Pour une éthique de la responsabilité du secteur aérien face aux crises systémiques

En soutien aux militants écologistes en procès pour avoir exprimé le besoin de réduire le trafic aérien, de reconvertir les salariés et de développer des transports alternatifs

Le collectif ICARE, constitué de salariés du secteur aéronautique, demande de revoir le modèle de développement du secteur aérien compte tenu de sa part de responsabilité dans les crises systémiques en cours, réchauffement climatique, pandémies, pollutions locales, ultra-consumérisme et inégalités sociales.

Ce principe de responsabilité, que ne prend pas en compte ce secteur (augmentation continue du trafic et donc de son impact carbone), a amené certains de ses salariés à se regrouper pour faire entendre publiquement leur expression de ce qu’ils estiment être un minimum d’éthique pour des actions en faveur d’une réduction des impacts environnementaux et sociaux du secteur.

Nous pensons que cette éthique se décline autour d’une stratégie de diminution du trafic aérien, ainsi qu’en trois axes opérationnels, la diversification des activités du secteur (vers des domaines à moindre empreinte écologique et plus utiles à la transition), la reconversion des salariés qui le souhaitent ou qui n’ont pas le choix (licenciements), et la recherche scientifique et technique pour diminuer fortement l’empreinte carbone du secteur.

L’action du 3 octobre 2020 dite « Marchons sur les aéroports » a consisté à ce que des citoyens, scientifiques, étudiants, salariés et syndicats du secteur aérien se soient mobilisés sans violence ni dégradation sur 18 aéroports pour exiger la réduction du trafic aérien, la reconversion des emplois du secteur et le développement des transports alternatifs.

Ces citoyens, qui ont agi dans le cadre de la désobéissance civile non-violente et qui sont aujourd’hui poursuivis pour avoir constitué une « entrave à la circulation d’un aéronef »,  ont exprimé eux aussi une vision éthique et un principe de responsabilité des générations présentes vis-à-vis des générations futures, principe fondateur du développement durable défini en 1987 par l'Organisation des Nations unies.

Nous espérons que la justice saura prendre en compte le caractère éthique et responsable de ces actions au service de l’intérêt général au moment du jugement.

 

Le collectif ICARE

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