Ce qui se cache derrière la séquence d'écolo-bashing

Depuis quelques temps, nous assistons à une série ininterrompue « d’écolo-bashing ». Qui aurait cru un jour que les écologistes d’EELV les verts joueraient le rôle de punching-ball médiatique ? Oui, ces écologistes qui volent le pain de la bouche des insoumis. Il y a là une analyse psychologique à faire au sein de cette séquence.

Depuis quelques semaines, nous assistons à une série ininterrompue « d’écolo-bashing ».

Qui aurait cru un jour que les écologistes d’EELV les verts joueraient le rôle de punching-ball du gouvernement et d’une certaine frange conservatrice ? Oui, ces écologistes qui volent le pain de la bouche des insoumis.

Humour mis à part, il y a là une analyse psychologique à faire au sein de cette séquence. Bien-entendu, je n’occulte pas les enjeux politiques -les écologistes apparaissant comme une force d’opposition- mais il y là aussi une dimension cognitive qui ne saurait être mise de côté. Du moins, à mon sens.

Aujourd’hui, citant Mélenchon, tout le monde est écologiste. Tout le monde s’est rangé à l’idée que la planète, ou plus précisément notre écosystème était en danger et à sauver. Les divergences, et elles sont nombreuses, sont à chercher dans les solutions à mettre en œuvre.

Ces divergences...

Qu'impliquent-elles ? Je pense que peu ont en vraiment conscience mais si changements de nos modes de vies pour certains, on peut parler de révolution pour d’autres ; ceci dans le scénario où « nous devions jouer le jeu » collectivement afin de préserver nos ressources naturelles. Et face à ce scénario, nous avons une palette de réactions variées qui vont du déni pur simple et total au vague sentiment qu'il faut faire quelque chose sans savoir quoi exactement. Mais étant entendu que cette chose ne sera pas agréable.

Je m’explique. Quand une frange d’écologistes parle, il est question de décroissance. Pour d’autres : de changer les fondements de notre économie. Un tel programme, quel qu'il soit, ne pourrait être appliqué sans profond changement au sein de nos habitudes.

Quand l'écologie est comparé au fascisme

Prenons un des incidents les plus emblématiques où cette maire a décidé de coupé les subventions à un aérodrome. Nous pouvons, à priori, nous entendre que les mots choisis pour justifier de la décision ont été maladroits. Qui pour enlever les rêves d’une enfant handicapé ? Mais sur le fond ? Parle-t-on oui ou non d’un « loisir » polluant ?

Pour ma part, et je ne pense pas être le seul, j’ai eu bien d’autres rêves que de pouvoir voler. L’épanouissement d’un enfant ne se résume pas à ses seuls rêves, et pour le moins, à celui très particulier de voler. De plus, nous avons affaire ici à un divertissement polluant. Autant, il peut y avoir un légitime débat sur l’avion en tant que transport, mal nécessaire pour se déplacer sur de longues distances, mais comment peut-il se justifier dès lors où il s’agit de « voler » pour le seul plaisir de « voler » ? À cet endroit, je vois peu de différences à cette mode qui a couru à une époque aux États-Unis qui consistait à faire « tourner le moteur »; juste pour le plaisir de polluer. L’enjeu n’était évidemment pas le même mais la finalité, elle, reste identique.

Avec tout ceci, l’humanité, en tout cas sur la zone des pays riches, allez concentrons-nous sur la France, commence à percevoir que l’écologie ne peut s’accompagner juste de belles intentions. Et, le plus insupportable : il y a de moins en moins le choix.

S’il était nécessaire de le rappeler, je vais le faire ici : si la planète a pour première fois ralenti dans son émission de carbone, c’est grâce ou à cause du Covid.

Prenons une comparaison. Regardons tous les grands plans (ou annonces) qui ont consisté à éradiquer la pauvreté. Personne pour s’y opposer (officiellement) mais seulement tout le monde n’est pas concerné…

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Et au final, si une année, une de plus, s’écoule, et que ce sujet n’a pas été traité, cela peut être plus ou moins pénible mais « ça passe ». Si la pauvreté, à l’instar du Covid, eût été un vrai sujet, nul doute qu’un vaccin, comme un programme de meilleure répartition des richesses, aurait été, dare-dare, appliqué. Pour l’écologie, c’est différent. Tout le monde est concerné.

De la dangereuse procrastination de nos élites

Cet horizon où tout va devoir changer, en moins bien, quoi qu’il arrive, est symbolisé par les écologistes. Celui qui vous dit que vous ne devez plus prendre l’avion, de cesser de bouffer du steak, d’arrêter avec le pratique sac en plastique, bref, et j’en passe, vous emmerde, celui-là, aux yeux de tout libéral, conservateur sait ou pressent au fond de lui-même qu’il va devoir renoncer à son si confortable mode de vie. Une procrastination en mode XXL. Le résultat : vite s’en prendre au messager. Plus pratique.

Voilà ce que dit (aussi) cette séquence d’écolo-bashing. Un affrontement contre le réel pour certains, une lutte contre un cauchemar qui devient inexorablement une réalité pour d’autres. Soit l’écologiste nous « emmerde » avec ses annonces toujours plus apocalyptiques, soit l’échappatoire consiste à renoncer à notre confort. L’enfer ou l’enfer.

On peut comprendre dès lors l’envie de certains de casser le thermomètre. Surtout quand celui-ci veut accéder au pouvoir.

Conclusion

De manière assez paradoxale, si une certaine caste est à l’origine des grands maux écologiques de cette planète, le salut se trouve, peut-être, précisément que celle-ci vit sur cette même planète et qu’elle va devoir s’atteler; autrement sa survie risque, elle aussi, d’être menacée. Sur le Titanic, la matière utilisée pour la zone première classe était aussi perméable à l’eau que celle utilisée pour la zone de seconde classe.

Dit autrement : réjouissons-nous que l’élite et les dirigeants des entreprises polluantes ne puissent pas s’installer sur mars. Il n’y a rien de pire au monde que des leaders non concernés par leurs propres décisions.

Michaël Capgras - CEO du réseau d'affaires You Work Here

Mon blog professionnel : Savoir réseauter

Mon compte Twitter : CMichael_fr

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