Nature mutilée, culture sacrifiée, démocratie bafouée !

Peut-on considérer que la vaccination solutionnerait, à long terme et à elle seule, un problème qui est désormais largement reconnu : celui des modes de vie d'une partie de l'humanité qui exploite, bien au-delà du raisonnable, ‘’les ressources’’ de la planète, détruisant les biodiversités et la santé de l'ensemble du vivant ?

Nature mutilée, culture sacrifiée, démocratie bafouée !

Alors que notre association Esperanza21 a commencé un éditorial développant l’idée que les mesures sanitaires ne seront pas suffisantes pour répondre aux crises exacerbées par la pandémie Covid-19, Amélie Poinssot de Médiapart, publie un article sur le même thème : «Pour prévenir les prochaines pandémies, on ne peut pas en rester à une approche médicale».
Elle s’appuie sur les arguments du biologiste virologue Benjamin Roche.
[https://www.mediapart.fr/journal/france/281220/pour-prevenir-les-prochaines-pandemies-ne-peut-pas-en-rester-une-approche-medicale?utm_source=20201228&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20201228&M_BT=2156037219469]

En effet, peut-on considérer que la vaccination solutionnerait, à long terme et à elle seule un problème qui est désormais largement reconnu : celui des modes de vie d'une partie de l'humanité qui exploite, bien au-delà du raisonnable, ‘’les ressources’’ de la planète, détruisant les biodiversités et la santé de l'ensemble du vivant ?

Ce gouvernement, ainsi que la plupart des États, n’envisagent comme défense face à la pandémie que la privation d’aller et venir de leurs populations. Sauf les travailleur-ses, évidemment, dont l’économie capitaliste a besoin ! La fermeture de certains commerces et celle de tous les lieux de culture et de santé publique !!! La distanciation sociale…

Tant d’économies, de personnes et de familles ainsi bouleversées au profit des grands groupes financiers qui sont probablement à la manœuvre politique. « Théorie du complot » diront-ils pour se dédouaner et enfumer les réflexions…

Quelle étude scientifiquement conduite a prouvé que des confinements partiels ont apporté une réponse efficace à la pandémie ? Certes, les courbes de contamination s’infléchissent durant ces périodes de grandes privations de libertés. Mais, à quel prix ? Quel prix !

N’y aurait-il pas d’autres méthodes, plus humaines ? Le port du masque (maintenant que nous en avons !) dans les espaces confinés ET lorsque la distance entre individus n’est pas possible ?

Faudrait-il survivre enfermés pour éviter que les systèmes de soins soient submergés ? En France, quelles mesures concrètes ont été prises pour améliorer les conditions de soins et d’exercice des professions médicales ?

Combien a coûté la mesquine ‘’économie’’ réalisée en ne maintenant pas le stock des masques constitué suite à la précédente épidémie de grippe ? Et en faisant fonctionner l’Hôpital à l’image d’une entreprise à flux tendus ?

Quel dramatique bilan de la privation de culture et d’activités physiques, des activités de santé sera-t-il possible de dresser ? Comment seront pris en compte les effets délétères des mises sous cloche des relations sociales ? [https://blogs.mediapart.fr/covivons/blog/051120/l-inconsequence-pour-gouvernance-0]

L’échange numérique d’informations et de ‘’fake news’’ ne fait pas société !
Maintenant que ce Coronavirus est là, faudrait-il interdire et interrompre toute communication humaine ?

Que nos ‘’gouvernants’’ ne veuillent pas dire que nous devons nous adapter à cette nouvelle présence virale, cela s’entend. Mais, ce n’est pas acceptable.
Il n’y aura pas de solution vaccinale pour revenir à un monde d’avant.

Nous devons organiser une nouvelle vie en société. Le masque est un outil efficace. Encore faut-il bien l’utiliser et il est inutile de l’imposer partout et toujours. En excluant les foyers familiaux, évidemment !

En terme de politique de santé publique, que signifient ces ‘’barrières’’ de 6 convives maximum par repas ? D’un couvre-feu quels que soient les horaires imposés ? Si ce n’est un projet politique de contrôle autoritaire de la population ? Autoritaire aujourd’hui, dictatorial demain ? Ou bien est-ce la réalisation démente de fantasmes psychotiques ?

Pourquoi le ‘’Conseil de défense’’ est-il gardé secret, dans sa composition et dans ses délibérations ? Il ne faudrait pas que le virus change de stratégie en étant informé ?!!!

