du montage...

 

C’est le moment du montage, c’est-à-dire c’est le moment où nous nous retrouvons confrontés à nos choix et que nous constatons ce qu’il se passe…

  Nous avons donc, à partir des hypothèses sur lesquelles nous nous étions arrêtés, décidé de laisser libre chacun des éléments – image, scénario, acteurs, son, etc. – du film ainsi que le spectateur lui-même. Notre travail ne consiste plus à faire que l’acteur mette en valeur le scénario, que l’image mette en valeur l’acteur et que le son renforce l’image, etc., pour imposer un point de vue fermé au spectateur. Chacun des éléments suit son propre cours et vient croiser, répondre ou contredire l’un ou les autres éléments. En quelque sorte, dans l’organisation du film, nous organisons aussi une Commune.

  Ce que nous avions hâte d’observer sur notre table de montage ; la question qui nous tracassait, c’était : est-ce que les rencontres ont lieu, est-ce que les éléments se répondent ? Et il se trouve que… oui et parfois d’une façon que nous n’avions pas vu venir… Par exemple le scénario qui rencontre les images de Paris aujourd’hui, qui se promène dans les lieux qui ont été habités par les événements de la Commune paraît venir demander des comptes à sa mémoire… Par exemple encore, il a l’air de se tisser quelque chose entre les acteurs et l’histoire que je ne saurais même pas décrire, tant la chose semble fine et délicate…

  Notre travail de montage est donc assez minutieux, qui consiste plus à un équilibrage entre les éléments… En laissant libre chacun d’eux, nous les questionnons forcément, nous les livrons à l’observation et à l’étude… qu’est-ce que c’est une image ?, qu’est-ce que c’est un acteur ?, etc. Sans doute cela nous aura forcé à être plus précis quant à la technique de chacun de ces éléments, puisqu’on ne peut pas cacher ses faiblesses en le recouvrant par un autre… Je ne sais pas bien expliquer la chose… Disons qu’ils sont mis à nu… Je ne sais pas… C’est intuitif, tout ça… Bref… Le montage va consister à faire que chaque élément puisse suivre son cours sans être ramassé, déchargé ou subsumé par un autre élément…

  Bon, je me rends compte qu’il va falloir que je raconte le film maintenant, que je fasse une présentation claire de notre projet, parce que ça devient de plus en plus abstrait ce que j’écris sur ce blog, alors que le film lui-même est si simple…

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