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Billet de blog 18 nov. 2022

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La Grande Guerre dans « À la recherche du temps perdu » : le clocher de Combray

Nous assistons à la destruction de milliers d'écoles, d'hôpitaux, d'habitations, de théâtres, de musées en Ukraine. Dans Le Temps retrouvé, Proust analyse les effets des destructions de la guerre sur les humains. Revenir à ces pages pourrait nous éclairer aujourd'hui. Dans La Recherche, L’histoire vient justifier son projet de donner à l’expérience personnelle une ampleur universelle. 

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Monsieur de Charlus : un regard lucide sur la guerre

Quand la guerre éclate, en août 1914, seul Du côté de chez Swann est paru (en novembre 1913). Proust travaille à mettre au net Le côté de Guermantes que son éditeur, Bernard Grasset, doit publier à l’automne, mais Grasset a été mobilisé et les maisons d’édition ont arrêté toute activité en août. Proust poursuit l’écriture de la Recherche qu’il nourrit considérablement. Deux événements en ont changé l’architecture : la mort de son ami Alfred Agostinelli dans un accident d’avion en mai 1914 et la guerre. La troisième partie du Temps retrouvé, c’est-à-dire la réalisation de la vocation de l’écrivain, conserve l’orientation du projet initial, car le parallélisme entre « temps perdu » et « temps retrouvé » date des premières ébauches entre 1909 et 1912, cependant Proust voulait « ajouter quelque chose sur la guerre qui convenait très bien au caractère de M. de Charlus[1] ». C’est pourquoi, dès les volumes précédents, Proust avait changé la localisation de Combray.

Ce village imaginaire, en partie inspiré par celui de ses grands-parents paternels, était situé dans la Beauce dans l’édition de 1913. En 1916, quand il reprenait Du Côté de chez Swann pour la nouvelle édition Gallimard (parue en juin 1919), Proust a déplacé Combray en Champagne afin de mettre le village sur le front[2]. Il évoque « le gris et champenois Combray » dans À l’ombre des Jeunes filles en fleurs[3]. Combray se trouve dorénavant situé entre Laon et Reims, « dans l’Aisne » comme le précise Odette Swann, c’est-à-dire approximativement sur Le Chemin des Dames.

Si le narrateur de La Recherche, soigné pendant deux ans en maison de santé, découvre Paris en guerre en 1916, ce ne fut pas le cas de Proust resté à Paris depuis septembre 1914. Il écrit certes dans sa chambre calfeutrée, mais ne vit pas dans un monde imaginaire et solipsiste. C’est le réel qui l’intéresse, celui du corps, des sensations, du désir, les différents milieux sociaux, mais aussi l’économie, la bourse et la guerre dans tous ses aspects. Il continue de sortir dans Paris, de rencontrer des amis. Comment accéder à la réalité du front quand on est à l’arrière ? Comment la représenter ? Proust ne connaît du front que ce que lui révèlent les six ou sept journaux qu’il lit chaque jour, les récits de son frère et de quelques amis. Il voudrait écrire sur ce qui le hante :

Nuit et jour je pense à la guerre, peut-être plus douloureusement encore quand comme moi on ne la fait pas. Même si on pense à autre chose, même si l’on dort, cette souffrance ne cesse pas comme les névralgies qu’on perçoit dans le sommeil. Je tâche de comprendre les opérations le mieux que je peux, c’est-à-dire guère. Je m’ingurgite chaque jour tout ce que les critiques militaires français ou genevois pensent de la guerre[4].

Il ne s’agit pas d’imaginer les exploits et les souffrances des combattants comme le font de nombreux écrivains nationalistes. Proust se borne à son expérience de l’arrière, parmi les civils, les embusqués, les profiteurs, les permissionnaires. Charlus, alors trop âgé pour être mobilisé, porte un regard très critique sur la guerre et ses conséquences. Il s’en prend au langage stéréotypé des salons calqué sur celui des communiqués et des journaux : « Ce qui est étonnant, dit Charlus, c'est que ce public qui ne juge ainsi des hommes et des choses de la guerre que par les journaux est persuadé qu'il juge par lui-même[5]. »

