Le principe de précaution de AZ

Un problème ayant été identifié, le principe de précaution impose de mettre en œuvre des procédures d’évaluation et d’adopter des mesures, provisoires mais proportionnées, afin de parer aux dommages prévisibles.

Le principe de précaution de AZ

‘’ Le principe de précaution s’impose aux administrations. Il les oblige à développer en leur sein des procédures de prévision et d’évaluation afin de tenter de prévenir les risques majeurs pouvant conduire à l’engagement de leur responsabilité.’’
https://www.vie-publique.fr/fiches/20275-administration-et-principe-de-precaution

La Charte de l'environnement de 2004 a constitutionnalisé le principe de précaution. En effet, l'article 5 de cette Charte dispose que « lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage »
https://www.conseil-constitutionnel.fr/les-membres/le-principe-de-precaution-devant-le-conseil-constitutionnel

Un problème ayant été identifié, il convient de mettre en œuvre des procédures d’évaluation et d’adopter des mesures, provisoires mais proportionnées, afin de parer aux dommages prévisibles.

Autrement dit, malgré l’absence de connaissances avérées, il est impératif d’agir.
Ne pas se retirer dans sa grotte, selon le vieil adage qui invite à laisser passer l’orage. Ne pas s’isoler dans ‘’La précaution’’, mais agir afin d’être paré pour mettre en œuvre la ou les meilleures stratégies, en l’état des connaissances à un moment donné.

Aujourd’hui, ‘’le principe de précaution’’, celui de l’action plutôt qu’un attentisme coupable, est d’importance alors que la vaccination avec Astra Zeneca (AZ) est suspendue… suspendue à l’appréciation et au conseil, documenté-es de l’Agence européenne des médicaments (AEM).

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain !
Ainsi, que de commentateurs ont-ils confondu, au soir du 14 mars 2021, une prudente précaution avec ‘’le principe’’ homonyme qui est un acquis démocratique, puisqu’une administration, une institution, des ‘’personnes en responsabilité’’ ne peuvent se retrancher dans l’inaction, alors que leur devoir est d’agir.
D’ailleurs, le principe serait mieux nommé, et prêterait à moins de confusions, s’il s’appelait ‘’devoir de précaution’’ !

Ce 15 mars, alors que le Président annonce la suspension de la vaccination avec AZ, jusqu’aux recommandations de l’AEM, il fait preuve de ‘’précaution politique’’.
En effet, comment rester attentiste, ou à contre-courant, alors que tant de pays voisins ont pris la décision de suspendre l’utilisation de ce vaccin ?

Difficile de connaitre tous les arguments qui inclinent à une telle décision…

Et pourtant, dans une période d’urgence sanitaire, comment stopper une campagne de vaccination alors qu’elle s’avère si difficile à mettre en mouvement ? Si essentielle pour éviter de très nombreuses morts, directes ou collatérales ? Chaque jour, chaque dose compte.

Quel est le bilan des avantages et des risques ? Par quelles procédures les décisions sont-elles prises ? Les Français-es ont le droit de savoir. Tous les citoyen-nes du Monde ont le droit de savoir !

D’ailleurs, les experts, convaincus de l’importance de la vaccination, semblent préférer le terme de ‘’moratoire’’ à celui de ‘’suspension’’. Quand ce dernier n’est pas confondu avec ‘’l’arrêt’’ !

Une fois encore, les procédures démocratiques, le recours à l’intelligence collective ont été bafoués !

A moins que, - j’ose le penser car il convient de regarder toutes les hypothèses-, cette ‘’suspension’’ soit la bienvenue en temps de pénurie de doses… Mais, ne versons pas dans le complotisme !

Le principe de précaution impose de vacciner, le plus de personnes et au plus vite. C’est un enjeu de vies… un enjeu de vie.

Sinon, le recours le plus facile, mais incertain, serait de ‘’confiner’’ encore plus, sans avoir analysé si et comment cette restriction de liberté est efficace en terme de santé. Ou plutôt, de lutte contre la pandémie.

Dans un billet précédent, je soulignais l’importance de disposer d’autotests qui permettraient de modifier très avantageusement les stratégies de dépistage et, partant, de lutter contre la transmission du coronavirus.
Où en sommes-nous sur ce front ?

Le ‘’devoir’’ de précaution implique de mobiliser tous les moyens, même couteux…

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