2 - Les mensonges de la privatisation et de l'anonymat et leurs conséquences.

Dès l'origine la privatisation des biens matériels et immatériels pose un problème, celui de la responsabilité. La réponse à ce problème est l'anonymat, qui permet en cas de faute grave d'être responsable mais non coupable, reportant la culpabilité sur un irresponsable.

La cause initiale a lieu en Angleterre à partir du XII° siècle. Il y a une raison objective au fait qu'elle a lieu en cet endroit, dont je discuterai brièvement un peu plus loin, peut-être. En premier, voici cette cause:

«Le mouvement des enclosures fait référence aux changements qui, dès le XIIe siècle mais surtout à partir de la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle ont transformé, dans certaines régions de l'Angleterre, une agriculture traditionnelle dans le cadre d'un système de coopération et de communauté d'administration des terres (openfield, généralement des champs de superficie importante, sans limitation physique) en système de propriété privée des terres (chaque champ étant séparé du champ voisin par une barrière, voire une haie comme dans un bocage).
Les
enclosures, décidées par une série de lois du parlement, les Inclosure Acts, marquent la fin des droits d'usage, en particulier des communaux, dont un bon nombre de paysans dépendaient». (repris de Wikipédia, «Mouvement des enclosures»)

Je n'en discuterai pas: tout ce qui suit en découle. Juste une chose: après l'accaparement du “corps” vint celui de “l"esprit”, l'invention du brevet “sans garantie du gouvernement”, de la patente: si on avait les moyens financiers de payer une lourde patente le gouvernement ne garantissait qu'une chose: l'exploitation exclusive et sans concurrence de l'idée mise sous patente. Il paraît que l'Angleterre a inventé la “libre entreprise”. Genre liberté surveillée, un peu...

Allez, brièvement: la dernière étape est donc l'anonymat: dans une société en nom propre on est garant de son entreprise sur son corps et ses biens, quand on est une société anonyme on est garant seulement sur le capital engagé.

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