Quand Proust rédigeait ce chapitre de la Recherche, il était impossible, sans passer pour défaitiste et traître, d’exprimer ouvertement le moindre doute sur l’exactitude des communiqués, la légitimité de la guerre, la manière dont elle était conduite et la certitude de la victoire. M. de Charlus jouit d’une position sociale et mondaine très puissante mais il est aussi marginal à cause de ses mœurs, ce qui lui permet de tenir un discours de vérité. Il tient des propos si lucides que des critiques ont comparé les affirmations de Charlus aux arguments pacifistes de Romain Rolland. Après plusieurs années de guerre, Charlus met en doute la politique prônée par les nationalistes : pas de paix sans une victoire complète.

Charlus s’inquiète des terribles massacres en cours : « la France qui est la France juste a raison de faire entendre des paroles de justice, mais elle est aussi la douce France et devrait faire entendre des paroles de pitié » (TR 103). Si la « justice » paraît exiger la réparation de la conquête allemande de 1870, la « pitié » demande d’épargner tant de jeunes gens. Charlus reprend la personnification médiévale de la « France dulce » protégeant ses enfants « pour qu’à chaque printemps les fleurs qui renaîtront aient autre chose à éclairer que des tombes » (TR 103). L’image saisit quand on évoque les centaines de milliers de tombes réparties le long du Front. 27 % des Français de dix-huit à vingt-cinq ans ont été tués, 50 % ont été blessés au cours de la guerre.

Charlus anticipe des conséquences à long terme « d’une guerre aussi prolongée ».

 Que ne peut-on pas craindre d'un surmenage pareil à celui d'une guerre ininterrompue pendant plusieurs années ! Que feront les hommes au retour ? seront-ils las ? la fatigue les aura-t-elle rompus ou affolés ? Tout cela pourrait mal tourner, sinon pour la France, au moins pour le gouvernement, peut-être même pour la forme du gouvernement. […] Dieu sait si personne a protesté avec plus de force que moi quand on a fait dans la société une place disproportionnée aux nationalistes, aux militaires, quand tout ami des arts était accusé de s'occuper de choses funestes à la patrie, toute civilisation qui n'était pas belliqueuse étant délétère (TR 104).

Charlus (et Proust) font allusion à la « la culture de guerre », qui s’est développée dans les années dix, érigeant le combat comme valeur suprême. À rebours de l’héroïsme exalté avant-guerre, Charlus craint que les hommes ne soient durablement marqués dans leur chair comme dans leur esprit par l’expérience terrible qu’ils ont vécue. Les anciens combattants traversent souvent des dépressions, ce sont les « blessures invisibles » des traumatisés, le « gel » en eux décrit par le poète anglais Wilfried Owen (tué en novembre 1918 à vingt-cinq ans). Ou bien la violence : la guerre a entraîné une « brutalisation » de la société. Proust redoutait qu’elle ne mène à une nouvelle guerre. Charlus, avec une intelligence aiguë, craint que la république ne soit menacée par des partis réactionnaires (comme l’Empire l’avait été en 1814) ou du moins par une dictature militaire. Ce ne fut pas le cas en France, mais en Russie, en Italie et en Allemagne, la guerre a eu des conséquences politiques catastrophiques.

Le Temps retrouvé s’insurge contre la rage destructrice la plus stupide contre les personnes et les choses, l’imbécile cruauté, l’indifférence envers la souffrance de masse. Charlus, bien qu’éloigné de son humanisme républicain, est bien le porte-parole des positions de Proust. C’est d’un humanisme plus profond que Charlus tire sa lucidité et sa compassion : sa sensibilité d’artiste le rend attentif à la souffrance des hommes et aux dangers que la guerre fait courir à la civilisation européenne. Grâce à Charlus, « le roman fait la guerre à la guerre et à la tentation nationaliste[6]. »

Ce que Charlus (et Proust) opposent avant tout à l’exaltation belliqueuse dominante, ce sont la littérature, les arts. Proust attaque les poncifs de l’idéologie nationaliste, menée par Maurras et Barrès : « le sacrifice va régénérer la race » ; « une bonne saignée ne peut qu’être profitable à la pensée française » ; « la guerre va renouveler notre littérature ». La littérature était très vivante avant la guerre[7], elle n’a pas été renouvelée. La guerre n’a rien d’une exaltante aventure ; la destruction de l’église de Combray, commentée par Charlus quelques pages plus loin, symbolise la violence brutale, la dévastation d’une civilisation qui avait mis des siècles à se construire.

