Plus difficile que trois réacteurs nucléaires par an ?

La France se vante (à juse titre) d'avoir été capable de construire 58 réacteurs nucléaires en 22 ans (presque 3 par an). Prouesse industrielle et de volontarisme politique s'il en est. Pourtant, nos contemporains semblent tétanisés à l'idée de déployer massivement les énergies renouvelables, alors que l'effort industriel et les risques associés sont sans commune mesure avec l'épopée de l'atome.

Un calcul rapide, à la suite des annonces sur les " peut-être jusqu'à 17 " fermetures de réacteurs faites cette semaine par notre ministre en charge de l'énergie, et en imaginant que ces fermetures ne concernent que les tranches de 900 MW, permet de voir que la production de remplacement serait de 96 TWh si l'EPR démarre un jour, mais plutôt de 107 TWh sans le monstre de Flamanville.
A supposer constante la production de 2016 - 487 TWh -, on voit de suite que, en 2025, la part du nucléaire dans notre mix serait de 55 % avec EPR ou de 53 % sans celui-ci.
Car la part de l'atome passerait de 365 TWh en 2016 à 269 TWh en 2025 si EPR il y a ; ou à 257 TWh sans.

Bien, dans un cas ce sont donc 96 TWh  (ou 107 dans l'autre) qu'il faudra produire en plus pour remplacer la part déclassée de l'atome.


Ce simple calcul nous montre que ce sont plutôt 19 réacteurs de 900 MW qu'il faut fermer si, d'aventure, l'EPR démarre ; ou bien 21 réacteurs de 900 MW si l'EPR finit par allonger la liste des fiascos industriels.

Puisque le compte du 50 % n'y est pas, pour que le mix en 2025 atteigne le niveau fixé par la loi il faut faire baisser la part du nucléaire de 122 TWh (365 - 243) ; ce sont donc 122 TWh de production non nucléaire qu'il faut trouver.


Supposons que seuls l'éolien et le PV au sol soient mis à contribution pour opérer ce remplacement. Et que la proportion de l'un et de l'autre soit la même que pour les 32 TWh produits en 2016, soit 3/4 d'éolien - 1/4 de PV.


Nous aurions alors à produire 92 TWh d'éolien et 30 TWh de PV au sol en plus de ce que nos parcs produisent déjà (24 + 8).
Les éoliennes actuelles sont capables de produire en moyenne 6.25 GWh/an. Alors que 1 MW PV produira en moyenne 1.25 GWh/an.
Pour rester réalistes nous imaginerons que seuls 80 départements français recevront des éoliennes, et que seuls 60 départements accueilleront du PV au sol.


Etalées sur les 8 ans qui nous séparent de 2025, cela ferait un total à installer par an et par département de 23 turbines et de 50 MW de solaire (soit une surface d'approximativement 75 ha).

Est-ce vraiment impossible ?

Ne prétendons-nous pas être le pays de l'excellence environnementale ?

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