‘’Lenvironnement’’ en premier !

L’ennui posé par ‘’lenvironnement’’, c’est qu’il serait bien difficile de s’accorder sur une définition ! Au contraire de la biodiversité et du climat qui sont des concepts scientifiquement précisés.

‘’Lenvironnement’’ en premier !

Ainsi, une majorité de députés a décidé, ce mardi 16 mars 2021, d'inscrire à l'article premier de la Loi fondamentale de la Constitution de la Ve République la nécessité pour la France de garantir "la préservation de l'environnement, de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique"…

Nous pourrions nous en réjouir si la formule prenait force de loi et imposait à toute institution, toute entreprise, toute personne de promouvoir les biodiversités (écotique, domestiques et micro-organismes) et à lutter contre le réchauffement climatique.

Acceptons-en l’augure car les enjeux sont considérables et que la santé, la nôtre, celle de tous les êtres vivants et des écosystèmes doit devenir un objectif politique majeur. [http://esperanza21.org/sites/default/files/Edito%2073%20SANTE%2C%20droits%20et%20devoirs%20%2822%20avril%202020%29.pdf]

Ce mardi, dans l’hémicycle, le débat final n’a pas manqué de saveur…
Dommage que les masques, adaptés à la circonstance, aient caché l’allongement de certains nez au rythme éloquent de grands mots, occultant de grands maux… convoqués pour des querelles ou combats politicien-nes, passé-es et à venir !

Mais, il serait curieux de savoir ce que chacun-e pense, se représente lorsqu’elle ou il parle de ‘’lenvironnement’’ ?

Quelle est cette entité ? Ce pseudo concept ? Cette ‘’chose’’ dirait notre Ministre de l’Éducation nationale ? Ce ‘’fromage’’ aurait dit le Général ?

C’est d’autant plus surprenant qu’un juriste, comme tout scientifique, porte une attention particulière, voire méticuleuse, à définir ce dont il parle et sur lequel la justice aura à se prononcer.

Bien sûr, il n’est pas question de renier l’idée d’environnement ! Nos environnements sont même multiformes, selon les regards que nous leur prêtons.
Il suffit à chacun-e de s’interroger sur ce qu’il a fait durant sa journée pour prendre conscience de la diversité des situations qu’il a vécues (lieu, fonction, durée, acteurs, etc.). Et poussant un peu plus son introspection, des rôles qu’elle ou il a tenus…

Mais, l’ennui posé par ‘’lenvironnement’’, c’est qu’il serait bien difficile de s’accorder sur une définition ! Au contraire de la biodiversité et du climat qui sont des concepts scientifiquement précisés.

Historiquement, il est possible de situer l’apparition de l’idée et l’importance qu’elle a tenue dans la réflexion en rapport avec les ‘’enjeux environnementaux’’. Qui sont largement documentés maintenant.
Sans convoquer ici une analyse épistémologique, force est de constater que, le plus souvent, dans l’acception générale, l’idée s’est substituée à celle de ‘’nature’’, tout aussi imprécise !

Le problème, à mon sens, c’est que les dimensions sociales et sociétales sont totalement occultées dans ces approches globalisantes.
Or, plus de la moitié de l’humanité vit dans des écosystèmes urbains ou fortement urbanisés. Que tout ce monde vit quotidiennement dans des situations très fortement marquées culturellement, en milieu fortement anthropisé.

Aussi, admettons que nos environnements sont multiples et diversifiés. Et qu’il est essentiel de pouvoir les analyser afin d’en prendre la mesure politique.

Et puis, poussons un peu plus la réflexion. Où se situe l’importance première ?
Dans nos environnements ou vis-à-vis de nous-mêmes ? En prenant considération des environnements ou bien des personnes ?

Personnellement, je ne trancherais pas, tant la continuité est forte entre soi et ses environnements ! Les deux car ils sont intimement liés…

Raison de plus pour que les enjeux environnementaux soient cités à l’article premier de notre constitution, au côté des biodiversités, du climat... et de l’affirmation de nos droits.

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