L’église de Combray « deux fois perdue »

Le narrateur a perdu Combray une première fois, emporté avec l’enfance par le fleuve du temps. Mais il ne s’attendait pas à le perdre une seconde fois, comme Orphée dont l’épouse « lui avait été par deux fois ravie[8] ». Le Temps retrouvé s’ouvre sur une visite que le héros fit vers 1912 à Gilberte Swann, devenue marquise de Saint-Loup, dans sa propriété proche de Combray :

J’étais triste en remontant dans ma chambre de penser que je n’avais pas été une seule fois revoir l’église de Combray qui semblait m’attendre au milieu des verdures dans une fenêtre toute violacée. Je me disais « Tant pis, ce sera pour une autre année si je ne meurs pas d’ici là », ne voyant pas d’autre obstacle que ma mort et n’imaginant pas celle de l’église qui me semblait devoir durer longtemps après ma mort comme elle avait duré longtemps avant ma naissance. (TR 13) 

Pour imaginer l’église Saint-Hilaire, Proust a emprunté le clocher à Chartres, « le pavage à Saint-Pierre-sur-Dives ou à Lisieux, les vitraux à Évreux, à la Sainte-Chapelle, à Pont-Audemer[9]… » L’église Saint-Hilaire rassemblait tout Combray, par son histoire, qui remonte aux mérovingiens[10], et sa présence dans la vie quotidienne des habitants. Comme le clocher de Chartres domine les blés de la Beauce, celui de Saint-Hilaire s’élève « au-dessus du violet orageux des vignobles » ; sa fine pointe se détache sur les forêts « si mince, si rose, qu’elle semblait seulement rayée sur le ciel par un ongle qui aurait voulu donner à ce paysage, à ce tableau rien que de nature, cette petite marque d’art, cette unique indication humaine[11]. » Aussi la grand-mère du narrateur admire-t-elle les qualités « humaines » du clocher :

Souvent sur la place, quand nous rentrions, ma grand’mère me faisait arrêter pour le regarder. […] Sans trop savoir pourquoi, ma grand’mère trouvait au clocher de Saint-Hilaire cette absence de vulgarité, de prétention, de mesquinerie, qui lui faisait aimer et croire riches d’une influence bienfaisante la nature quand la main de l’homme ne l’avait pas, comme faisait le jardinier de ma grand’tante, rapetissée, et les œuvres de génie. Et sans doute, toute partie de l’église qu’on apercevait la distinguait de tout autre édifice par une sorte de pensée qui lui était infuse, mais c’était dans son clocher qu’elle semblait prendre conscience d’elle-même, affirmer une existence individuelle et responsable. C’était lui qui parlait pour elle. […] Ignorante en architecture, elle disait : « Mes enfants, moquez-vous de moi si vous voulez, il n’est peut-être pas beau dans les règles, mais sa vieille figure bizarre me plaît. Je suis sûre que s’il jouait du piano, il ne jouerait pas sec[12] 

Elle est sensible à la beauté du clocher en tant qu’œuvre humaine. Anticonformiste par indifférence envers la hiérarchie sociale, la grand-mère du narrateur s’oppose à ce qui est figé et convenu dans les relations humaines. Rien ne lui est plus éloigné que le snobisme qui fait perdre son temps au héros. Elle incarne les vertus humanistes, qu’elle entretient par la lecture des classiques : la générosité, la simplicité, le respect de la nature, l’amour désintéressé. Selon elle, les véritables qualités humaines sont indépendantes de l’ordre social. L’idéal de la grand-mère, c’est « chercher son plaisir ailleurs que dans les satisfactions de plaisir et de vanité[13] ». Elle ressemble à Jaurès par sa simplicité, son goût pour la nature, et l’art classique. C’est un personnage des commencements pleins d’espoir de la République. La destruction du clocher pourrait être interprétée comme celle d’une aspiration éthique et esthétique.

