Vérone Transféministe le 30 mars 2019

Contre le "Congrès mondial des familles" anti-avortement qui se tenait ce week-end à Vérone, près de 30.000 personnes ont défilé pour affirmer leur opposition à tout retour en arrière en manière de droits des femmes.

#VeronaTransfemminista et #IndietroNonSiTorna ("Vérone Transféministe" et "PasDeRetourEnArrière") : deux mots d'ordres de la manifestation qui a réuni près de 30.000 personnes aujourd'hui à Vérone contre le "Congrès mondial des familles", un sommet mondial des milieux traditionalistes anti-avortement et d'associations qui ont pour priorité la lutte contre les droits des femmes et des communautés lgbt. Un événement aussi placé sous le patronage du ministère de la Famille italien et en présence de trois ministres du gouvernement. Dans la rue : un spectre très large de partis politiques de la gauche et du centre (Refondation communiste, Parti Démocrate, les Verts, Gauche italienne, +Europa, les radicaux italiens), d'associations féministes et de défense des droits des homosexuel.le.s, de syndicats et beaucoup de citoyennes et de citoyens pour contrer l'offensive réactionnaire du gouvernement italien. 

Au départ du cortège, devant la gare de Vérone © Clément Luy Au départ du cortège, devant la gare de Vérone © Clément Luy

Manifestants à Vérone le 30 mars 2019 © Clément Luy Manifestants à Vérone le 30 mars 2019 © Clément Luy

 © Clément Luy © Clément Luy

L'ampleur de la manifestation n'a rien enlevé à son caractère très offensif : ce qui se joue est une atteinte globale à des droits conquis le siècle dernier et qui pouvaient sembler acquis. Il n'en est rien. Même si Matteo Salvini, aujourd'hui présent à Vérone, a précisé qu'il n'était pas venu pour remettre les droits en cause et que Luigi Di Maio, dont la stratégie est récemment devenue plus agressive à l'égard de son allié de gouvernement, a parlé de "fanatiques" et de "haine" pour caractériser les participants au congrès de Vérone, la politique gouvernementale et en particulier le programme de la Ligue sont particulièrement visés par les manifestants. Est notamment critiquée la proposition de loi Pillon, qui prévoit un durcissement de la procédure de divorce et représente un retour en arrière important en matière de protection des victimes de violences conjugales. Bien que le gouvernement ait déclaré qu'il est hors de question de revenir sur le divorce ou l'avortement, force est de constater que cette proposition de loi n'a pas été retirée. Féministe, mais aussi antigouvernemental et antifasciste était donc la manifestation de Vérone, alors que dans le même temps des représentants de la Ligue, de Frères d'Italie, des néofascistes de Forza Nuova et de milieux traditionalistes du monde entier se réunissaient sous très haute protection policière. 

A Vérone le 30 mars 2019 © Clément Luy A Vérone le 30 mars 2019 © Clément Luy

Une présence policière importante pour le "Congrès mondial des familles" à Vérone ce samedi © Clément Luy Une présence policière importante pour le "Congrès mondial des familles" à Vérone ce samedi © Clément Luy

Si la manifestation était le point d'orgue d'un week-end de mobilisation des associations féministes à Vérone, d'autres moments de mobilisation ont eu lieu sous le titre "Vérone Transféministe" (le transféminisme se veut un féminisme inclusif aux personnes trans prenant en compte les dominations que ces personnes subissent au quotidien). Conférences, spectacles, assemblées et cortèges : histoire de montrer que la vie politique en Italie ne se résume pas aux projets mortifères de l'extrême-droite au pouvoir.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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