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Billet de blog 25 sept. 2022

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Attentat du 14 juillet 2016 : des fautes majeures à Nice ?

Le terrible attentat du 14 juillet 2016 à Nice aura été un séisme national, et ses répliques sont loin d'être terminées. L’auteur du massacre ayant disparu, la question d'un second procès, après les Assises de Paris à l'automne 2022, est dans toutes les têtes : celui du jugement des responsabilités des autorités en charge d'assurer la sécurité des milliers de personnes lors de la soirée funeste.

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L’énorme interrogation

Automne 2022 : six ans après le drame monstrueux de la Promenade des Anglais, de nombreux Niçois-es et familles de victimes revivent les moments terribles du 14 juillet 2016, à l’occasion du procès retransmis à Nice, de huit accusés, jugés par la cour d’assises spéciale de Paris, du 5 septembre au 16 décembre 2022, et présidée par Laurent Raviot.

Cet article a vocation à rappeler certains faits importants et à interroger un point majeur, souvent éludé par les médias : la responsabilité des autorités publiques sur le dispositif requis par un évènement rassemblant près de 30.000 personnes en pleine période de vigilance Vigipirate (dispositif français contre le terrorisme).

En premier lieu, rappelons la nature du procès en cours à Paris. Il s’agit bien de juger d’éventuelles complicités, puisque le principal acteur de cet attentat, décédé sur place, ne peut plus en répondre. Ce procès présente donc, au-delà de possibles condamnations ‘’secondaires’’, un caractère de justice mémorielle ou cathartique.

Ce qui nous interroge, comme de nombreux autres citoyens, et en particulier les victimes et leurs familles, c’est la chape de plomb régnant sur les responsabilités étatiques et municipales, sur les failles de sécurité manifestes lors de cette soirée funeste. Une première plainte avait d’ailleurs été classée sans suite mi-janvier 2017 par le procureur de la République Jean-Michel Prêtre… Car enfin, rappelons que si ce procès ne ramènera pas les malheureuses victimes, ce qui aurait pu éviter l’attentat ayant causé 86 décès et 458 blessés, était du ressort de ces autorités publiques : État, préfet et maire. Face à cette énorme interrogation, il est dit, de manière laconique, qu’’’une instruction judiciaire est en cours’’. Mais aucun procès n’est aujourd’hui programmé…

Cette question n’a aucun but politicien – ce qui serait absolument indigne, mais trouve sa pleine légitimité dans le déroulement souvent très surprenant des événements. Revoyons-les ensemble.

Excès de confiance et failles de surveillance

19 janvier 2015, quelques jours après les attentats de Paris : Christian Estrosi, alors président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et 1er adjoint du maire Philippe Pradal (suite à l’interdiction du cumul des mandats), en charge de la sécurité, affirme devant le conseil municipal exceptionnel de la ville de Nice : « [A Nice, il y a] 999 caméras, et une caméra pour 343 habitants. A Paris, il y en a une pour 1 532, et je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipée du même réseau que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés. » (source Le Monde, 18 février 2020).

Cette louange de la vidéosurveillance niçoise par l’ancien maire s’est vue totalement contredite par les faits, et a de quoi questionner, puisque Médiapart a révélé depuis que Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un déséquilibré notoire, avait pu effectuer onze repérages, dont trois à bord de son 19 tonnes sur place, avant de passer à l’acte. À pied, à vélo, mais surtout au volant de son camion de location, il va parcourir au total 180 kilomètres au cours de ses trois jours de repérage

Me Samia Maktouf, avocate défendant plusieurs victimes, s’est d’ailleurs interrogée : « Les multiples repérages, le fait que ce camion de 19 tonnes ait pu traverser une zone réservée à un tonnage d’1,3 tonne… Comment se fait-il que ce terroriste n’ait pas pu attirer, ne serait-ce qu’attirer, les services de renseignement, c’est incompréhensible ».

Christian Estrosi, de nouveau maire de Nice depuis mai 2017, n’a toujours pas compris la leçon, puisqu’il continue de promouvoir une inflation permanente de caméras de surveillance (aujourd’hui 4000, en hausse vers plus de 6000, avec déport dans son bureau), dont il a pourtant avoué qu’elles ne protègent pas mais permettent de mieux élucider les affaires…

Ce premier point pose donc les questions de l’excès de confiance de Christian Estrosi, accompagné du silence étonnant du maire Philippe Pradal, et de la faillite du système de surveillance lors des jours précédant l’attentat.

