Le domaine de GRIGNON : une arche de NOÉ menacée par les terrains de foot du PSG

Le domaine de GRIGNON à THIVERVAL-GRIGNON n'est pas seulement un lieu remarquable en raison de son château Louis XIII, de ses sites géologiques et de ses terres d'expérimentation agronomiques. Il l'est également en raison de sa faune riche et variée. Les terrains de foot et les constructions pharaoniques que le PSG projette d'y construire, menacent donc aussi une véritable arche de Noé.

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Le domaine de GRIGNON, sur lequel le club de football PSG et ses propriétaires qataris voudraient construire un gigantesque « centre d’entraînement et de formation », est un site naturel d’exception, au cœur de la plaine de VERSAILLES.

Niché dans la riante vallée du ru de GALLY (un sous-affluent de la Seine qui prend sa source dans le parc du château de VERSAILLES), GRIGNON est le berceau de l’agronomie française, depuis la création sur son site, en 1827 de la première école d’agronomie. 

Dans ce domaine unique en son genre, clos d’un vieux mur de près de 7 kilomètres se trouvent réunis autour d’un superbe château Louis XIII inscrit à l’inventaire des monuments historique :

- un remarquable arboretum, regroupant 125 espèces et variétés d’arbres, véritable trésor régional,

- plusieurs sites géologiques de premier plan dont la Falunière, mondialement connue depuis le milieu du XVIIIème siècle et présentant un intérêt scientifique majeur de niveau international,

- des bâtiments historiques remarquables,

- une riche bibliothèque,

- un Musée du Vivant, 

- des prairies et des champs servant à des expériences agronomiques …

C’est pourtant à cet endroit, mis en vente par l’Etat dans le cadre du regroupement des sites de l’école d’agronomie AgroParisTech sur le plateau de SACLAY, que les propriétaires du PSG, aux moyens sans limites, envisagent d’édifier leur nouveau « Camp des Loges », destiné à rivaliser avec les plus grands "centres de formation" européens du même type.

Selon les informations distillées dans la presse, le complexe envisagé par le PSG comporterait 12 à 18 terrains de football, une académie de formation, un centre médical, des résidences, un hôtel de grand luxe, des bains à bulle ….. On parle même d’un stade de 3 à 5000 places, d’un parking de 1000 places, et de tout un ensemble d’infrastructures diverses … !

Il va sans dire que les victimes d’un tel projet seraient innombrables !

- l’environnement tout d’abord, qui serait fatalement sacrifié par la construction d’un complexe urbanistique aussi démesuré,

- l’agriculture et la recherche agronomique ensuite, avec le remplacement d’hectares de précieuses terres agricoles par des terrains de football dont une partie en « gazon » synthétique …

- le patrimoine historique et culturel également, tant le château édifié par le marquis de GRIGNON aurait à souffrir d’un voisinage aussi incongru qu’un centre de remise en forme pour footballers, fut-il « le plus moderne du monde » …

- la géologie et la paléontologie avec l’encerclement de la Falunière par des constructions extravagantes,

- la botanique avec l’enclavement de l’arborétum et du jardin anglais au milieu des chapelles du nouveau temple du ballon rond, etc ….

Sans oublier les habitants du lieu !

Car au-delà des riverains du domaine, qui s’inquiètent bien légitimement des nuisances calamiteuses qui s’abattraient sur leur paisible et champêtre cadre de vie si le PSG devait s’implanter à GRIGNON, il faut penser aux habitants eux-mêmes !

N’oublions pas en effet que GRIGNON est d’abord et avant tout une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), et donc le lieu de vie d’une faune extraordinairement variée.

De nombreuses espèces d’oiseaux y ont en effet élu domicile, et font l’objet de relevés réguliers.

On y trouve également de riches populations d’insectes, support capital aux travaux sur la biodiversité, ainsi que plusieurs espèces protégées : crocidure leucode (Crocidura leucodon), crocidure musette (Crocidura russula), lérot (Eliomys quercinus), écureuil roux (Sciurus vulgaris), musaraigne couronnée (Sorex coronatus), grillon d’Italie (Oecanthus pellucens) …

A ces charmants habitants du paisible parc, il faut aussi ajouter les lapins de garenne, les chevreuils, les sangliers, les bécasses, les faisans, les pigeons ramiers et les canards colvert qui y ont élu domicile bien avant que l’Homme ne s’empare du lieu.

Et les moutons et les vaches, qui broutent sereinement ses grasses prairies.

GRIGNON, c’est une arche de Noé dans un jardin d’Eden !

Alors, si l’on pensait aussi à ces habitants au moment de transformer leur territoire en terrain de jeux pour homo sapiens ??

Si l’on se demandait un instant si le chevreuil ou le mouton rêvent vraiment de taquiner la baballe ou le canard colvert de barboter dans un bain à bulles ?

Le monde des hommes est fou !

Respectons au moins celui des animaux !

Et sauvons GRIGNON au nom de la défense de ses précieux habitants.

     

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