LA COVID-19 LONG COURS PSYCHOSOMATIQUE ??

Comment peut-on décemment encore qualifier les symptômes des malades atteints par le coronavirus, depuis 4 mois et plus, de psychosomatiques? Doit-on penser alors qu'il y a bien absence de directive ou au contraire qu'une directive d'un autre genre a été donnée?

A-t-elle été requalifiée au féminin pour mieux s’adapter au grand nombre de femmes touchées par la maladie et ses séquelles persistantes. Serait-on face à une démonstration de misogynie ?? Lorsqu'on entend un professeur s’exprimer sur le sujet en notant qu’il faut le prendre au sérieux mais que « comme il y a une majorité de femmes on a commencé par penser que c’était psychosomatique » !!! 

En effet, cela va dans le même sens que de nombreuses réactions de médecins. Très souvent les symptômes sont niés ou mis sur le compte d’un stress post-traumatique dû à ce contexte, qui amplifierait voire créerait de toutes pièces des maladies imaginaires bien connues pour les femmes, ça pourrait bien être hormonal aussi non ? 

Toujours dans cette idée -2020 vraiment ? - prescription de shopping et massages pour se remettre... C’est bien connu, dépenser guérit. C’est la théorie des humeurs, une bonne psychosomatisation collective due à l’angoisse générée par cette pandémie. 
Ce qui est stupéfiant c'est que cette peur serait donc capable de générer de la fièvre, des caillots, des thromboses, des lymphopenies, péricardites, nodules aux poumons, troubles neurologiques, vasculaires, dermatologiques... 
Incroyable ce que le cerveau peut créer. 

Nous méritons mieux! et ne pouvons accepter aujourd’hui encore ces réactions stéréotypées. 
Pour schématiser, les hommes ont eu la forme grave du coronavirus, hospitalisés etc.
Les femmes ont la forme «  légère » souvent non testées au moment de la contamination et en majorité négatives pour les sérologies. 

Le combo FEMME + SÉROLOGIE  NÉGATIVE débouche donc tout naturellement sur le psychosomatique. 
Après le Doliprane pris à la maison, bienvenue aux antidépresseurs et autres anxiolytiques et vive les laboratoires. 

Pourtant, le Sars-Cov-2, atteignant bien les hommes comme les femmes, jette dans l’arène des milliers de malades Covid  Long Cours qui luttent semaine après semaine, mois après mois contre des symptômes polymorphes et invalidants. Quant à l’idée d’un virus « dans la tête », il nous révèle en effet peu à peu ses multiples facettes dont certaines touchant le cerveau sont particulièrement effrayantes. 
https://www.facebook.com/109475227474054/posts/128110752277168/?d=n

Hospitalisé pour suspicion d’AIT (Accident Ischémique Transitoire), troubles persistants du langage, notamment bégaiement soudain, et douleurs et fourmillements du côté gauche ce malade sortira après quelques examens et une IRM cérébrale non réalisée car déjà prévue en ville pour le mois suivant.., avec ces conclusions: forte suspicion de troubles somatoformes dans un contexte de souffrance psychologique en rapport avec un diagnostic encore incertain de COVID-19 et la recommandation d’une prise en charge psychologique hautement souhaitable. 

Cet autre malade Covid Long emmené aux urgences par les pompiers du fait d’un état léthargique préoccupant accompagné de fièvre, paresthésies et douleurs, manque de réflexes des membres et difficultés à marcher et céphalées très fortes, sera tout d’abord orienté vers une hospitalisation en neurologie avec recommandation de ponction lombaire pour explorer ces symptômes inquiétants liés au système nerveux. Après concertation avec d’autres médecins, moins au fait des recherches peut-être..., ce malade sera renvoyé chez lui sans autre suivi. 

On ne compte plus les témoignages de patients confrontés à des médecins généralistes n’ayant eu apparemment aucune directive, qui ne cherchent pas plus avant et renvoient systématiquement aux psychotropes. Plus grave encore, nombre de médecins hospitaliers, urgentistes, spécialistes semblent méconnaître et même nier l’existence du syndrome de Covid persistant. L’information scientifique et la recherche prônée par le ministre de la Santé seraient-elles donc confidentielles? La presse se fait écho de quelques témoignages mais n’interroge pas étonnamment les vraies questions... Quelle reconnaissance? Sur quels critères? Quelle prise en charge?

Si les malades "Covid persistant", dont  les symptômes évoluent chaque jour et perdurent encore et encore depuis des semaines, depuis des mois, dans un déni quasi total et en l’absence de prise en charge sont en effet un peu stressés c'est bien compréhensible, qui ne le serait pas? Mais les médecins, en l’absence de politique coordonnée de l’Etat qui se réfugie derrière le fait que « c’est nouveau », qu’une prise en charge pluridisciplinaire est effective « partout où c’est nécessaire » et que « les médecins savent cela et savent le faire », semblent prendre le problème à l’envers en suggérant, voire affirmant que c’est l’angoisse qui crée les symptômes. 
Beaucoup de légèreté semble-t-il pour un virus aux conséquences bien lourdes!

Katell Burban

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