La gauche ne peut pas gagner et ne le mérite pas

Les différents courants de gauche se laissent définir par une droite qui ne trouve plus de limite. Leurs représentants non seulement laissent les militant·es, les citoyen·nes qui portent un espoir d’un monde plus juste et plus vivable insulté·es, mais ils regardent sans rien dire les plus fragiles de la société accablé·es par la droite. – Petit manuel à l'usage des partis de gauche pour emporter la bataille culturelle et à terme les élections...

Pochette de 33 tours sortie en 1974 Pochette de 33 tours sortie en 1974
« Comment se fait-il que vous vous soyez laissé·es enfermer dans ce type de caricature ? » demande ici[1] Ellen Salvi à des représentant·es politiques à propos de ces insultes délirantes qui agonisent les différents courants de gauche accusés de complicité avec on ne sait trop quoi.

Une gauche faillie

Et le fait est que la gauche se laisse accabler par une offensive des conservateurs et des réactionnaires surprenante. La droite accuse les militant·es anti-racistes de racisme, les anti-fascistes de fascisme, les féministes de sexisme, les républicains historiques d’anti-républicanisme, etc… et distrait chacun des principes et des idéaux sur lesquels s’appuient la gauche pour les retourner contre elle-même. C’est de bonne guerre. La chose est tellement habile, qu’elle tient forcément du comique. Que la droite et son extrême s’amusent à définir les combats de gauche dans des termes qui les discréditent, il se peut que cela soit la moindre des choses. La politique, surtout partidaire, est d’abord une entreprise publicitaire malhonnête et duplice qui se joue des mots, des idées, des formules. Mais il est inouï que ces différents courants de gauche se laissent définir par la droite, acceptent de rester enfermés dans ses cadres et même, en ce qui concerne les centristes, relaient leurs slogans en accusant à leur tour d’autres courants de ceci ou cela.

Ces représentants faillis des courants de gauche non seulement laissent les militant·es, les citoyen·nes qui portent un espoir d’un monde plus juste et plus vivable insulté·es, ils regardent sans rien dire les plus pauvres et les plus fragiles de la société accablé·es par une droite qui ne trouve plus de limite. Ce n’est pas seulement qu’il est aujourd’hui honteux de se revendiquer des valeurs de progrès social dans ce pays, c’est que défendre avec force et fierté celles et ceux qui sont menacé·es au quotidien par la férocité des conservateurs et des réactionnaires est chose inaudible.

Ainsi au cours d’un débat entre différentes têtes de listes concourant aux élections régionales en Île de France, le politicien d’extrême droite a-t-il pu affirmer tranquillement, sans rencontrer le moindre obstacle, que 90% des vols « sont le fait d’étrangers ». Aucun·e des quatre représentant.e des gauches face à lui n’a trouvé utile de rappeler qu’avec un taux de résolution des affaires très bas, 26,24% à Versailles[2] et 19,82% à Saint Denis[3], si on tenait ce chiffre de 90% pour établi, on devrait parler de 90% des 20% d’affaires élucidées… Le slogan commence déjà à s’émousser. Mais surtout si on regarde le bilan de 2020 du ministère de l’Intérieur, disponible à qui veut le consulter[4], toujours, donc, en ce qui concerne les affaires élucidées, on trouve le chiffre de 21% des étrangers mis en cause pour des vols violents avec armes, contre 79% de français. Alors que les personnes étrangères sont bien davantage victimes : « 19 % des victimes ont une nationalité étrangère, dont 9 % de nationalités d’un pays d’Afrique (sic on ne sait pas pourquoi le ministère semble particulièrement intéressé par les étrangers venus du continent africain). Elles sont fortement surreprésentées puisque les personnes de nationalités étrangères représentent 7 % de la population vivant en France ».

Ce que ni le ministère de l’intérieur ni l’extrême droite semblent vouloir questionner, par ailleurs, c’est le lien avec la catégorie sociale. Et si les étrangers étaient surreprésentés dans les crimes des pauvres, on aimerait connaître le pourcentage d’étrangers qui commettent des crimes de riches, comme l’évasion fiscale ou l’abus de biens sociaux. Mais le ministère ne se penche pas sur les criminels en col blanc, comme ils sont appelés, dans son bilan sur la délinquance. Au plus apprend-on que les français commettent 88% des escroqueries. On ne saura rien sur les délits d’initiés, les prises illégales d’intérêt ou les trafics d’influence dans ce rapport, rien non plus sur les patrons ou les propriétaires pourris.

