Prédisons l'avenir : il est sombre. Mais pas que.

Lors d’un précédent article datant de la présidentielle, j’avais prévu un schisme au sein de la majorité présidentielle. Rien d’extraordinaire. Une simple réflexion mêlée d’empathie menait à cette conclusion. Aujourd’hui, il est trop tentant pour ne pas succomber de recommencer le même exercice.

Lors d’un précédent article datant de la présidentielle, j’avais prévu un schisme au sein de la majorité présidentielle. Rien d’extraordinaire. Une simple réflexion mêlée d’empathie menait à cette conclusion.

Aujourd’hui, il est trop tentant de ne pas succomber à la tentation. Alors recommençons le même exercice. Avec le temps, je mesure les difficultés de vouloir prédire l’avenir sur des choses aussi instables qu’une élection présidentielle.

L’affaire François Fillon, le désistement d’Hollande, etc. ont été des facteurs aussi puissants qu’imprévisibles dans le destin de nos dernières élections. La leçon a donc été comprise. Point de prévision sur le futur locataire de l’Élysée.

 

Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

En revanche, il est intéressant de noter les « tendances ». Pour ceux et celles qui se demandent à quoi peut penser un président en exercice, une précieuse ressource : le livre "un président ne devrait pas dire ça". On se rend alors à quel point de la solitude de l’exercice du pouvoir. Et de l'influence néfaste d'une cour composée de courtisans.

Depuis quelques années, il a été intéressant de voir en quoi consistait l’exercice du pouvoir par celui qui se vantait de jeter aux orties le vieux monde. Nous avons tous en tête que si une partie des têtes a en effet changé au niveau parlement (et c’est heureux), il en a été rien au niveau des pratiques. Et de même au niveau de la vision ultralibérale.

Si l’arrivée de Macron a été une surprise, que dire alors de celui du Covid et de l’ère qui a suivi. J’observe que la dérive autoritaire qui régnait avant le 1er confinement a continué. Voire s’est accentuée.

 

Dans la peau d'un président de la Vème république

Mais maintenant, posons-nous quelques questions que pourrait se poser le président… Avec l’ensemble de mes réformes, j’ai définitivement perdu la gauche. J’ai du mal à convaincre les écologistes. J’ai surtout séduit les milieux patronaux et le monde de la finance.

Quel moyen me reste-t-il pour inverser la vapeur à un an du quinquennat ?

Je dois avouer que la réponse est des plus angoissantes. Reconnaissons que la gestion du Covid n’était pas facile. Quelle qu’eût été la décision, elle aurait été difficile à prendre. Je ne traiterais pas ici de la gestion du COVID. Mais aucun macroniste, aussi convaincu soit-il, pour se dire que la gestion a été appréciée par l’ensemble des français. Et ce n’est pas les scandales à venir qui viendront arrangé les choses.

Peut-être que d’autres n’auraient pas fait beaucoup mieux mais en attendant c’est Emmanuel Macron et son parti qui sont aux affaires.

Ainsi à cette question qui a été posé : il ne reste qu’une plongée d’autant plus en avant dans la logique sécuritaire et autoritaire. Perdu pour perdu.

Si on observe les pays coutumiers de l’exercice, je fais donc le pari :

  • D’un nouveau coup de boutoir dans l’exercice de la liberté de la presse
  • D’une multiplication inouïe des opérations de communication de la part de l'état et du gouvernement
  • D’avantage de moyens et de pouvoirs pour l’institution policière
  • La désignation (pour ne pas dire la création) d'un "ennemi"

 

Conclusion

Bref, une continuation de la situation actuelle mais j’ajouterai avec une accélération.

Et puisque l'on parle de continuation, revenons quelques instants aux prochaines élections.
À prévoir : un nouveau record d’abstentions. Étant entendu que l'augmentation de la pauvreté n'ayant jamais été un facteur d'adhésion aux élections. À tort ou à raison, la classe populaire ayant acté que les politiques, quand ils ne sont pas les déclencheurs des crises, ne sont pas les garants d'un meilleur lendemain.

Cela va de soi, l'avenir est incertain mais le présent actuel donne peu de gages sur l'avenir. Pour ma part, je fais le pari que tel l'aube de Ragnarök à venir, des jours heureux sont à venir après la catastrophe.

 

Michaël Capgras - CEO du réseau d'affaires You Work Here

Mon blog professionnel : Savoir réseauter

Mon compte Twitter : CMichael_fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.