Et s’il venait le temps de la révolution douce ?

Et si au lieu d’une révolte, de longues manifestations successives telles que l’on a connu pendant un peu plus d’an à travers le mouvement des gilets jaunes, nous aurions plutôt ce que j’appellerais une révolution douce ?

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Et si au lieu d’une révolte, de longues manifestations successives telles que l’on a connu pendant un peu plus d’an à travers le mouvement des gilets jaunes, nous aurions plutôt ce que j’appellerais une révolution douce ?

Certains évènements en France ainsi qu’en Italie tant par leur similarité me font suggérer cette alternative à ce que nous connaissons.

Entre des étudiants confesser voler au supermarché afin de répondre aux plus élémentaires besoins, des jeunes et des moins organiser des fêtes clandestines ou encore de restaurateurs bravant l’interdiction d’ouverture, tout est là.

Cette liste est non-exhaustive car contrairement aux outils habituels de contestation, point de publicité en général. Voire une absence totale de stratégie. Juste des actions individuelles qui trouvent écho auprès d’autres personnes. Ou des actions, sans véritable concertation, trouvent une réponse positive parmi de potentiels destinataires.

Le contexte

Quand on y réfléchit, tout est sur la table. En effet, tous les moyens de contestations classiques sont supprimés ou réduit à sa plus simple expression.

Avant, il fallait simplement avoir du temps et un sentiment d’insatisfaction pour aller manifester. Aujourd’hui, il faut y ajouter une dose de courage afin de ne pas craindre d’être victime d’un flashball ou d’une grenade. Terrible que la question de l’intégrité physique puisse se poser dans la question d’aller manifester ou pas.

On pourrait m’argumenter les réseaux sociaux mais ceux-ci ont un intérêt limité. Ils sont un excellent complément, une jolie caisse de résonance mais jamais ne se substitueront à une vraie et bonne grosse manifestation. Ou blocage.

Et à propos des blocages, tiens, les interventions policières, parfois violentes, ne sont pas de nature à encourager ces pratiques.

Voilà pour le terreau. Assez paradoxalement, nous restons dans une société individualiste. Il est de plus en plus rare de voir une unité d’action. En cause : entre évolution de notre société de consommation, une stratégie de division consciente ou non des différents pouvoirs en place.

En quoi pourrait consister cette stratégie de la révolution douce ?

https://twitter.com/Morgigi_queen_/status/1364772270745542656 © Morgigi_Queen59 https://twitter.com/Morgigi_queen_/status/1364772270745542656 © Morgigi_Queen59
Le point central de cette révolution sera l’absence de contradiction directe avec les autorités et sa nature protéiforme. Il existera autant de façon de pratiquer cette révolution que d’individus. Untel refusera dorénavant de payer ses impôts, un autre décidera de se balader dans la rue pendant les heures de couvre-feux et refusera bien-entendu de payer son amende.

Et cela pourrait aller même plus loin. Comme indiqué plus haut, sans se concerter, beaucoup pourraient se retrouver dans ces actions. On pourrait très bien imaginer un footing collectif géant à 21h dans un parc. S’il existe un pied de nez à faire au pouvoir, ce dernier sera pris.

Dans les actions que je classerai de « classique » : les vols aux supermarchés (donc déjà le cas en France et à ce que j’ai lu en Italie) qui tendraient à augmenter, les fêtes clandestines, les ouvertures interdites de commerce de type bar ou restaurant. Sur ce dernier point, j’y crois d’autant plus fortement que certaines propriétaires auront de moins en moins à perdre.

Dans les actions que je classerai « d’iconoclaste » : un refus de payer tout ou partie de ses impôts, cela pourrait être aussi de « tricher » pour certaines prestations etc. Bref, tout ce qui sort du comportement habituel mais dans la volonté mêlée de protester, retrouver une qualité et un niveau comme auparavant mais sans être forcément dans les radars du gouvernement.

La difficulté de lister ces différentes initiatives tient du fait qu’elle dépendra surtout de la situation de l’individu concerné et de son imagination.

Terminons sur une autre caractéristique de cette révolution douce. Celle-ci serait assez habituelle mais pas franchement rassurante pour le pouvoir en place : de l’impossibilité de la stopper.

Ce type de révolution par essence n’a pas de leader, pas de stratégie et est une somme d’actions individuelles. Même un policier pourrait y participer. Donc ici le principe très vu au sein des révolutions : on sait quand ça commence, mais jamais quand cela va se terminer.

 

Michaël Capgras - CEO du réseau d'affaires You Work Here

Mon blog professionnel : Savoir réseauter

Mon compte Twitter : CMichael_fr

 

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