La culture au temps du confinement

Musées, cinémas, expositions et concerts, la crise du coronavirus et la période de confinement qui paralyse près de 50% de la planète, sont difficiles pour les différentes industries culturelles. Alors, on réinvente les moyens de se divertir, notamment grâce aux nombreuses ressources disponibles sur internet, tout en comptant sur la réouverture de ces lieux au plus vite.

Un secteur complètement paralysé 

Depuis plusieurs mois désormais, la planète entière se retrouve face à une crise sans précédent, qui touche ainsi forcément le monde de la culture. Depuis les différentes mesures imposées le 14 mars dernier en France, plusieurs industries ont été touchées de plein fouet, parmi elles, les cinémas avec la fermeture des salles, les tournages arrêtés, les acteurs, producteurs et techniciens en chômage partiel, sans aucune perspective de retour à la normale pour l’instant. Même si un déconfinement progressif est prévu pour le 11 mai, pour la réouverture des salles de cinémas ou encore des théâtres et musées, il faudra encore attendre. Richard Patry, président de la Fédération Nationale des cinémas français, parle déjà de près de 300 000 euros de pertes, mais reste persuadé que dès la réouverture des salles de cinéma, les français vont s’empresser d’y retourner. Tous les lieux culturels sont aussi concernés par ces mesures drastiques et tous les festivals et concerts prévus pour jusqu’à cet été sont dès à présent annulés ou reportés. À Paris, dans le 18ème arrondissement, ce sont deux rues qui seront restées plongées dans la ville des années 1940 pendant toute la durée du confinement, dû à la suspension du tournage de l’adaptation cinématographique « d’Adieu Monsieur Haffmann, célèbre pièce de théâtre écrite par Jean-Philippe Daguerre. 

Depuis le 17 mars, deux rues du 18ème arrondissement de Paris sont restées plongées dans le décor d'un film à cause du confinement. © LIONEL BONAVENTURE / AFP Depuis le 17 mars, deux rues du 18ème arrondissement de Paris sont restées plongées dans le décor d'un film à cause du confinement. © LIONEL BONAVENTURE / AFP

 

 

 

 

 

Une manière de réinventer l’accès à la culture ? 

Confinement oblige, le monde de la culture semble plutôt bien s’être adapté à cette situation plus qu’inédite. De nombreux musées proposent des visites virtuelles en ligne, parmi eux, des musées de la ville de Paris via le site museosphere (http://museosphere.paris.fr). Ce site permet donc de visiter en ligne les galeries de plusieurs musées de la capitale, depuis chez soi, de la maison de Victor Hugo au musée d’art moderne, en passant par les catacombes, d’une manière ludique et innovante. D’un point de vue international, tout le monde s’y met, comme le célèbre musée Van Gogh d’Amsterdam qui propose une visite privée en 4K de ses galeries, sur sa chaîne YouTube (https://youtu.be/SRDEmb5Eo_Y) ou encore le musée Dalí de Figueras, en Espagne (https://www.salvador-dali.org/fr/musees/theatre-musee-dali-a-figueres/visita-virtual/). Beaucoup d’autres ressources sont actuellement disponibles en ligne de manière exceptionnelle, notamment des E-books, encyclopédies, films ou encore cours et formations en ligne. Parmi tous ces changements, les plateformes de streaming semblent être les grandes gagnantes de ce confinement, notamment Netflix qui aurait séduit près de 16 millions de nouveaux utilisateurs au premier trimestre 2020. 

l'UGC Montparnasse, fermé à cause de la pandémie de coronavirus. © Marc Chaumeil l'UGC Montparnasse, fermé à cause de la pandémie de coronavirus. © Marc Chaumeil

 

 

 

 

 

 

Un grand flou sur le déconfinement culturel 

Le 6 mai dernier, le Président de la République Emmanuel Macron s’est adressé publiquement au monde de la culture sinistré en annonçant de grandes mesures budgétaires mais en laissant planer le doute quant à une date de retour à l’activité normale. Concernant la définition d’un « petit » musée ou d’un « petit » festival, rien de précis n’a été annoncé, il fallait s’y attendre. Pour le président de la République cette pandémie semble être l’occasion de réinventer les choses et de trouver de nouvelles de « toucher » le public, un joli lapsus à l’heure où les industries culturelles semblent s'effondrer. À défaut d’être précises, certaines mesures ont été jugées bienvenues, notamment l’annulation du fond d’indemnisation pour les tournages, après de nombreux débats concernant le manque d’investissement du Président de la République face à la crise qui touche actuellement les différentes industries culturelles. 

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