Canal+ aime le cinéma. Tchi tcha.
Et nous le fait savoir à grand renfort de publicité.
Dernière en date, celle ci-dessous, concoctée sans doute par une équipe de créatifs aussi talentueux que fins connaisseurs du milieu.
« Pour faire un film, chaque métier compte », dit la réclame.
Chaque métier, mais apparemment, pas celui de scénariste. Mais si vous savez, le scénariste, cet être curieux qui se nourrit d’amour et d’eau fraîche (http://blogs.mediapart.fr/blog/corinne-klomp/060113/les-scenaristes-francais-sont-mal-payes-quand-ils-le-sont). Ce bipède qui se targue d’avoir un regard sur le monde, au point de vouloir créer des personnages, leur donner un objectif fort et la volonté inébranlable de l’atteindre, leur inventer des péripéties, semer leur parcours d’obstacles, leur faire vivre un maximum de conflits, d’actions, leur mettre des mots, voire des phrases en bouche, pour au final décider de les faire échouer ou réussir.
L’auteur de l’histoire quoi, avec un début un milieu une fin. Quand il fait correctement son boulot, je vous jure, c’est quelqu’un de fréquentable.
Eh bien, la chaîne du cinéma s’en fout. Mince.
Cela dit elle se fout aussi de l’acteur, dont le métier n'ouvre pas droit non plus à une case. On pourra m’objecter que l’acteur est présent dans chaque saynète, via les dessins du braqueur et de la braquée. Mais bon, un gars qui écarte à ce point les jambes pour brandir un pistolet à eau, et une fille avec des yeux énormes qui n’est même pas foutue de reconnaître une arme factice, je regrette, je n’appelle pas ça des acteurs, mais des amateurs.
Mais ne désespérons pas : « CANAL+ soutient tous ceux qui font le cinéma ». Tchi tcha. Sauf ceux qu’elle laisse dans les choux. Tchou tchou.
Au fond, ce qui manque à cette publicité de haute volée, c’est une case. Une case de rien, mais du genre à faire tout.
Une case vide, une case blanche, avec cette légende : ‘SANS SCENARISTE’.