Connaissance du risque

Dans les pages de l’édition Nice-Matin du 2 septembre 2022, il a été rappelé que l’hypothèse d’un attentat avec un camion bélier avait été envisagée pour l’Euro-2016 de football, organisé en France du 10 juin au 10 juillet 2016, avec notamment 4 matchs à Nice. Soit quelques jours seulement avant le drame de la Prom’.

Dans les pages du Huffingtonpost du 5 avril 2017, on peut trouver la même information : « Lors de son point de presse, (le procureur) Jean-Michel Prêtre avait rappelé que, selon son analyse du code pénal qui prévoit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour mise en danger de la vie d’autrui, il n’y avait aucune infraction reprochable à quiconque. « Pour que l’infraction pénale soit constituée, il ne faut pas simplement avoir été imprudent ou avoir commis une erreur, mais il faut avoir eu conscience d’un risque important, que la couverture de ce risque ait été prévue et que le responsable ait sciemment décidé qu’il n’en ferait rien. Ce n’est pas ce qui a été constaté dans cette affaire », avait-il déjà expliqué en janvier. L’hypothèse d’un attentat avec un camion bélier avait été envisagée pour l’Euro-2016 de football, en particulier sur la partie dite de la « Fan Walk », mais pas pour le soir du 14 juillet. Or, c’est justement au volant d’un camion de location que Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans vivant en France depuis 2007, a foncé dans la foule de 30.000 personnes qui assistaient au feu d’artifice le soir de la fête nationale, faisant 86 morts et 450 blessés (source).

C’est ainsi que « le soir du 14 juillet, un camion assassin va réussir à forcer deux barrages policiers. L’attaque d’une violence inouïe durera précisément 4 minutes et 17 secondes (sur une distance de 1850 mètres), période durant laquelle le terroriste aura accompli son parcours sans être inquiété, avant d’être abattu par les forces de l’ordre. L’État reconnaîtra d’ailleurs ne pas avoir imaginé une seconde une attaque au camion bélier. Ces éventuelles failles dans le dispositif de sécurité comme de surveillance font actuellement l’objet d’une enquête judiciaire. » (source 6 septembre 2022). Mediapart apporte une information complémentaire de l’enquêteur SDAT 58 (lors de sa déposition devant la cour d’assises) : « Le véhicule est aperçu par vingt caméras entre 21 h 34 et 22 h 37, au moment de sa neutralisation. » (source : Médiapart, 10 septembre 2022). Cette neutralisation aura nécessité un feu nourri des forces de police : 61 impacts de balles seront relevés sur le camion (source : France Bleu).

Dispositif de sécurité

Comment cet attentat a-t-il été rendu possible ? Dans les pages de Nice-matin (3 septembre 2022), on peut lire : « (…) l’avocat (Me Fabien Rajon, l’un des avocats de Promenade des Anges) ne pense pas être « hors sujet » en profitant de cette audience pour évoquer « la sécurité de l’organisation de cette Prom’ Party 2016 ». « Ce sera l’occasion de faire le point sur la menace djihadiste à laquelle était confrontée la France à l’époque et à la nature des mesures qu’elle avait prises en retour. » Même si les éventuelles failles dans l’organisation de ce 14-Juillet font l’objet d’une instruction indépendante (initiée le 22 décembre 2016). Une enquête parallèle dont l’association Promenade des Anges déplore « le peu d’avancement » : « Les débats qui s’ouvrent seront l’occasion d’exiger que cette autre instruction débouche elle aussi sur un procès. » « Non pas, assure Me Rajon, dans la logique de chercher un coupable à tout prix mais dans une logique de transparence. » (source 3 septembre 2022)