On aimerait connaître aussi les moyens de police et de justice déployés pour poursuivre des malheureux et ceux destinés à s’attaquer aux plus puissants. Enfin, puisque l’extrême droite cherche à faire le lien entre délinquance et étrangers, il est important de se demander si la police et la justice ne se montrent pas plus promptes à poursuivre et à condamner ces étrangers : « un étranger a trois fois plus de risques d'être jugé en comparution immédiate, cinq fois plus de risques d'être placé en détention provisoire et huit fois plus de risques d'être condamné à de la prison ferme », peut-on lire dans un article[5] qui revenait sur cette marotte fabuleuse de l’extrême droite.

Au fait, on aurait aimé entendre l’un·e de ces quatre représentant·es de gauche saisir la perche tendue par l’extrême droite pour parler du racisme systémique de la police et de la justice ou encore de l’injustice sociale. Mais j’imagine qu’iels auront eu peur de contrarier les conservateurs et les réactionnaires. La gauche est couchée sans qu’on sache tout à fait si elle se repose, se tétanise ni même si elle respire encore.

Et ce qui se démontre sur un point précis, un chiffre malhonnête lancé par l’extrême droite, se constate sur tous les sujets qui occupent le champ politique. La gauche est disparue, muette, honteuse. Et je comprends bien comme l’accusation est injuste pour ces militant·es qui se donnent tant de mal au quotidien et sans doute désespèrent. Mais pour autant, on le sait bien, les conservateurs et les réactionnaires produisent un bruit qui assourdit le pays, recouvre et étouffe les paroles de gauche.

Je voudrais regarder du côté d’une gauche qui avait disparue dans un pays où « socialiste » et « communiste » étaient encore il y a peu des insultes disqualifiantes qui clôturaient un débat, et qui a retrouvé son rouge aux joues, la gauche états-unienne. 59%[6] des états-unien·nes se prononcent en faveur d’une augmentation, du doublement précisément, du salaire minimum. 63%[7] soutiennent l’idée d’une assurance publique de santé. Les idées comme les figures de gauche s’imposent chaque jour un peu plus dans un pays qui, il n’y a pas si longtemps, pourchassait avec rage les gauchistes.

Il me semble que son rebond tient sur deux ressorts, si je puis dire, ses liens renforcés avec la société et les militant·es d’une part et d’autre part quelque chose qui n’est pas une union, certainement pas des ententes de personnes, mais une organisation qui a permis de faire entendre un message clair et convaincant.

 La « bataille » culturelle

En prenant la tête de ce qui était à l’époque une force incontournable, celle qui fabriquait les élue·es, le parti socialiste, Martine Aubry insistait sur la nécessité d’un « laboratoire des idées », « où nous allons discuter et réfléchir, avec des intellectuels, des experts, des syndicalistes, des membres des associations… »[8]. On ne sait pas ce qu’il est advenu de cette convergence. Mais l’idée était là et elle semble avoir fait long feu. Les chercheur·es, qui mettent au point des notions qui désignent les blocages de la société et permettent de les démonter ; les militant·es qui organisent les remontées du terrain, selon l’expression, et exercent leur pression obstinée, en prenant appui sur ces dites notions ; et les politiques, qui font fonction de représentation, ouvrent la fenêtre d’Overton sur les notions et les sujets qui sont acceptables dans le débat public et qui, au fait, sont ceulles qui prennent les décisions, sous la pression des militant·es et des citoyen·nes, ne se parlent plus. C’est le cœur de ce qui est appelé la bataille culturelle, cette bataille que les gauches françaises ne mènent plus.

Je voudrais prendre un exemple. Je voudrais considérer la notion de « racisme institutionnel » ou « racisme d’État ». C’est une notion sur laquelle s’attachent tant de recherches depuis tant de décennies. Michel Foucault, qui semble faire autorité dans tous les courants de pensée, jusqu’aux plus conservateurs, l’employait déjà dans ses leçons au Collège de France en 1976. Et, comme toutes les notions mises au point par la recherche, elle a aussi vocation à choquer les habitudes de penser et de paroles. Elle va servir aux chercheur·es à désigner des points de blocage ; aux militant·es à convaincre ; et à la société à prendre conscience et, sait-on jamais, à évoluer. Mais le sort qui est fait à cette notion aux Etats-Unis et en France est bien différent et semble comme le symptôme de la défaite quant à la « bataille » culturelle des gauches dans ce dernier pays.

