Commune : 17 Mai 1871

La tournure autoritaire du Comité de Salut public accélère la fin de la Commune...

05-17
17 Mai 1871

 

Depuis quelques jours, les décrets pris par le Comité de salut public ont remplacé les mesures que votaient les membres de la Commune, que publie le Journal officiel. Au fil des décrets et des annonces, on comprend que le Comité a pris le pas sur une Commune disparue.

C’est à consolider et renforcer leur pouvoir que les membres du comité s’attachent, qui nomment d’abord les hommes à des postes stratégiques et, surtout, verrouillent les libertés.

Ainsi le Comité de salut public décide d’arrêter tout citoyen qui ne serait pas muni de papiers d’identité, sur le soupçon qu’il pourrait être un agent versailliste. Il supprime encore des journaux d’opposition. Et il menace, en évoquant la loi des otages, ce décret du 5 avril qui prévoit de répondre à l’exécution des communeux par les versaillistes par la mort d’un nombre double d’otages. Le quotidien républicain le Rappel, qui se réjouit que cette mesure n’ait pas encore été appliquée, veut croire que son évocation n’est qu’une simple intimidation : « Non ! La Commune ne déshonorera pas sa cause par un talion qui ferait horreur au droit républicain ».

François-Victor Hugo lance un appel alarmé dans le Rappel contre cette direction autoritaire que semblent vouloir emprunter les hommes du Comité et met en garde : « nous reverrons le renversement des statues royales, les razzias de suspects, les arrestations arbitraires, les perquisitions domiciliaires, les suspensions de journaux ». Il regrette d’autant plus cette tournure que jusque-là la Commune se montrait exemplaire. Et de prendre pour preuve le rapport qui revient sur la gestion financière de Paris depuis quarante jours, qui contredit « les calomnies versaillaises qui représentent le mouvement municipal comme le triomphe du pillage et du vol ». Mais voilà, même le délégué aux finances, Jourde, loué par l’auteur, a démissionné pour protester contre la création du Comité de salut public. Hugo fils, décidément, tempête et invite avec toute sa vigueur à revenir aux idées : « renouvelons la politique, bâtissons-la désormais, non plus sur les expédients, mais sur les principes ».

Face à cette concentration des pouvoirs dans les mains de ce Comité, revendiquée dans les attendus des décrets publiés, les membres de la minorité font le constat de leur impuissance. Ils comptaient lire une déclaration au conseil, mais le dissentiment est tel que les membres de la majorité n’ont pas voulu les honorer de leur présence. Ils prennent à partie l’opinion en publiant leur manifeste dans plusieurs journaux, qui dénonce la création du Comité de salut public : « la Commune de Paris a abdiqué son pouvoir entre les mains d’une dictature à laquelle elle a donné le nom de Comité de salut public ». Ils annoncent refuser de siéger à l’Assemblée et rejoindre leurs arrondissements.

  

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