Commune : 18 Avril 1871

Aujourd'hui, les difficultés s'accumulent pour la Commune...

04-18
18 Avril 1871

 

Ce sont, aussi, des difficultés de l’organisation de la vie quotidienne qui accablent la Commune. Hier, le nouveau pouvoir municipal déplorait dans son Journal officiel l’abandon des ateliers « par ceux qui les dirigeaient » avec pour conséquences « de nombreux travaux essentiels à la vie communale » qui « se trouvent interrompus ». Certes, les communeux sont inventifs et tentent déjà de répondre par la constitution de « coopératives ouvrières ». Mais le projet n’est pas lancé que c’est à la désertion des professeurs de l’École de médecine qu’il lui faut s’attacher aujourd’hui, ou encore au refus des huissiers « d’instrumenter, même dans les affaires purement civiles ou commerciales ». Des pans entiers de la société se font réfractaires, qui refusent à la ville sa vie de tous les jours, par le blocage, donc, ou la spéculation. Le Père Duchêne maudit les « jean-foutres de bouchers qui augmentent la viande » et « les marchands de denrées qui spéculent ».

On se doute que la bourgeoisie refuse son concours aux communeux, inquiète du projet socialiste dont elle les croit porteurs. Pourtant, paraît aujourd’hui un décret dans le Journal officiel qui aurait dû la rassurer. Depuis le siège, les dettes des ouvriers, des artisans et des petits commerçants s’accumulent. La Commune, loin de les effacer, choisit le compromis de les étaler pour ne pas effrayer le capital. Mais rien n’y fait.

Et la tâche du pouvoir municipal est d’autant plus compliquée, que les combats se poursuivent aux portes de Paris. Le quotidien centriste le Temps résume : depuis le 11 avril, « il ne s’agissait plus de coups de feux ni d’escarmouches, c’était la guerre acceptée des deux parts ». Les rédacteurs du Cri du Peuple annoncent n’avoir plus « ni le temps ni le courage de rédiger » des articles « dans cette odeur de poudre et cette tempête de canons ». Victor Hugo prend sa plume et publie dans le Rappel un poème, « un cri », qui supplie les belligérants d’arrêter :

« …c’est le deuil qui sort de vos succès.

Chaque coup de canon de Français à Français

Jette, – car l’attentat à sa source remonte, –

Devant lui le trépas, derrière lui la honte… »

  

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