Mario Draghi : L’euro est « ordolibéral »

[L]a constitution monétaire de la BCE est profondément ancrée dans les principes de « l’ordolibéralisme » […]. – Mario Draghi

Le Président de la Banque centrale européenne a fait cette déclaration lors d’un discours à Jérusalem.

Ce n’est évidemment pas un scoop pour les spécialistes. Mais je présente ce petit billet pour ceux qui qui supposeraient (par exemple) que la zone euro est une construction neutre qui ne pose aucun problème pour le Français dit « de gauche », parce qu’elle ne serait pas particulièrement « allemande » et serait « ni de gauche, ni de droite. » Ceci est aussi valable pour les divers gauchistes qui imaginent un « retournement social » de l’euro si seulement ils étaient à l’Élysée.

L’ordolibéralisme est une idéologie de la droite allemande, depuis acceptée par la gauche allemande. Dans sa forme européanisée elle prime la « concurrence libre et non faussée », l’anti-inflationnisme et la réduction des déficits (anti-keynésianisme) sur  toute autre considération, notamment celles d’ordre social. C’est une idéologie parmi d’autres mais, dans mon esprit de démocrate, il demeure choquant qu’une telle idéologie dicte constitutionnellement les politiques économiques à suivre, quelles que soient les majorités politiques.

Cette idéologie de la droite allemande est le socle constitutionnel du Droit fondamental de l’Union monétaire. Contrairement à ce qu’affirment les mélenchonnistes, on ne pourra donc pas changer de politique en changeant de majorité ou de gouvernement, parce que justement ils n’ont plus le pouvoir de décision. Il faudra changer, si l’on veut changer de politique, le droit constitutionnel, c’est-à-dire amender (bonne chance !) ou abroger les traités.

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