Il faut sauver le soldat Macron !

Quand les processus démocratiques seront-ils mobilisés ? Afin que, tous ensemble, nous puissions organiser une vie sociale et culturelle de nouveau émancipatrice, malgré les conditions imposées pour stopper la pandémie ? Quand sortirons-nous du confinement de nos cerveaux ?

Il faut sauver le soldat Macron !

Pourquoi ?
Alors que la foule réclame un confinement plus strict, il a le courage de défendre nos libertés.

Comme si, actuellement, un confinement était la solution pour éradiquer, voire freiner, la pandémie !

Le temps du confinement est hélas passé, il aurait fallu l’organiser dès l’apparition des premiers cas. C’est-à-dire dès janvier 2020 en France… Mais, dans notre beau pays, nous étions hors d’atteinte! Le problème n’a été pris en mains que mi-mars ! 5 mois trop tard !!!

En Chine, il aurait fallu qu’il soit mis en place dès le mois de novembre 2019. Lorsque le premier cas suspect a été décelé par le docteur Li WenLiang, à Wuhan. Mais, il était plus facile de le faire taire, de casser le thermomètre pour ignorer la température… Cependant, là et plus tard, les confinements, très stricts et autoritaires, d’immenses populations ont porté leurs fruits.

Pourtant, un confinement ne peut être administré qu’à une petite population et sur un territoire limité.
Ce qui implique de connaitre rapidement les personnes infectées et leurs contacts.

Sinon, c’est un abus de restrictions de libertés, intolérable en démocratie.

Pour contenir une épidémie, la mesure sanitaire est l’isolement.
Ce qui nécessite, en premier, un traçage précis des cas d’infection et donc une stratégie très organisée de dépistage. Ensuite, il est nécessaire d’organiser et d’accompagner ces isolements.

Facile en milieu social aisé, il devient plus difficile et demande des moyens conséquents en milieu social plus pauvre. La proximité fait problème.

Oui, le soldat Macron a raison : nous devons vivre avec le virus.
Et, maintenant, nous devrons le faire toujours, car il n’est pas raisonnable de penser qu’il va disparaitre, comme par magie, alors que sa distribution est planétaire…

Bien sûr, la vaccination offre une voie d’espoirs et il est nécessaire d’en accélérer la réalisation pour tous, et au plus vite. Ce qui n’est pas simple, même dans un pays ‘’développé’’ comme la France, ou bien à l’échelle européenne. Cela devient bien plus difficile à l’échelle mondiale…

D’autant que tout virus se reproduisant très vite, de nouvelles souches prennent le dessus. Immanquablement plus contagieuses, et hélas, souvent plus pathogènes…

Cela signifie que les vaccinations devront suivre cette évolution, proposer de nouvelles réponses… et, en conséquence, nécessiter de nouvelles campagnes… comme pour les grippes qui, elles, sont saisonnières.

Nous devons donc vivre avec le virus, les virus…
Vivre : voilà le maitre mot.

Vivre, pour Homo sapiens, c’est aussi avoir des relations sociales et une vie culturelle.

C’est pourquoi, un large ‘’confinement’’ ne peut pas être la solution.

En même temps, il faut ouvrir les lieux de culture, pas seulement les lieux de cultes ! Dans une république laïque !!!

L’organisation du travail, et encore plus des écoles, est effectivement aussi délicate que primordiale. Mais, le port de masques rend possible de nombreuses configurations…

Encore faut-il qu’il soit clairement compris, et admis, que les contacts sont à éviter. Il n’est pas possible de les proscrire totalement.
C’est alors que les processus démocratiques sont essentiels.
Mobiliser l’adhésion collective par une compréhension suffisante des faits et de leurs dynamiques. Mobiliser une volonté collective.

Porter un masque. Que chacun-e porte un masque lorsque la distance ne peut pas être respectée, est absolument impératif. Partout ! mais seulement lorsque la distance ne peut être respectée. Viser une autre cible, c’est tromper ses concitoyens !

Même la vaccination ne fera pas miracle ! Certes, elle freinera assurément la pandémie. Mais, inévitablement, il restera des porteurs de virus. Si bien qu’une reprise, de nombreuses reprises resteront à redouter. Avec des variants très probablement toujours plus virulents…

Ne paniquons pas. Ni ne perdons espoir ! Mais regardons lucidement la situation.

Oui, le soldat Macron a raison de vouloir accélérer la vaccination et de ne pas contraindre trop la vie sociale.
En revanche, il a tort de restreindre la vie culturelle.

Ce qu’il faudrait, en plus de la vaccination, c’est une stratégie de dépistage très organisée.
Les tests qui existent sont couteux et nécessitent trop de temps, trop de mobilisations, trop de personnels.
Quand disposerons-nous d’autotests salivaires bons marché ? Au moins pour déceler une alerte… confirmée ou infirmée ensuite par des tests médicaux plus fiables ?

Les laboratoires de recherche y travaillent-ils ?
Pourquoi n’avons-nous que si peu entendu parler du test mis au point à La Réunion ?

L’autotest qui sera prochainement vendu en pharmacie n’est pas assez simple, trop cher pour offrir une solution à très grande échelle…

De tels tests ne seraient-ils pas suffisamment pourvoyeurs de bénéfices financiers pour être développés ?
Pouvons-nous encore espérer la même efficacité scientifique et technique que pour la mise au point de vaccins ? Une même volonté politique ?

Quand les processus démocratiques seront-ils mobilisés ?
Afin que, tou-tes ensemble, nous puissions organiser une vie sociale et culturelle de nouveau émancipatrice, malgré les conditions imposées pour stopper la pandémie ?

Le soldat Macron a raison : l’école est essentielle.
La vie culturelle aussi !

Quand sortirons-nous du confinement de nos cerveaux ?

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