Le clocher représente une forme de présence au monde et de plénitude que le narrateur perdra dans la vie sociale et que la littérature devra tenter de retrouver : [aucune autre église] « ne tient sous sa dépendance toute une partie profonde de ma vie, comme fait le souvenir de ces aspects du clocher de Combray dans les rues qui sont derrière l’église[14]. »

Or le clocher de Combray sera détruit. Dans Le Temps retrouvé la guerre est rapportée dans deux lettres de Gilberte, restée à Tansonville. Le narrateur reçoit la première lettre en septembre 14, Gilberte s’est réfugiée à Combray craignant pour sa petite fille les raids des « tauben » (les premières bombes furent jetées sur Paris le 30 août 1914).

D’après les lettres de Gilberte et le témoignage de Charlus, Combray a été partagé entre Allemands et Français et Méséglise entièrement détruit. Il est peu vraisemblable que Gilberte ait pu demeurer à Tansonville situé entre Combray et Méséglise. Les châteaux situés sur la ligne du front, occupés par les états-majors, ont été détruits.

En 1916, de retour à Paris, le narrateur reçoit une seconde lettre de Gilberte où elle prétend être allée à Tansonville pour « sauver le château » et les « précieuses collections » de son père. Elle lui rend compte des événements qui se sont déroulés autour de Combray. Les chemins, les champs, les coteaux que le narrateur aimait sont à jamais entrés dans la gloire au même titre qu’Austerlitz ou Valmy. La bataille de Méséglise a duré plus de huit mois, les Allemands y ont perdu plus de cent mille hommes, ils ont détruit Méséglise, mais ils ne l’ont pas pris. Le petit chemin que vous aimiez tant, que nous appelions le raidillon aux aubépines et où vous prétendez que vous êtes tombé dans votre enfance amoureux de moi, alors que je vous assure en toute vérité que c’était moi qui étais amoureuse de vous, je ne peux pas vous dire l’importance qu’il a prise. L’immense champ de blé auquel il aboutit, c’est la fameuse cote 307 dont vous avez dû voir le nom revenir si souvent dans les communiqués. Les Français ont fait sauter le petit pont sur la Vivonne qui, disiez-vous, ne vous rappelait pas votre enfance autant que vous l’auriez voulu, les Allemands en ont jeté d’autres ; pendant un an et demi ils ont eu une moitié de Combray et les Français l’autre moitié[15].

Pendant la guerre, Combray emprunte à plusieurs villages du front : sur le Chemin des Dames par la situation (entre Reims et Laon), ou près de Verdun. « Comme dans un roman historique, le nom fictif autorise une vérité plus générale que la contingence des noms réels[16]. »

La destruction de Saint-Hilaire, église fictive, est un hommage aux villes et aux villages en ruines le long du front, de l’Alsace à la Mer du Nord, et à ceux qui ont été totalement anéantis (on aurait appelé Méséglise un « pays aplati »). Comme Freud, Proust a pris conscience d’une pulsion destructrice en l’homme. La guerre est devenue un déchaînement d’acier et de gaz lancés sur des corps fragiles. Des centaines de milliers de tombes marquent aujourd’hui la ligne de front.

L’église de Combray détruite symbolise les dommages subis par une civilisation de paysans et d’artisans qui ne se remettra pas de la guerre. Elle représente aussi le coup porté à l’espoir humaniste qu’incarnait la grand-mère du narrateur — espoir que le progrès permettrait d’établir la paix entre les peuples et d’avancer vers davantage d’humanité. C’est une atteinte au projet républicain de paix et de justice sociale puisque les dirigeants n’ont pas hésité à sacrifier une génération de jeunes gens pour satisfaire leur désir de vengeance ou leur vanité personnelle. À l’opposé, les Larivière, cousins de Françoise, des retraités fort riches et leur fille, ont repris le petit bar de leur neveu, tué à Berry-au-Bac (entre Reims et Laon), pour aider sa jeune veuve. Ces hommes et ces femmes du peuple représentent une vertu que Proust rapporte aux sculptures du portail de Saint-André-des-Champs, église fictive proche de Combray : « S’il y a eu quelques vilains embusqués […], ils sont rachetés par la foule innombrable de tous les Français de Saint-André-des-Champs, par tous les soldats sublimes auxquels j’égale les Larivière[17] » (TR 153).

