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14 Avril 1871
Le journal la Commune relate les combats en cours aux portes de Paris : « A Neuilly, offensive vigoureuse et victorieuse » ; « à Asnières, quatre mille hommes cernés et prisonniers dans l’île » ; à « Issy et à Vanves, positions inexpugnables ».
Le titre dénonce « la cruauté des bombardeurs de Versailles », qui « lancent des engins » qui atteignent l’intérieur de Paris. Au marché des Batignolles, « un grand nombre de femmes et d’enfants venus là pour faire leurs provisions » a été blessé et tué.
Ses colonnes s’étendent aussi sur « l’héroïsme des femmes ». On loue le courage d’une « jeune cantinière », « presqu’une enfant » qui « n’a cessé de mettre le feu à un canon », et d’ajouter : « avec une crânerie mutine » malgré la « pluie d’obus » qui tombaient autour d’elle.
On apprend plus loin que la « citoyenne » Louise Michel, dont on rappelle qu’elle a combattu si « vaillamment aux Moulineaux » a été blessée au fort d’Issy.
Mais c’est surtout une longue tribune de la socialiste et anarchiste qui signe André Léo qui marque l’édition du jour. Sous le titre « Toutes avec Tous », elle rappelle que les femmes, n’étant pas de « simples phénomènes végétatifs », ressentent « les mêmes passions que les hommes ».
Pour l’autrice, les femmes veulent prendre toute leur part au combat : « elle sont remplies de bonne volonté, d’ardeur ». Celles qui se battent déjà sont « enthousiastes, anxieuses, ardentes, l’œil plus rempli de feu que de larmes ». Mais tant de femmes, qui ne peuvent pas prendre les armes, « souffrent de leur inaction » et veulent pouvoir rejoindre la lutte autrement.
André Léo propose aux Communeux de laisser les femmes s’inscrire soit pour le combat, soit pour porter secours aux blessés, soit pour tenir des cantines ambulantes. Et d’ajouter : « les femmes s’inscriront en foule, heureuses d’utiliser la sainte fièvre qui brûle leur cœur ».
Elle a recours à un dernier argument pour achever de convaincre des hommes qu’on imagine réticents : face à la « calomnie » versailliste qui dépeint les communeux en « factieux », le spectacle des femmes aux côtés des hommes serait une preuve que la lutte est portée par « un peuple entier », « dont la conscience, soulevée contre une oppression ignoble, crie par la voix de ses femmes aussi bien que de ses hommes : mort ou liberté ! ».
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