Religion, science, deux faces d'une même pièce ?

La crise du COVID et ses « débats » ont été une occasion, que dis-je, une opportunité assez formidable pour constater que la croyance en la science méritait un regard aussi critique que celui porté à la croyance religieuse.

La crise du COVID et ses « débats » ont été une occasion, que dis-je, une opportunité assez formidable pour constater que la croyance en la science méritait un regard aussi critique que celui porté à la croyance religieuse.

De manière générale, un religieux a bien conscience qu’il existe d’autres religions que la sienne. Il a aussi bien conscience des limites de sa croyance face à d’autres religions et davantage face à un athée. Chacun croit ce qu’il veut et ainsi que le monde est fait.

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Depuis la crise du COVID, la science et ses « croyants » nous ont montré une face à la fois différente et si proche de ce qu’est la croyance religieuse.

Déjà, pour certains, de l’impossibilité d’un autre « Dieu ». Ici le professeur Raoult. Il ne peut se tromper. S’il se trompe, en ce cas il faut changer la réalité afin qu’elle s’adapte aux déclarations du professeur. Ou, plus simple, on occulte les points dérangeants.

Tel un témoin de Jéhovah, les biais psychologiques s'invitent gentiment

Les amateurs en biais psychologiques n’auront pas manqué d’observer l’argumentation par association. À propos de l’étude du Lancet sur la Chloroquine par-exemple. Une de ses études concernant l’hydroxychloroquine contenait une erreur. Mais cette erreur dans l’étude n’est pas une preuve de l’efficacité ou de la nocivité du traitement du scientifique marseillais. C’est juste une erreur contenue dans l’étude. Au mieux et au pire, c’est balle au centre pour les deux pro et anti hydroxychloroquine.

Quand l'escroquerie intellectuelle s'invite dans les débats

Se servir de l’erreur de cette étude pour prouver du bienfait du traitement à base de hydroxychloroquine était une manipulation intellectuelle. Et le fait que ce même traitement ne soit pas le bon dans le traitement contre la COVID ne signifie pas pour autant que le traitement en face, l’antiviral Remdesivir, était bon lui aussi. Les deux n’étant finalement pas LE médicament attendu dans le traitement des malades dus au COVID.

Cette simple réalité, que deux traitements « concurrents » pouvaient être deux mauvais candidats, a été la plus compliquée à percevoir pour de nombreux « croyants » à la science.

L’esprit critique et la remise en question ont manqué dans cette affaire.

Conclusion

Je vois deux erreurs dans ce sombre chapitre pour la pensée critique.

Peut-être que dans cette situation, à titre exceptionnelle, de simplement concéder que l’on avait ou/et que l’on a envie de croire, de manière presque religieuse, à la science. On ne devrait pas mais c’est manifestement ainsi.

Parce que lorsque ces « croyants » veulent nous opposer la logique alors qu’il n’y a derrière qu’un dogme, cela devient gênant en tout point de vue. Quand un croyant nous indique sa foi, il vient, je crois, à l’idée de personne de lui prouver que Dieu n’existe pas (ce qui serait aussi vain que nous prouver que Dieu existe).

Donc à défaut d’être neutre, impartial dans nos prises de positions, de simplement assumer notre envie de croire et que celle-ci peut être un frein à l’écoute d’un autre son de cloche.

 

Michaël Capgras - CEO du réseau d'affaires You Work Here

Mon blog professionnel : Savoir réseauter

Mon compte Twitter : CMichael_fr

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