Crevons la bulle présidentialiste au PS

De quoi un député européen fraîchement réélu et un président de conseil général débattaient-ils récemment par médias interposés ? De la ratification du Traité de Lisbonne, de la composition de la prochaine Commission européenne, de l’imminente réforme des collectivités territoriales ? Ou bien, puisqu’ils se proclament tous deux de gauche, de la lutte contre les inégalités sociales et de la défense du service public ? Non, ces deux membres influents du Parti Socialiste s’opposaient sur l’ouverture des primaires pour désigner leur candidat aux présidentielles de 2012. Débat futile qui éveille chez nombre d’(encore)militants de ce parti la furieuse envie de le rénover d’un solide coup de pied dans la fourmilière des présidentiables autoproclamés.

De quoi un député européen fraîchement réélu et un président de conseil général débattaient-ils récemment par médias interposés ? De la ratification du Traité de Lisbonne, de la composition de la prochaine Commission européenne, de l’imminente réforme des collectivités territoriales ? Ou bien, puisqu’ils se proclament tous deux de gauche, de la lutte contre les inégalités sociales et de la défense du service public ? Non, ces deux membres influents du Parti Socialiste s’opposaient sur l’ouverture des primaires pour désigner leur candidat aux présidentielles de 2012. Débat futile qui éveille chez nombre d’(encore)militants de ce parti la furieuse envie de le rénover d’un solide coup de pied dans la fourmilière des présidentiables autoproclamés.

Jusqu’ici, ni les interrogations désespérées d’Edwy Plenel dans Mediapart, ni le cri du cœur de Josiane Balasko manifestant avec DAL n’ont reçu de réponse satisfaisante.

Pendant ce temps, on voit se multiplier les réseaux, clubs et groupes de réflexion -tous de gauche évidemment. On s’y rassemble entre soi pour valoriser l’image d’une personnalité en spéculant sur sa possible investiture en 2011. Quand on est un élu, c’est quand même plus chic que de travailler en commission ou de participer à la séance de questions au gouvernement. Devant ce trop-plein de présidentiables, on serait soulagé de voir enfin une personnalité de gauche opposer un NON définitif à la sempiternelle question des journalistes « serez vous candidat à l’investiture de votre parti pour les présidentielles ? »

 

Puisqu’il faut malgré tout s’exprimer sur ces élections, que le PS ne répète pas en 2012 les erreurs de 2002 et 2007, principalement celle de faire porter tout l’effort de la campagne sur les présidentielles. Même si le ou la finaliste de gauche y est battu, tout n’est pas perdu, car les élections législatives sont gagnables par une majorité de gauche avec un projet centré sur la lutte contre les inégalités et la défense du service public.

Or, par un paradoxe de la Constitution de la Vème République, un gouvernement n’y est jamais aussi libre d’appliquer le programme sur lequel il a été élu que quand le Président n’est pas du parti de sa majorité. Ni Edouard Balladur ni Lionel Jospin n’ont été gênés pour appliquer leur programme sous une présidence adverse.

Pour le PS, la priorité doit donc aller à la rédaction du projet pour la victoire aux législatives. Il serait bon que le Premier secrétaire désigné par les militants en 2011 se présente en personne à ces élections pour, en cas de victoire d’une majorité de gauche à forte composante PS, se proposer comme Premier Ministre.

Quant au candidat investi par le PS à la Présidentielle il mettrait toutes les chances de son côté en s’engageant s’il est élu à laisser le gouvernement gouverner, sans abuser comme tous ses prédécesseurs l’ont fait. des pouvoirs exceptionnels que lui confère la Constitution.

 

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