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Billet de blog 31 oct. 2022

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Le Repaq : les parents dans l’école

Il existe au Québec une structure, le Réseau des écoles publiques alternatives au Québec (48 écoles) qui travaille exclusivement sur la place des parents dans les activités de l’école et de la classe, il réserve aux parents une place de choix dans l’éducation de leurs enfants à l’école. Celle-ci ouvre ses portes et privilégie la participation des parents à tout moment.

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Pourquoi exclure les parents de l’accompagnement de leurs enfants à l’école ? « c’est simplement la société qui rentre dans l’école » précise Pierre, porte parole du réseau. Les écoles sont plutôt en territoire urbain et concernent des familles au niveau social plutôt aisé. « Le réseau est perçu comme marginal et les personnes en fragilité cherchent plutôt une norme rassurante » ajoute Pierre.

l’éducation est partagée.

Pour favoriser le développement global de l’enfant et veiller à ce que l’enfant soit au centre de ses apprentissages. Les parents font des propositions et s’engagent à participer (contrat tacite) d’une manière ou d’une autre aux activités de l’école. « le parent devient un adulte » dit Pierre. Ils et elles apportent quelque chose que les enseignant·es ne sont pas capables de faire. « il faut tout un village pour élever un enfant » Geneviève (présidente du réseau) cite ce proverbe africain pour appuyer son propos.

Une autre conception de l’école

Le cadre donné c’est que les parents s’engagent à participer. L’école est ouverte, les parents peuvent avoir les clés et possèdent un placard. La relation s’installe dans la durée ce qui permet que ce projet ne soit pas qu’un feu de paille. Un sentiment d’appartenance peu à peu se fait jour. Une vraie confiance mutuelle se construit au fil du temps. Des temps festifs informels facilitent l’acclimatation de chaque parent. La collaboration, la coopération, l’idée de communauté président à ce projet d’Éducation nouvelle, promouvant une autre conception de l’école.

Un volontariat reconnu

Il est très vite question de transmission et les élèves plébiscitent ce fonctionnement. Il n’y a pas de compétition entre les parents, ceux-celles-ci osent dire ce qu’il·elles ne savent pas faire et s’appuyer sur leurs domaines de compétence. Tout le monde est attendu, accueilli et se sent bienvenu. Chaque partie est indispensable. Quand on participe, quand on est au coeur d’un lieu d’éducation, il est plus aisé d’y mieux voir la réalité des choses. Et les enfants font leur chemin, construisent leur parcours et s’appuient sur les parents qui peuvent les accompagner dans leurs apprentissages (ceux-ci n’étant pas uniquement scolaro-centrés mais également sociaux et ludiques).

Chaque parent est considéré·e, c’est un volontariat reconnu, une petite somme en fin d’année est allouée à chacun·e. Et si les parents travaillent, il·elles ont le choix de s’investir où et comme il·elles le veulent, quand ils et elles le peuvent et de choisir leurs tâches, et même de se faire remplacer par un autre membre de la famille.

Une formation pour se préparer

Des formations maison (elles sont particulières à chaque école, qui possède un langage, des codes et une culture propres) sont proposées. Elles traitent de la posture, des règles, ainsi que de la question des apprentissages (il est utile de rappeler que les parents ne sont pas des enseignant·es).

Et même si les projets sont différents selon les écoles, il existe un socle commun qui les relie. Les parents sont partout dans l’école, ils et elles la valorisent, la nourrissent et sont des aides précieuses. Ils et elles sont coéducateur·trices voire co-gestionnaires.

Différents comités

Les comités de coéducation (il y a toujours de la place pour les structures autres que l’école) organisent pour le secondaire des conférences et proposent des ateliers. Les parents peuvent être ressources. Leur place déborde de l’école, il·elles participent à tous les comités et sont au conseil d’administration du Repaq. Ils et elles ont leur propre réseau ( Repaq parents, Repak relève) et il y a un réseau des réseaux (réunions conjointes 5 par an) où il y a recherche d’expertise.

Une décision unanime

« On est petits et modestes, on a été les gaulois d’outre océan et leur petit village, on doutait d’avoir de l’intérêt pour le mouvement de l’Éducation nouvelle, il nous a fallu du temps pour accepter l’augure et d’en faire partie, et de venir à Bruxelles participer à la biennale et de rejoindre Convergence(s). mais aujourd’hui nous sommes prêt·es. » disent en choeur Céline, Geneviève, Pierre et Philippe. Le fait d’avoir instauré un échange avec une calandreta d’Occitanie nous y a encouragé·es

pour ne pas conclure

Avec nos yeux d’européen·ne ce projet peut sembler un Eldorado inaccessible, difficile à transposer dans nos habitus culturels. « Cette lévitation pédagogique » (dixit Jean-Pierre de la maison de la pédagogie à Mulhouse) pour magique qu’elle parût ne relève pas d’un rêve éveillé mais bien d’un projet solide et pragmatique où les parents ont reconnus comme des acteur·trices à part entière au même niveau que les enseignant·es dans l’éducation scolaire de leurs enfants.

Une utopie ? Une hérésie ? Le débat est lancé !

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