Comme une petite chanson… amère !

Nous devons nous réorganiser collectivement et démocratiquement. Et voilà que, prenant conscience des souffrances d’une part importante de jeunes, une petite musique vient susurrer que, finalement, ne serait-il pas préférable de renoncer pour les plus âgé-es ?

Comme une petite chanson… amère ! Covivons 18 janvier 2021

Qui avait prévenu que les réponses à la pandémie seraient plus néfastes que le coronavirus ?

Ne parlons ici ni des effets délétères de confinements, partiels, sur la santé des personnes et de la population, ni de la menace économique que nombre de personnes éprouvent déjà, ni même des dégâts considérables portés aux convivialités et à l’organisation sociétale.

Lorsqu’un gouvernement choisit d’autres objectifs que la réponse sanitaire à une pandémie ;
Lorsqu’il se trouve pris au piège de décisions antérieures restrictives aux dispositifs de soins ;
Lorsqu’il impose aux citoyen-nes de rester chez eux… comme si c’était un havre protecteur ;
Lorsqu’il étouffe la démocratie en lieu de mobiliser les forces et l’intelligence de la Nation ;
Lorsqu’il choisit l’autoritarisme pour faire face aux inégalités ;
Lorsqu’il prive toute une population d’activités physiques indispensables à la santé ;
Lorsqu’il prive de nombreux citoyen-nes d’activités culturelles nécessaires à la santé ;
Lorsqu’il vise la distanciation sociale en place d’une distance physique ;
Comment pourrait-il promouvoir des mesures sanitaires efficaces ?

La tentation de parquer et d’ostraciser une partie de la population au prétexte de la préserver d’une contamination a été évitée de justesse au printemps dernier. Comment définir les limites de catégories sociales ? Les plus de… ? Ceux atteints de… ?

Et pourtant, c’est une vraie et délicate question : comment protéger ceux qui portent le risque de pathologies graves ? Ce, avant même de se poser la question, également cruciale, de la saturation de dispositifs de soins thérapeutiques.

Avoir à disposition des masques permet de résoudre une grande partie des situations de vie propices à la contamination, celles où la distance physique ne peut être respectée, ni évitée.
La vaccination apportera assurément plus de sérénité dans la vie collective. Elle ne sera pas une panacée car freiner la pandémie n’est pas éradiquer un virus.

Nous devons donc vivre avec lui… et tous les autres ! Ceux qui sont déjà là, et ceux qui ne manqueront pas d’émerger, hélas…

Certaines questions, au premier rang desquelles l’organisation, sont importantes lorsqu’il n’est pas possible d’éviter des rassemblements de population : les écoles, les restaurants et les bars où le port du masque devient impossible, les fêtes, les colloques, les grands concerts, les manifestations…
Pas les lieux de culture, comme les bibliothèques, cinémas, théâtres, opéras…
Pas les lieux où se déploie notre santé comme les promenades ou certaines activités en plein air. Même la fréquentation d’une piscine ou d’une salle de sports est gérable…

 

Nous devons nous réorganiser pour prendre en compte ce changement d’environnement. Nous adapter, c’est-à-dire nous organiser collectivement et démocratiquement.

Et voilà que, prenant conscience des souffrances d’une part importante de jeunes, une petite musique vient susurrer que, finalement, ne serait-il pas préférable de renoncer pour les plus âgé-es ? Sacrifier les uns pour épargner les autres… Ce qui n’apporterait rien aux plus jeunes et serait dramatique pour leurs aîné-es ! Comme si ces derniers n’avaient pas porté, nourri, choyé, éduqué ceux-là même qui fomentent une telle ignominie !

Que signifie « ne pas sacrifier la jeunesse » ? N’est-elle pas menacée lorsque les systèmes d’éducation et d’information sont trustés par des groupes dont l’objectif est le profit ? N’est-elle pas brimée lorsque la peur est si savamment entretenue ? N’est-elle pas corsetée par une société de consommation déshumanisante ?

Lorsque certains lorgnent sur des milliards d’économies car la ‘’ grande consommation’’ a été entravée, pensant que ce pognon pourrait être plus utile à ruisseler… nous touchons à l’infâme d’une société bouleversée, explosée, atomisée.

A l’aurore de cette année, ce sont des individus qui ont été mis à l’honneur de la République. Pas des collectifs, pas les associations ! Elles ne sont même pas financées par une volonté inscrite au budget de l’Etat… Leurs fonctions sociales sont pourtant reconnues. Reconnues mais non épargnées face à l’avidité d’un nouveau marché. [http://www.associations-citoyennes.net/?p=12995]

Les drames des mesquines guerres, dites mondiales, ont conduit à l’organisation d’instances de solidarités internationales (ONU) ou nationales. Quel est le gouvernement qui n’a pas cherché à en minimiser ‘’le poids’’ et, en conséquence, leur efficacité et leur périmètre ?
En France, les dispositifs de solidarités collectives sont sur le point de craquer, de sombrer au prétexte d’efficacité, selon certains ! Sacrifiés pour l’intérêt d’une petite frange de la population. Sacrifiés sur l’autel du marché dérégulé et financiarisé. Sacrifiés pour une société individualiste de l’argent-roi !

Comment, au-delà de belles paroles, ne pas constater les dramatiques ravages de crises exacerbées par la pandémie Covid-19 ? [https://blogs.mediapart.fr/maumauf/blog/180520/cette-crise-un-systeme-de-ou-en-crises]

Churchill aurait dit : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. »

 

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