Ni dévoré ni grignoté : GRIGNON, bien commun, ne doit pas être vendu au PSG !

Un lapin de garenne, domicilié sur le territoire du domaine de GRIGNON, racontait hier une étonnante histoire. Depuis les rives du rû de GALLY, dans la plaine de VERSAILLES, il prétend avoir entendu, grâce à ses grandes oreilles, moult murmures … Des murmures venus de VERSAILLES, de PARIS, de POISSY, et même, prétend-il, de DOHA ...

Ni dévoré ni grignoté : GRIGNON, bien commun, ne doit pas être vendu au PSG !

lapin

Un lapin de garenne, domicilié sur le territoire du domaine de GRIGNON, racontait hier une étonnante histoire.

Depuis les rives du rû de GALLY, dans la plaine de VERSAILLES, où il passe de paresseuses mais savoureuses journées à regarder le printemps éclore, il prétend avoir entendu, grâce à ses grandes oreilles, moult murmures …

Des murmures venus de VERSAILLES, de PARIS, de POISSY,  et même, prétend-il, de DOHA.

A en croire ces murmures, le PSG aurait enfin compris qu’à GRIGNON, il lui sera impossible de réaliser son rêve : construire le  centre d’entrainement « le plus moderne du monde » … Même avec l’appui enthousiaste du préfet de région, ou avec celui, empressé, du maire de la petite commune, il ne pourra pas implanter aisément au sein de ce site naturel et historique d’exception ses 18 terrains de football, ses infrastructures rivalisant avec celles de MANCHESTER ou de MADRID, son ou ses stades, son académie de formation, son centre de la performance, son centre de remise en forme avec bains à bulles, ses hôtels et ses boutiques pour supporters etc … …

En un mot : il lui sera impossible de faire de GRIGNON un Milanello à la française.

Protection des monuments historiques, protection des sites géologiques, préservation des terres agricoles, zones inondables, zones de carrières, etc … : tant de désespérantes autant que tatillonnes contraintes se dressent sur la route de Grignonello !!  C’est décourageant !

Aussi, toujours selon notre informateur à grandes oreilles, les propriétaires et les dirigeants du PSG songeraient à une astuce … Implanter leur Milanello à POISSY, où on le réclame,  bras ouverts et tapis rouge déroulé, et faire de GRIGNON non plus le centre d’entraînement mais la vitrine prestigieuse du club.

Sa carte de visite … aristocratique, avec grand parc et château Louis XIII  …

Quelle merveilleuse idée !

Les grincheux défenseurs de l’environnement, des paysages et du patrimoine se retrouveraient comme les canards du rû de GALLY, le bec dans l’eau !

Le PSG installerait ses joueurs et leurs invités dans le château du marquis de GRIGNON sans rien abimer ! Et même en l’entretenant. Tout juste mettrait-il à leur disposition deux ou trois … peut-être quatre …. allons (soyons fous !) disons six terrains de pelouse synthétique pour se défouler entre deux réceptions mondaines …

Mais finies les infrastructures grandioses révélées par Le Parisien, qui trouveraient à s’épanouir sur les terrasses de PONCY, au-dessus de POISSY.

Formidable nouvelle !

Formidable ? Pas si sûr !

Notre lapin prétend en effet que d’autres murmures se seraient fait entendre, du côté du Collectif pour le Futur du Site de GRIGNON.

Il semble en ressortir que les opposants à la vente de ce lieu exceptionnel au PSG ne seraient pas disposés du tout à laisser faire ce tour de passe-passe.

D’abord parce qu’il considèrent que GRIGNON, lieu de science, de tradition, de culture et de recherche ne doit pas perdre son âme et qu’il doit continuer à incarner ces valeurs et les promouvoir dans un 21ème siècle plus que jamais demandeur d’innovation, d’échange et de formation dans le domaine de l’agroécologie.

Lieu fondateur de l’agronomie, berceau de l’expérimentation dans la culture des sols, baromètre géologique de l’évolution climatique, ils affirment que GRIGNON doit devenir, après le départ de ses occupants actuels, un grand Centre d’échange et de formation post COP 21. Lieu de médiation, de partage et  de recherche, mettant à la portée du public les enjeux de l’accord de PARIS tout en encourageant les professionnels dans leurs efforts pour accompagner le changement qui s’impose. 

Voilà ce que croit avoir entendu le lapin des rives du rû de GALLY.

Il prétend aussi avoir entendu murmurer que même « réduits » à 2 au lieu de 4, à 4 au lieu de 8, ou à 8 au lieu de 18, des terrains de football n’ont pas leur place sur des terres consacrées à la culture ou à l’expérimentation agronomique. Et que le fragile écosystème de GRIGNON doit être préservé de toute artificialisation, fut-elle moins importante que celle dont on le menaçait.

Enfin, le lapin prétend avoir entendu dire que l’arrivée discrète du PSG à GRIGNON, loin de ses ambitions premières, juste pour y aménager un « Relais et Châteaux » privé pour footballers & guests, serait en réalité une adroite manière pour le club de réaliser son projet … un peu plus tard … Une fois dans la place, et lorsque les protestations se seront apaisées.

Mais là, notre lapin exagère !! Il pourrait même avoir vilain esprit !

A moins que ce ne soit plus des murmures qu’il ait entendu, mais les facéties d’un méchant rêve.

Au bord du gazouillant petit affluent de la MAULDRE, il s’est peut-être endormi ….

Espérons pour lui ... et pour la planète ... qu’il se réveille au cœur d’un « Centre International d’Echanges et de Formations pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement de Demain » ...plutôt qu’au milieu d’un terrain de football !  

plaine-de-versailles-ru-de-gally2-cle2aa321

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.