Au cours de la primaire démocrate aux Etats-Unis pour désigner la ou le candidat·e à l’élection présidentielle, une impétrante de centre gauche, Kirsten Gillibrand, a été interrogée par une femme blanche sur une des notions mises au point par les études sur le « racisme institutionnel », celle de « privilège blanc » dans une région « déprimée par la désindustrialisation et la crise des opioïdes »[9]. En substance, on comprenait que cette citoyenne ne se considérait pas comme privilégiée, du tout. Kirsten Gillibrand, mise au défi par une question qui semblait vouloir opposer la détresse sociale des un·es aux discriminations qui accablent les autres, convoquée au lieu où doivent se rencontrer les recherches universitaires, les combats militants et la vie au jour le jour des citoyen·nes, a pris le temps de la pédagogie en rappelant, par exemple, que dans son pays le taux de mortalité des femmes noires en couche est quatre fois supérieur à celui des femmes blanches, parce que le personnel soignant ne sait pas prendre au sérieux les alertes des patientes noires et en répétant à plusieurs reprises qu’un combat n’exclue pas un autre : « Cela ne vous retire rien à vous. Simplement, nous devons reconnaître la détresse dans toutes ses formes et s’y attaquer partout, obstinément, avec la conscience de ce contre quoi nous luttons ».

L’aile progressiste des démocrates, animée par, entre autres, les sénateur·rices Elizabeth Warren ou Bernie Sanders, les représentantes Alexandria Ocasio-Cortez ou encore Ilhan Omar, est la plus en pointe, qui défend les projets les plus ambitieux de justice sociale et environnementaux en prenant appui sur nombre d’études critiques qui questionnent un système, c’est-à-dire des rapports de forces et de pouvoirs, à ce point injuste, mais on voit que ces recherches imprègnent donc jusqu’au centre du parti. De même pour les théories de genre qui infusent la société au point que chaque candidat·e démocrate précise aujourd’hui à quels pronoms iel s’identifie. La chose tient plus de la curiosité ou de l’artifice, la réalité est encore à la peine contre une hétéronormativité qui tient bon et les candidat.es transgenres ou ceulles non-binaires restent l’exception, mais enfin qu’un·e candidat·e « modéré·e » se croit obligé·e de donner le change, montre bien l’étendue du terrain culturel occupé par la gauche dans le débat public états-uniens. Ceulles qui s’inquiéteraient des dangers d’un « extrémisme » d’une gauche hégémonique peuvent se rassurer : les démocraties sont censées organiser les délibérations et le contradictoire et le système soit disant menacé est coriace, l’homme blanc hétérosexuel bourgeois dort toujours tranquillement.

Et c’est bien de délibérations et de contradictoire dont la France se prive, qui choisit d’ignorer, même de censurer la notion de « racisme d’État ». Plutôt que de la poser dans le débat public, de dérouler les fils de la pelote et d’en rencontrer les limites, la notion semble comme interdite. Ceulles qui s’attachent à ces études paraissent discrédité.es par avance : « les critiques s’apparentent le plus souvent à des tentatives de délégitimation tantôt de la gauche intellectuelle dans son ensemble — accusée de militantisme, de faire le jeu des identitaires, d’attenter à la pensée universelle —, tantôt des intellectuels « minoritaires » soupçonnés de manquer d’objectivité, tantôt des deux à la fois » regrettent des chercheur·es[10] qui souhaiteraient un débat de fond, qui questionnerait leurs méthodes ou leurs biais. Si les objections sont forcément nécessaires, un mépris qui balaie d’un revers de la main, une gifle donc, tant d’années de recherches et de militantisme tient forcément de l’obscurantisme.

C’est la faillite des représentant·es des gauches en France de ne pas savoir se faire le relai des recherches les plus pertinentes, d’ouvrir ce qu’il est possible de dire dans le débat public et ce faisant de récupérer ce terrain d’idées avalé par les conservateurs et les réactionnaires. C’est la faillite de ces représentant·es de ne plus représenter ni les chercheur·es, ni les militant·es, ni les citoyen·nes bien plus avancé·es dans leurs réflexions. Dans quels anciens temps ces politicien·nes ont-iels commencé leur longue hibernation ? Le décalage entre les idées qui s’échangent dans la vie de tous les jours, les réalités qui sont vécues, les luttes sur le terrain, avec la parole politicienne est aussi incongru que si on voyait ces élue·es et ces impétrant·es, par exemple, vouloir prendre un selfie avec un minitel. Les politiciens ne parlent pas du monde dans lequel on vit.

