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7 Avril 1871
Le temps des négociations, l’espoir de conciliation semblait hier révolu.
Une longue adresse dans le Père Duchêne vient confirmer ce changement d’attitude et permet de prendre la mesure de l’impatience, de la colère de certains républicains et socialistes.
Pour ce journal, le combat qui se joue est « déterminé » : « Ce n’est pas seulement la lutte d’un parti contre une faction, mais la revendication des déshérités contre les repus ». Et ce combat est une lutte à mort, une « guerre d’extermination » : « Si vous ne triomphez pas, vous êtes foutus ». La feuille communeuse prend à parti les membres du conseil : « Brisez toutes résistances ! Arrêtez tous les traitres ! ». Et, après avoir pleuré ceux qui sont « morts pour la Révolution sociale », pour « la cause du droit et de la justice », face à la brutalité versailliste, suggère l’idée à la Commune d’autoriser un « braconnage de guerre » : « une prime pour ceux qui rapporteront dans leur gibecière une tête de roussin ».
Mais cette « détermination » n’est pas partagée par l’ensemble des républicains et des socialistes. Les divisions se font jour encore un peu plus. Et le quotidien républicain Le Rappel fustige, lui, une des mesures de ce nouveau visage, autoritaire, que montre la Commune, celle de la suppression de journaux de l’opposition : « On supprime les journaux ! On porte atteinte à la liberté de la presse ! Cette liberté pour laquelle nous avons si longtemps et si ardemment combattu ! Les Débats suspendus ; Paris-Journal, d’autres encore ! Pourquoi ? Ce sont des journaux ennemis ? Qu’importe ? Tout le monde n’a-t-il pas le droit de dire son opinion ? »
Le Cri du Peuple, le journal de Jules Vallès, un membre de la Commune, rapporte qu’au cours d’une réunion de « nombreux membres de la Commune protestent contre la mesure prise par les membres du Comité de sûreté générale, à l’égard des journaux supprimés hier matin ».
Acculés, poussés dans leurs retranchements, certains membres de la Commune renoncent-ils à des principes qui semblaient au cœur de leur combat, ceux de démocratie et de liberté ? Ou l’urgence de justice sociale s’impose-t-elle sur tout autre principe ? De quelles marges de manœuvres, de quels leviers, de quels recours disposent-ils, de toute façon, face à un gouvernement qui s’obstine ?
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