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2 Avril 1871
Le quotidien conservateur Le Journal des Débats se réjouit aujourd’hui que les entreprises communeuses à travers la France aient avorté : « Le Journal officiel de Versailles nous donne ce matin de bonnes nouvelles de province. L’ordre est rétabli presque partout. Lyon, le Creusot, Perpignan et Toulouse sont rentrés dans le devoir par la répression ou par l’avortement de l’émeute ».
Quelques lignes plus loin, ce journal fait mine de s’offusquer du ton « belliqueux », du « verbe haut » des communeux dont il est persuadé de toute façon qu’ils représentent « l’émeute ». Et de publier, pour conforter son biais cognitif, de larges extraits d’une « feuille », la Sociale, qui appelle à marcher sur Versailles avant que les versaillistes ne « noi[ent] Paris dans le sang qu’ils brûle[ront] ensuite ».
Ce ton n’est rien au regard des insultes avec lesquelles les forces conservatrices agonisent la Commune. Les semaines qui viennent donneront raison à la Sociale, de toute façon. Mais la chose politique n’est pas affaire de faits autour desquels on tournerait jusqu’à se mettre d’accord. Non seulement on n’a pas les mêmes points de vue sur les faits, surtout on ne voit pas les mêmes faits du tout.
On imagine que les Communeux font le pari que l’exemple de leur action suffira à persuader, toujours est-il qu’on lit dans le Journal officiel de ce jour que les membres de la Commune plafonnent le salaire des employés municipaux, en s’incluant : « le maximum de traitement des employés aux divers services communaux est fixé à six mille francs par an ».
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