 

Une organisation militante

C’est donc des représentant·es de gauche en France déconnecté·es des préoccupations citoyennes et militantes, sans projet, sans idée qui se lancent dans des courses électorales qu’iels ne croient pouvoir gagner qu’à la condition de s’aveugler sur leurs propres mérites. Pire, par un jeu de compétition partidaire, plutôt que de s’attacher à déployer un programme, les voilà qui s’occupent à détruire les autres courants de gauche, dans l’espoir d’être ceulles qui rafleront la maigre mise des derniers électeurs·rices qui ne sont pas encore tout à fait dégoûté·es.

Un journaliste a eu l’astucieuse idée[11] de présenter les idées d’un économiste dont le succès est, précise-t-il, « planétaire » à ces différents partis de gauche… pas un seul n’en fait son miel, tous les balaient. Plutôt que de récupérer ces idées, les façonner, les transformer, les trianguler au besoin, mais en utiliser le succès pour les poser comme jalons et repères, chaque parti se concentre, avec la satisfaction de soi des benêts, sur des propositions qui ne trouveront aucun écho dans une société qui s’affaire ailleurs et que les concurrents de gauche ne manqueront pas de torpiller de toute façon.

Au détour d’un article, ici[12], là[13], on apprend que telle ou tel impétrant·es n’ont même plus pour ambition de s’adresser à toutes les gauches mais se cantonne joyeusement à un « couloir » entre tel candidat et telle autre, celui-ci plus à gauche, celle-là plus au centre.

De l’autre côté de l’atlantique, si la démocratie, déjà très inachevée, est amenée à faire face à une crise spectaculaire, 70% des républicains[14] contestent la sincérité des élections qui viennent de se tenir et, par ailleurs, l’influence de plus en plus grande des lobbys dans le financement des campagnes constitue une menace certaine, les idées et les figures progressistes semblent imprégner la société assez pour qu’on se penche sur ce succès, certes relatif.

Ce que la convergence des travaux universitaires, de l’action farouche des associations militantes (Justice Democrats, Sunrise Movement, the Indivisibles…) et du personnel politique ont permis, déjà, c’est de faire émerger des propositions, des marqueurs qui résonnent dans la société. On peut citer les propositions que la gauche défend : le doublement du salaire minimum ; la gratuité des universités ; l’assurance de santé publique ; un projet ambitieux de lutte contre le réchauffement climatique… Et on peut les citer parce qu’elles se sont imposées dans le débat public, sans qu’on sache si c’est d’abord par la pression des associations qui forcent les candidat·es à se situer, ou si en offrant leurs versions de ces propositions, ces candidat·es contribuent à les ancrer dans la conversation.

Plutôt que d’intriguer en mettant au point des alliances secrètes, où s’échangent bouts de programme contre postes, les démocrates étas-unien·nes sont convoqué·es publiquement sur ces marqueurs, sur ces objectifs, libres aux électeur·rices de choisir ceulle qui paraît en mesure de les porter le plus avant.

Je veux prendre un exemple. Medicare for all, Medicare pour tou·tes. Medicare est un programme qui propose une assurance santé publique aux plus de 65 ans. Dans sa volonté d’offrir une couverture publique pour tou·tes, et de rassurer ceulles que l’ambition pourrait effrayer, le sénateur Bernie Sanders a eu l’idée de prendre ce programme simple et populaire et de proposer de l’ouvrir à tout.es. Cette idée sert de marqueur aux mouvements de gauche. Chaque candidat·e est appelé·e à se prononcer pour, contre, un peu, beaucoup… Bernie Sanders soutenait l’idée, quand d’aucun la trouvait trop ambitieuse, trop vague pour être réalisable ; Elizabeth Warren proposait un plan par étapes, plus crédible pour certain.es, peu convaincantes pour les soutiens de Sanders, persuadés qu’elle ne parviendrait pas à les franchir toutes ; Pete Buttigieg, peu enclin à ouvrir la fenêtre d’Overton, avec une ruse dont les centristes ont le secret, proposait « Medicare pour tous… ceux qui veulent » et donc plus pour tout le monde, etc. Le marqueur était clair pour les électeur·rices ; les positionnements des candidat·es simples à évaluer et l’idée s’ancrait à chaque prise de parole.

