C.P. (avatar)

C.P.

Abonné·e de Mediapart

91 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 mai 2021

C.P. (avatar)

C.P.

Abonné·e de Mediapart

Commune : 23 Mai 1871

Les journaux interrompent leur tirage : l'attaque générale a commencé.

C.P. (avatar)

C.P.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1

23 Mai 1871

« L’attaque générale a commencé » annonçait hier le Cri du Peuple. Le Siècle « interrompt [son] tirage » pour publier la nouvelle : « La porte de Saint-Cloud vient de s’abattre sous le feu de nos canons », « les troupes entrent dans Paris, sans résistance ».

« L’assaut », « guerre des rues » sont les titres qui mangent les feuilles des journaux aujourd’hui. Les troupes versaillistes ont profité d’une faille ans les remparts qui protégeaient Paris jusque-là pour l’envahir.

Et le journal le Gaulois de décrire leur avancée : « Nos troupes, dont l’élan est irrésistible, après s’être assises dans la place de la Concorde, se sont portées vers les boulevards et la rue de Rivoli »…  ; « Les insurgés, pris entre les feux de la rue de la Paix et ceux de la rue de Rivoli, ont évacué la place Vendôme »… ; « Nous y sommes installés, ainsi qu’au Ministère des finances »… ; « Les Tuileries sont en notre pouvoir »… ; « Il est probable que cette nuit nos soldats prendront l’Hôtel de Ville »…

Pour le Cri du Peuple, c’est la République qui est en jeu. Et c’est un « indéfinissable sentiment d’orgueil » qui l’emporte « à cette heure terrible où nous jouons notre liberté, notre vie, le salut et l’avenir de la République ».

Au Rappel, on se désespère. Alors que le journal n’a pas cessé « un jour et une heure » d’implorer « la paix et l’accord », il voit ses espoirs s’effondrer aujourd’hui. « Recommander la conciliation à Versailles ? ce serait lui demander grâce ; la recommander à Paris ? ce serait l’affaiblir dans son courage et le blesser dans son honneur. » Et de déplorer : « Il est trop tard ! Il est trop tard ! nous n’avons plus qu’à jeter ce cri désespéré et à laisser en silence couler à flots le sang de notre cher Paris, de notre pauvre patrie ».

On frémit. Sur les quelques 900 barricades que les parisien•nes ont fabriquées de pavés ou de sacs de sable et parfois de matelas, d’omnibus ou de rouleaux de papier, la moitié, les plus petites, sont abandonnées. Va tenir coûte que coûte une centaine de plus grandes constructions. On se recroqueville à la pensée de la violence que les jours qui viennent vont déchaîner.

Voir le film : https://vimeo.com/ondemand/lacommunedeparis

Facebook : https://www.facebook.com/LeJournaldelaCommune

Website : http://claudeperes.com/Commune150/

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.