ERC, l’entreprise France au bord du gouffre !

‘’Éviter, réduire, compenser’’… La culture n’est pas une entreprise ! La gestion sanitaire de la Covid-19 invite à l’analyse et au bilan. La Suède, elle, n’a pas sacrifié sa démocratie dans cette lutte !

ERC, l’entreprise France au bord du gouffre !    

’Eviter, réduire, compenser’’
Une trilogie bien connue pour les projets d’aménagement et leurs enjeux environnementaux.
En médecine, on parlerait de ‘’bénéfices-risques’’

Mais, que dit-on à propos de la culture, en ces temps de confinements à voilures variables ?
Nombre de responsables, d’élu-es se mobilisent parce que l’économie, les économies de la Kulture sont assassinées injustement.
Oui, elles le sont ! Injustement…

Elles le sont car c’est assurément le projet de ce gouvernement ! Ne nous voilons pas la face… ‘’distancier socialement’’ ! Évidemment…

Mais, qui a posé la question de la fonction culturelle ? de sa vitalité ? De son importance, existentielle, pour chacun-e d’entre-nous ?

La culture, c’est une expression, des relations, des échanges, des partages, des créations, des rêves, des enthousiasmes, des passions, des interrogations, des doutes, des évidences, des impertinences, des utopies, des reconnaissances…
Bref, c’est la vie ! C’est notre humanité.

Voilà bien ce que désire briser le gouvernement car cela ne rapporte quasi rien, voire dépense ‘’un pognon dingue’’

Sinon, comment comprendre la fermeture des théâtres, des cinémas, des expositions, des bibliothèques, des piscines, des salles de sports… alors que chaque institution, chaque lieu avait, suite au premier confinent et trop tardivement il faut le dire, adopté des protocoles qui évitaient toute contamination ?

Mais, rien ne sert de s’offusquer des interdictions imposées par ce gouvernement !
Sommes-nous en force politique pour retrouver nos libertés et nos droits ? Voilà la question.

La lutte contre la pandémie, dont chacun-e sait combien elle a été mal gérée, mal anticipée, mal administrée, mal documentée… ne peut continuer à nous imposer une insidieuse mort démocratique et culturelle.

La culture n’est pas une entreprise !
En revanche, l’exception culturelle parle, chante, déclame, peint, sculpte, filme... nos identités et nos personnalités, dans des lieux très variés.

L’animer plutôt que l’éteindre, afin que les Français-es comprennent mieux ce qu’est le coronavirus, les maladies qu’il provoque, la diffusion de la pandémie… C’était le devoir du gouvernement et de l’État. Eviter la destruction !

Réduire au minimum les contraintes de la pandémie qui obligent à garder distance pour ne pas contaminer son ou sa voisin-e. Ou bien porter un masque… Ou, encore, appliquer avec efficience les règles élémentaires d’hygiène… Et non réduire les interactions sociales ! « La guerre… »

Compenser ? Certainement fallait-il aider les entreprises ou les associations afin qu’elles puissent s’organiser et mieux gérer la transition à de nouveaux protocoles sanitaires. Mais, les risques ne doivent pas être démesurés, voire pire, en rapport aux contraintes et bénéfices.

La pandémie n’est pas temporaire… Un an déjà… Combien de mois ou d’années avant qu’une immunité suffisante de la population permette une nouvelle organisation ? Combien d’asphyxies faudra-t-il encore accepter ? Sans ou avec vaccin…

En litanie, le gouvernement assure qu’il utilise l’argent public pour aider les professionnels de la branche et éviter la faillite des entreprises culturelles. Mais, que se passe-t-il pour les associations ?

Quelle procédure démocratique valide-t-elle un tel choix alors qu’Assemblée nationale et Sénat sont étouffés ?
Les questions des parlementaires au gouvernement ne semblent pas créditer un consensus partagé ! Pas de rébellion, non plus…

Aujourd’hui, « sans compter », l’argent public est dépensé, le plus souvent au bénéfice du privé. Ce ‘’privé’’ qui rechigne toujours à contribuer aux efforts financiers de la collectivité. Et use de tous les moyens, même malhonnêtes parfois, pour éviter de payer l’impôt.

Demain, lorsque le gouvernement annoncera les inévitables restrictions de budget pour les services publics, de vastes champs seront donnés en pâture aux appétits privés... Une aubaine ?

Ce gouvernement pousse notre organisation collective vers le gouffre de la paupérisation.
C’est son programme politique, ne nous y trompons pas : à tout prix, faire table rase pour le bénéfice du privé.
Aujourd’hui déjà, un citoyen n’est reconnu qu’en tant que travailleur.

La France n’est pourtant pas une entreprise !

Et voilà que le Président est positif. Quelle affaire !
Évidemment, nous souhaitons prompt rétablissement et bonne santé à Monsieur Macron.
Ses fonctions et les nombreuses rencontres qu’il doit assumer rendaient le risque très probable.

Que les contaminations connues soient de plus en plus nombreuses, rien d’étonnant.
Il nous faut vivre avec le virus. Vivre sans se terrer ! Vivre pleinement, librement, en citoyen-nes responsables.
Sinon, comment arriver à une immunité d’une partie suffisante de la population pour interrompre une pandémie aux effets dramatiques ?
Par la vaccination, nous l’espérons tous-tes. Ce qui équivaut à développer les contaminations, sans les risques de pathologie graves…

En effet, la réponse sanitaire à la pandémie est un défi paradoxal : éviter les contaminations pour éviter les pathologies et les morts ; provoquer les contaminations avec un vaccin afin qu’un maximum d’entre nous se trouvent immunisés et qu’ainsi, la pandémie soit freinée.

Tous les experts disent que pour réussir une telle étape, il est nécessaire d’obtenir le consentement éclairé des citoyen-nes. Donc, développer leur information… et leur culture.

Voilà un bel objectif et un grand pari à relever.
Madame la Ministre de la Culture, Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, Mesdames et Messieurs du gouvernement… la culture est une belle entreprise. A vous de la faire vivre !

A vous de cultiver, de faire fleurir et fructifier nos cerveaux.
Ni éviter, ni réduire, ni compenser… mais favoriser l’éclosion d’une intelligence collective !
Chacun-e d’entre nous en sera gagnant-e, toutes et tous en tireront bénéfice.

Peu de pays, peu d’États se sont donnés cet objectif, tant la panique a été grande…

La gestion sanitaire de la Covid-19 invite à l’analyse et au bilan. La Suède, elle, n’a pas sacrifié sa démocratie dans cette lutte !

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.