Devant la facilité avec laquelle M. L. Bouhlel a pu commettre son acte criminel, les juges d’instruction niçois Alain Chemama et Chantal Russo ont posé de très nombreuses questions aux autorités en charge de la sécurité ce soir du 14 juillet, entendues sous le statut de témoins assistés : Adolphe Colrat, préfet des Alpes-Maritimes, François-Xavier Lauch, son directeur de cabinet et « M. Sécurité du Préfet » à l’époque, puis Philippe Pradal et Christian Estrosi, alors respectivement maire et 1er adjoint en charge de la sécurité de Nice et des Niçois. Adolphe Colrat aurait conclu ainsi : ‘’La préparation du 14 Juillet a été faite bien en amont de la réunion du 28 Juin ». C’est à cette date que les acteurs de la sécurité se réunissent pour définir le dispositif de sécurité des Prom’ party de l’été. Une seconde réunion est nécessaire le 7 juillet. C’est là que sera arrêté le choix du dispositif. Adolphe Colrat n’y était pas. Mais il assure que la menace terroriste a été prise très au sérieux. Nice, ville-hôte, vivait alors au rythme de l’Euro de football. Alors qu’un commissaire aurait suggéré un périmètre étanche, avec des fouilles, lors de la première réunion, la décision a été prise de laisser ouverte la Promenade des Anglais, en partie piétonne, où des équipages de police devaient veiller sur près de 30.000 personnes. L’ancien préfet Colrat a indiqué que ce choix « n’a été marqué par aucun désir d’économies. Il a été inspiré exclusivement par l’adaptation à la situation concrète d’un dispositif le plus efficace possible. Le dispositif fermé, à supposer qu’on ait pu matériellement le mettre en œuvre, ne nous promettait que la pagaille, et d’éventuels risques supplémentaires. Il ne présentait aucune corrélation avec la prévention d’un risque tel que nous l’avons subi. » Pour finir, comme à son habitude, Christian Estrosi avait assuré que « si on avait demandé à la Ville d’appliquer un système étanche, nous l’aurions fait ». Passons sur les accusations de mensonges mutuelles et indignes entre les représentants de l’État et Christian Estrosi, quant à l’appui de la police nationale le soir du drame… Même une enquêtrice de la SDAT (sous-direction anti-terroriste) a confirmé ce flou : « Je n’ai pas connaissance du nombre exact de policiers engagés. » Quand Christian Estrosi a accusé les failles de l’État, l’ex-préfet a répliqué ainsi : « Le dispositif ouvert a bien fait l’objet d’un choix clair, partagé par l’État et la Ville« , taclant sans le nommer celui qui renvoyait la balle dans son camp : « L’État ne cherche nullement pour sa part à diluer sa responsabilité dans celle de la Ville. » (source : Nice-Matin du 3 juillet 2019).

Le 25 septembre 2022, le renvoi de ballon continue, avec un article de Nice-Matin sur les propos de la policière en charge du CSU le soir du drame, Sandra Bertin, qui charge l’État et dédouane la ville de Nice. Il semble que les jeux d’influence n’aient jamais cessé sur ce volet extrêmement sensible : lors du procès de la Cour d’Assises de Paris, l’avocate Marie-Pierre Lazard, de l’entourage de Christian Estrosi (conseillère municipale), a demandé courant septembre 2022 que soit auditionnée Sandra Bertin. Demande déboutée par le président de la Cour. On imagine pourquoi !

Le point très étonnant est ici. L’ancien préfet Adolphe Colrat a précisé que « personne n’avait envisagé ou imaginé le camion bélier », appuyant ainsi les propos de son ex-directeur de cabinet, indiquant néanmoins qu’il avait été question de « véhicule fou » en amont : « Ce risque a été pris en compte de façon satisfaisante, tant pour l’euro 2016 que pour la Prom’ party, mais nul n’avait imaginé un 19-tonnes servir à une tuerie de masse. Voilà qui explique pourquoi « il n’a jamais été envisagé, par qui que ce soit, de disposer des obstacles qui auraient été de nature à arrêter un camion bélier. » En résumé, ce haut fonctionnaire nous explique avoir pris le risque du camion-bélier en compte, mais sans avoir imaginé qu’il puisse en surgir un ce soir-là… Autrement dit, en faisant l’impasse sur le scénario du pire !

Terminons par cette information : Christian Estrosi, 1er adjoint en charge de la sécurité, n’était pas présent aux réunions préparatoires de cet événement majeur (source : AFP, France-Info du 24 juillet 2016) ! Commentaire hallucinant de la mairie : "Ce sont évidemment des réunions d'experts : le premier adjoint n'y avait en rien sa place, et d'ailleurs le préfet n'y était pas non plus"... Ni expert, ni responsable ? En attendant nous aimerions, avec beaucoup d'autres, avoir accès aux procès-verbaux...

Fautes majeures et responsabilités

Dans l’édition Nice-matin du 20 juillet 2016, Christian Estrosi a lâché ces mots terribles : « Il y a eu des fautes majeures ». Mais la question n’est-elle pourtant pas de savoir si la boulimie événementielle de la mairie n’a pas nui à la sécurité de la soirée sur la Promenade ? Citons ces événements : défilé à 17h30, puis concert philharmonique, puis feu d’artifice, et même « l’arrivée d’étape au Mont Ventoux » du Tour de France, qui aurait mobilisé un grand nombre de fonctionnaires du département, selon Estrosi.