Selon Antoine Compagnon, les Larivière et la grand-mère sont les seuls personnages « moraux » de La Recherche. On pourrait ajouter la « dernière » Françoise, telle qu’elle apparaît à la fin du Temps retrouvé sur le modèle de Céleste Albaret. Avec son esprit de Saint-André-des-Champs, qu’elle partage avec la grand-mère du narrateur (et la mère de l’auteur), Céleste a aidé Proust à construire sa propre cathédrale.

Pendant sa jeunesse, avant l’affaire Dreyfus et avant la guerre, Proust avait cru un progrès humaniste possible grâce à la République. Il sait que la barbarie n’est pas une caractéristique des « Boches » (« à leur place, nous ferions comme eux », dit Françoise) ; la bêtise, la haine, la cruauté envahissent la société en guerre et durent après elle. Proust était pessimiste quant à l’évolution politique : dès le lendemain de l’armistice, il s’inquiétait de l’éventualité d’une revanche allemande[18].

L’histoire, de fait, vient justifier son projet de donner à l’expérience personnelle une ampleur universelle, car le narrateur, ayant traversé l’enfer des passions destructrices, doit revenir au seul Combray qui existe, celui qu’il a « retrouvé » grâce aux réminiscences et qu’il construira dans son livre. L’essentiel des trois mille pages de la Recherche a été écrit pendant et après la guerre, cet extraordinaire travail construit un clocher d’une autre sorte, une œuvre humaine, un monument à la vie, dans son épaisseur charnelle et sa puissance créatrice.

Reims, le 17 novembre 2022 

[1] Laurence Teyssandier, «Les additions du Cahier 49 : des liens génétiques entre la  « race des tantes » et « M. de Charlus pendant la guerre »?», Item [En ligne], Mis en ligne le: 17 juin 2011.
Disponible sur: http://www.item.ens.fr/index.php?id=577686.

[2] Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Antoine Compagnon éd., Folio Gallimard, 1988. Proust a remplacé Chartres (édition de 1913) par Reims (p. 214) et Laon (p. 226).

[3] Marcel Proust, À l’ombre des Jeunes Filles en fleurs, Pierre-Louis Rey éd., Folio Gallimard 1988, p. 466.

[4] Marcel Proust, à Charles d’Alton, Correspondance vol. XIV, Philip Kolb éd, Plon, 1985, p. 130.

[5] Marcel Proust, Le Temps retrouvé, Pierre-Louis Rey éd., Folio Gallimard, 1990, p. 95. Dorénavant TR.

[6] Brigitte Mahuzier, Proust et la guerre, Honoré Champion, 2014, P. 119.

[7] L’éclat de la culture européenne avant la guerre est développé dans 1913 cent ans après : enchantements et désenchantements, Marie-Paule Berranger et Colette Camelin éd., Hermann, 2013.

[8] « Quo se rapta bis conjuge ferret ? » (Où porter ses pas après que son épouse lui avait été deux fois ravie), Virgile, Géorgiques, IV, v. 504.

[9] Pierre-Louis Rey, « Combray en Champagne », Swann le centenaire, Antoine Compagnon et Kazuyoshi Yoshikawa dir., Hermann, 2013, p. 297-298.

[10] Ve-VIIIe siècle.

[11] Marcel Proust, Du côté de chez Swann, op. cit., p. 124.

[12] Ibid., p. 125.

[13] Ibid., p. 39.

[14] Ibid., p. 127

[15] Ibid., p. 63. Proust pourrait faire allusion à Vauquois, village entièrement détruit, situé sur la ligne de feu pendant toute la guerre. Son frère Robert y est resté plusieurs mois ; le neveu de Céleste Albaret a « disparu » à Vauquois.

[16] Pierre-Louis Rey, « Combray en Champagne », art. cit., p. 300.

[17] Les Larivière sont des cousins de Céleste Albaret. Proust précise qu’il transcrit « leur nom véritable » (TR 152).

[18] Marcel Proust, lettre à Mme Straus du 12 novembre 1918, Correspondance XVII, p. 352.

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