Le pire est probablement à venir.
Une mauvaise solution d’hier ne peut devenir efficace demain. Et, l’autoritarisme n’a pas de limite… si ce n’est la révolte des dominés.

Il convient de le souligner à nouveau, ce gouvernement n’agit pas en fonction de la crise sanitaire mais pour servir les objectifs politiques de ses sponsors. Avec cet angle de vue, tout devient cohérent…

Pourquoi est-ce possible ? Parce qu’une majorité de personnes est tétanisée par le risque d’une contamination. Et parce qu’il leur semble inconcevable que notre démocratie ait été muselée…

La même lettre de Médiapart, du 28 décembre 2020, reprend l’excellent argumentaire de Paul Cassia, Professeur des Universités en droit, qui commente un jugement « Fermeture des théâtres et cinémas : comédie au Conseil d’Etat » en réponse à « la requête de professionnels d’un secteur d’activité qui contestent les mesures restrictives des libertés publiques prises au nom de la protection de la santé publique par le Premier ministre. » [https://blogs.mediapart.fr/paul-cassia/blog/281220/fermeture-des-theatres-et-cinemas-comedie-au-conseil-d-etat?utm_source=20201228&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20201228&M_BT=2156037219469]

Au-delà des arguments d’application du droit, le Professeur Cassia argumente, à juste titre, le manque de fondement et de rationalité de l’ordonnance de référé-liberté rendue par le Conseil d’État. « la fermeture au public des lieux culturels serait manifestement illégale « si elle était justifiée par la seule persistance d’un risque de contamination de spectateurs par le virus SARS-CoV-2 » (pt 13).

Comment, dès lors, le gouvernement a-t-il pu démontrer que la fermeture indérogeable et indifférenciée de tous les lieux culturels en France est, au jour de la décision rendue en référé par le Conseil d’État, encore nécessaire et « strictement » proportionnée à la situation sanitaire existant au 23 décembre, ainsi que l’exige le III de l’article L. 3131-15 du Code de la santé publique à propos des mesures réglementaires de mise en œuvre de l’état d’urgence sanitaire ? »
proportionnée à la situation sanitaire…
« ce rejet (des requêtes) a résulté d’une prise en compte orientée, temporellement et matériellement, des éléments du contrôle de la proportionnalité – c’est-à-dire de l’équilibre entre les avantages et les inconvénients – d’une mesure réglementaire de police administrative sanitaire. »
« le gouvernement est dans l’incapacité absolue de les évaluer, et le Conseil d’État ne lui demande jamais de le faire ! »

En effet, et de plus, comment évaluer les avantages et les inconvénients des privations de liberté ? Au rapport de forces politiques ? Demain, probablement…

Il ne s’agit pas de rester impuissant face à la pandémie et face aux conséquences pathologiques de la contamination au Sars-Cov-2. Une organisation démocratique mobiliserait toutes les forces vives de la Nation. Elle s’appuierait sur l’intelligence collective de citoyen-nes éduqué-es et informé-es. Cela changerait fondamentalement la perspective de résolution de crises… et, très certainement aussi, les comportements.

Mais, à l’inverse, cette Covid-19 révèle l’ampleur de la crise culturelle, celle de la culture scientifique des citoyen-nes et celle des (mauvais et privés) moyens de communication de masse de notre société. Les techniques de propagande et de marketing ont altéré, probablement durablement, les processus d’information qui vont de la recherche scientifique, des connaissances à l’éducation et à la formation.

« Le nombre quotidien de contaminations ne veut rien dire en lui-même - c'est une absurdité supplémentaire de l'avoir érigé en jauge ainsi que l'a fait le président de la République le 24 novembre 2020 en fixant un seuil arbitraire (et irréaliste) de 5 000 nouveaux cas/jour pour passer à une étape supplémentaire du déconfinement. Il doit être rapporté, pour avoir une signification objective, à celui des tests réalisés. » (voir les arguments dans le texte)

En guise de conclusion, empreinte de sagesse et lourde de menaces, Paul Cassia avertit :
« la question se pose sérieusement de savoir jusqu’à quand il est acceptable socialement, économiquement, culturellement, éducativement, psychologiquement, de vivre dans une approche sanitaro-centrée de la lutte contre le (la) covid-19.
De la mauvaise comédie au(x) drame(s), il n'y a souvent qu'une question de degré. »

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