Le mot "Commune" et autres questions bêtes...

A suivre, sur plusieurs mois, le quotidien de ces personnages, j’ai été amené à me poser toutes sortes de questions bêtes. J’ai déjà besoin que les choses, même les plus abstraites, soient posées concrètement pour que je les retienne, je ne sais pas si c’est un handicap ou non, mais là alors…

A suivre, sur plusieurs mois, le quotidien de ces personnages, j’ai été amené à me poser toutes sortes de questions bêtes. J’ai déjà besoin que les choses, même les plus abstraites, soient posées concrètement pour que je les retienne, je ne sais pas si c’est un handicap ou non, mais là alors…

  Par exemple, combien gagnent les gens, combien coûtent les choses. J’ai une profusion de listes de prix dans mes notes. Quand paie-t-on le loyer, à la semaine, au mois… ? J’ai besoin de le savoir pour comprendre comment tel personnage va organiser son budget… (La réponse est par trimestre)…

  Ca m’a permis de tenter une réponse à quelque chose qui revient souvent dans les documents sur la Commune, à savoir si oui ou non les parisiens ont mangé du chat et du chien pendant le siège, quelques mois avant la Commune… J’ai trouvé beaucoup de témoignages qui confirment qu’on en vendait, mais personne pour dire en avoir ne serait-ce que goûté. J’ai regardé les prix. Un chat coûtait plus d’une journée de travail d’un ouvrier… Sachant que le travail manquait, mon hypothèse est que la chose est restée anecdotique…

  Il y a une question bête que j’ai failli ne pas me poser. La plus bête de toute, et donc, forcément, ma préférée. On lit comme ça des choses et des choses, les fils se déroulent, on se laisse emporter et à un moment on s’arrête et on se dit : « Minute ! Qu’est-ce qu’on entend par ‘Commune’ au juste ? »…

  On croit que la réponse est toute trouvée : la Municipalité… Commune, municipalité, munir, immunité… C’est la même racine qu’on retrouve, sans que je sache très bien si ça parle plus de devoirs ou d’échanges… Oui, mais… eh bien… Non… Ou pas que…

  C’est qu’il y avait plusieurs courants chez ces Républicains, des socialistes collectivistes, pour qui le mot Commune s’entend forcément par la mise en commun et des socialistes fédéralistes ou autogestionnaires, dont on trouve les dernières traces de vie dans une brochure du PS, « Le poing et la Rose », de mai 1975, dont les propositions radicales font qu’on s’y prend à deux fois pour lire les signatures (Rocard, Cresson, Mauroy, Mitterrand…)…

  Le mot Commune pour certains, c’est le droit pour le peuple de Paris d’élire son conseil municipal, droit dont dispose n’importe quelle municipalité et qu’on lui refuse depuis toujours… Pourquoi lui refuse-t-on ? Peut-être parce que de Paris se déclenchent des Révolutions qui renversent les Régimes, en 1830, en 1848, etc… 

  Pour d’autres, ou parfois pour les mêmes, c’est une référence à la Commune insurrectionnelle de Paris de 1792, ce moment où le Peuple résiste à la bourgeoisie qui accapare la révolution de 1789…

  Pour d’autres encore, le projet est plus ambitieux, qui tend vers une fédération de communes autonomes et solidaires à la place d’un État, une démocratie directe, des élus avec un mandat impératif et révocable…

  On n’entrera pas dans ces détails dans le film… Ca ferait un sacré bavardage… Mais on évoquera la chose en passant… Elle fait partie de l’originalité immense du projet qu’était celui de la Commune de Paris.

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