Dans l’édition du Figaro du 20 juillet 2017, on lit ces informations complémentaires : « (…) France bleu Azur a relevé que le camion du tueur n’avait pas le droit de circuler un jour férié : selon un arrêté préfectoral en vigueur, les véhicules de plus de 7,5 tonnes n’avaient pas le droit de circuler « les veilles de jour férié à partir de 22h jusqu’à 22h le lendemain ». Le Canard enchaîné a également révélé le contenu de la réunion préparatoire à la sécurité des festivités, qui a eu lieu à Nice le 28 juin en présence de représentants de la mairie et de la région, sous la présidence de Jean-Yves Orlandini, chef du service interministériel de défense et de protection civile au cabinet du préfet. L’idée d’un « barriérage avec filtration du public (palpation, ouverture des sacs) pour le 14 juillet » aurait été avancée. Mais, faute d’effectifs en nombre suffisant, cette idée de filtration du public a été abandonnée pour de simples « contrôles aléatoires ». Il y a toutefois peu de chance qu’une filtration du public aurait pu éviter le drame. Pour autant, Le Canard enchaîné relève que la « véritable erreur d’appréciation » serait plutôt « le choix de ne pas fermer l’espace réservé à la fête ». Les services de la ville de Nice possèdent pourtant de lourdes chicanes en béton, qui n’ont pas été utilisées. « Les plots en béton ne nous ont jamais été demandés. Lors d’une réunion, le patron de la DDSP [NDLR: Directeur départemental de la sécurité publique] a explicitement dit que ce dispositif n’était pas applicable. Si on nous l’avait demandé, nous l’aurions fait comme nous avons été capables de le faire pour l’euro et la fan zone, où nous étions la seule ville de France à mettre en place des portiques de sécurité », précise-t-on à la mairie. La préfecture a préféré employer des cars de CRS et de gendarmes mobile, qui ont l’avantage de pouvoir être déplacés pour permettre l’arrivée de secours éventuels. Problème : ces véhicules étaient placés sur la chaussée, il n’y en avait pas sur le trottoir, Bouhlel n’a eu qu’à les contourner pour foncer sur la promenade. « Pourquoi n’avoir pas positionné des véhicules d’empêchement à l’entrée de la Promenade ? » se demande Estrosi dans Nice-Matin. Le président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a demandé que soit saisie la police des polices pour apporter une réponse à ces questions. Du côté du ministère de l’Intérieur on rappelle que trois réunions ont eu lieu pour préparer la sécurité de l’événement, qui a été préparé «en coproduction». » (source)

Jean-Claude Hubler, président de l’association Life For Nice, exprime cette interrogation très clairement : « Comment (ce camion) a-t-il pu circuler aussi facilement, arriver tranquillement ? Avec des blocs de béton, il ne serait pas passé. » (source : Nice-Matin du 16 septembre 2022)

Quête de vérité et de justice et remise en cause de la politique de sécurité

Fort de tous ces éléments d’appréciation, les citoyens, et en premier lieu les victimes et les familles (près de 2000 parties civiles à ce jour), sont en droit d’exiger la vérité. En droit de connaître la réalité des faits et les responsabilités des principaux décideurs publics : L’État, le Préfet Adolphe Colrat, le sous-Préfet François-Xavier Lauch, le maire de Nice Philippe Pradal et son adjoint sécurité Christian Estrosi. En somme, il est temps que la vérité sorte de cet incroyable imbroglio et que la justice passe.

Nous demandons qu’un procès ait lieu, au même titre que celui actuellement en cours à Paris, pour déterminer, qualifier et juger les fautes éventuelles des personnes publiques chargées de protéger la population.

Laissons la conclusion à Anne Murris, présidente de Mémorial des Anges, et son mari Philippe, parents de Camille : « On cherche la vérité avec un grand V, donc il faut ce deuxième procès autour du dispositif de sécurité. » (source : Nice-Matin du 9 septembre 2022).

Dernier point, connexe : sans même évoquer les potentielles dérives en termes de liberté publique, cette faillite des dispositifs de vidéosurveillance ne doit-elle pas également remettre en cause cette politique obsessionnelle, dogmatique et coûteuse, du tout-sécuritaire technologique ?

Les Niçois sont-ils si bien protégés, du moins par autre chose que des discours ?

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