défaut Nissan aurait la faculté d’acquérir des actions Renault »

Nous n’avons aucune information sur les conditions de mise en œuvre de ce pacte de stabilisation ! Mais nous en connaissons les conséquences. Gentiment il est demandé à Renault de laisser Nissan  s’autogérer indépendamment des intérêts de Renault ! A la moindre incartade, au moindre désaccord, le japonais aurait la faculté d’acquérir « des actions de Renault sans accord préalable » ; combien d’actions, à quel prix, dans quelles limites ? Jusqu’au contrôle de Renault ?

 Pour quelles raisons  alors même que Renault est l’actionnaire principal de Nissan, cette filiale pourrait-elle prendre le contrôle de sa société-mère ? Cosignataire de l’accord de stabilisation  Monsieur Macron pourrait nous éclairer sur le sujet.  

L’épilogue du différend évoqué plus haut n’augure rien de bon sur la capacité de l’ancien ministre de Hollande à manager des situations délicates, voire à se faire respecter. Prétendant à la magistrature suprême, le candidat MACRON est fort en verbe. La gestion du conflit qui l’a opposé au PDG de Renault  laisse craindre qu’il ne s’agisse que de gesticulation. C’est du reste le qualificatif qui s’applique à la pantalonnade relative à la rémunération de Monsieur Ghosn. Les menaces de « légiférer » prodiguées pour la circonstance par le Ministre  n’ont pas eu beaucoup d’effet. 

                                                                                     Claude PATFOORT le 18 janvier 2017  contact@renew-srta.fr                                                                     

  lire sur le site RENEW SRTA 

 

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