Ainsi, au cours d’un des débats de la primaire démocrate à l’élection présidentielle, l’astucieuse question, qui permettait de prendre la mesure de l’engagement des impétrant·es, à été posée : Mettrez-vous fin aux assurances privées de santé ? Bernie Sanders, Elizabeth Warren furent les seul·es à être convaincu·es que, forcément, l’assurance privée n’aurait plus d’utilité avec une couverture publique universelle. On comprenait que les propositions des autres candidat·es n’avaient pas une ambition universelle. Une dernière candidate, Kamala Harris, parut se ranger du côté des plus progressistes, pour revenir sur sa position le jour suivant, dans un mouvement confus qui lui aura sans doute coûté la primaire.

Là, on peut parler de rassemblement. Quand chacun·e semble aller dans la même direction, celle-là à grand pas, celui-ci timidement, mais quand même, tout·es dans un mouvement plus ou moins cohérent. De la même façon, quand, une fois élu, tel candidat semble tenter de renoncer à ces idées les unes après les autres, ces mêmes marqueurs sont là qui servent de points d’appui aux citoyen·nes pour exercer des pressions et repérer quel·les sont ceulles qui se font obstacles. On l’a vu récemment avec l’augmentation du salaire minimum, promise dans le plan de réponse du président Biden à la crise sanitaire, économique et sociale qui travaille le monde, à laquelle se sont opposés 8 sénateurs démocrates centristes.

En plus de poser des objectifs clairs, de servir de points de rassemblement des citoyen·nes, des militant·es et des chercheur·es, ces marqueurs offrent leur grille de lecture, d’évaluation même, de l’action des politiques. Ils renforcent la démocratie états-unienne, qui la rapprochent, certes timidement, de quelque chose comme un mandat impératif.

Ce que les partis qui se réclament du progrès social en France doivent faire, ce dont ils ont l’obligation, c’est de s’entendre sur 10 marqueurs, 10 objectifs communs, que chacun·e viendra faire sien·ne, avec ses traditions, ses références, ses familiarités. Le rassemblement ne consiste pas, ne peut pas consister en des accords de personnes intoxiquées par le présidentialisme, qui se rêvent avec infatuation en sauveur·se providentielle et tentent d’imposer des idées qui ne trouvent pas d’écho dans une société occupée de toutes façons par les paroles bruyantes et maudites des conservateurs et des réactionnaires. 10 marqueurs, 10 objectifs que chaque candidat·e viendra à son tour marteler à mesure qu’iel en décline sa version, qui permettront de donner à entendre un message clair ; de donner à voir des forces de progrès qui partagent les mêmes objectifs ; de préparer le rassemblement ; et d’offrir aux citoyen·nes autant de possibilités de lire l’action politique et de demander des comptes.

[1] https://www.youtube.com/watch?v=BzfEwwamxmU

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Versailles

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Denis_(Seine-Saint-Denis)

[4] https://www.interieur.gouv.fr/content/download/127248/1017190/file/Ins%C3%A9curit%C3%A9%20et%20d%C3%A9linquance%20en%202020%20-%20bilan%20statistique.pdf

[5] https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/les-etrangers-sont-ils-surrepresentes-en-prison-comme-l-affirment-marion-marechal-et-eric-ciotti_4094393.html

[6] https://thehill.com/changing-america/respect/poverty/540599-most-americans-back-raising-federal-minimum-wage-to-15-poll

[7] https://www.pewresearch.org/fact-tank/2020/09/29/increasing-share-of-americans-favor-a-single-government-program-to-provide-health-care-coverage/

[8] Déclaration de Mme Martine Aubry, première secrétaire du PS, sur la feuille de route des socialistes pour les mois à venir, Paris le 1er février 2009.

[9] https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/7/12/20691717/white-working-class-kirsten-gillibrand-white-privilege-institutional-racism

[10] https://fr.wikipedia.org/wiki/Racisme_d%27%C3%89tat#cite_note-Garneau6-73

[11] https://www.mediapart.fr/journal/france/160920/malgre-le-succes-planetaire-de-thomas-piketty-la-gauche-francaise-reste-dubitative

[12] https://www.mediapart.fr/journal/france/271220/anne-hidalgo-se-prepare-pour-2022-en-divisant-gauche

[13] https://www.francetvinfo.fr/politique/yannick-jadot/presidentielle-2022-il-va-falloir-une-candidature-de-rassemblement-entre-melenchon-et-macron-affirme-yannick-jadot_4291137.html

[14] https://fivethirtyeight.com/features/most-republicans-still-wont-accept-that-biden-won/

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