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Billet de blog 2 novembre 2022

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Visages nous voyons coeurs nous ignorons (trad. d'un texte de Canserbero)

Caras vemos corazones no sabemos est une chanson de Tirone José González Orama (1988 - 2015) dit Canserbero, rappeur, poète, compositeur et activiste vénézuélien extraite d'un single sorti peu avant son décès.

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            Caras vemos corazones no sabemos

.

.

Les suplico no se asusten si no me reconocen
Si mi gesto es diferente o si mi voz varía
No estoy poseído, ni estoy loco, ni oigo voces...
Júzguenme por mi discurso que no desvaría

.

No se preocupen por la marihuana que he fumado
Ni por las noches en vigilia leyendo poesía
Preocúpense por sus defectos que no son menos malos
Y cuando quieran comparamos la estantería

.

He sido acusado de nazi, de racista, de cristiano, de budista
De asesino, de loco, de traidor, hasta de artista
De extraterrestre y terrorista, de mesías, de demonio
De portador de amor o de microbios

.

De satánico, de pederasta, de homofóbico, de plasta
Y yo los escuché sin decir "basta"
Pero lo que para mí es obvio, para otros no,
Y al contrario, por eso es que considero necesario

.

Que así como yo, sonriendo, soporté sus argumentos
Les recuerdo que ahora ustedes no pueden descartar estos:
Los acuso de pendejos, todos llenos de complejos,
Influenciables, ciegos, dominados por sus egos

.

Egoístas, masoquistas, egotistas, inflexibles
Fanáticos, parásitos, rateros, corruptibles
Ni siquiera pueden soportar cuatro verdades,
dime ¿cómo coño se razona con cañones que reprimen?

.

Traicioneros, envidiosos, embusteros, mentirosos, insensatos
No ven más realidad que la de sus datos
No se creen su mentira por más que se la plantean
Alardean, el orgullo los arrastrará a la hoguera

.

En el fondo lo saben, pero no quieren creerlo
Como el tema OVNI, primero tienen que verlo
Me han acusado de brujo y que de la confianza abuso
Cuando me han robado, y dedicado tabacos, incluso...

.

Dicen que son paranoias lo que pa’ mí son fobias
Y hasta tontas las acciones que han orquestado en mi contra
Espionajes, chantajes, difamaciones, visajes
Pero me hago el loco para vacilarme sus disfraces

.

Pocos los que son serios y los que tienen criterio
Y los que van… con la conciencia limpia al cementerio
Sé también quiénes son falsos, pero igual les doy la mano
Porque aunque me digan hippie, en el fondo somos hermanos

.

He buscado en libros y en el extranjero alguna cura
Poniendo en peligro, incluso, hasta mi propia cordura
Para decir algo noble, para mujeres y hombres
Para ricos, para pobres, habitantes de este orbe

.

He visto el abismo enorme de la matrix multiforme
Que te absorbe y no conforme las esperanzas te rompe
A la par he vuelto al barrio, he padecido lo precario
Porque si no sufro como todos, no podré cantarlo

.

Me han ofrecido mil pieles y mil joyas y mil mieles
Y les duele que soy fiel a mis principios y mujeres
Mujeres que me inspiran a cantarles cantaletas
con siluetas, que me hacen suspirar como cometas

.

(Hoy)

.

Polvo somos y en polvo nos convertiremos
¡Epa! En la calle nos vemos
Caras vemos, corazones no sabemos
Todo cambia pero al menos tú llevas volantes y frenos, ¿no?

.

Polvo somos y en polvo nos convertiremos
¡Epa! En la calle nos vemos
Caras vemos, corazones no sabemos
Todo cambia pero al menos tú llevas volantes y frenos

.

Así es como yo la dreno, con la musa entreno
Saboreo mis estrenos pa’ no abusar de lo bueno
Me temo que sueno pleno y algunos conciertos lleno
Por eso me tienen el ojo puesto en el lapicero

.

Bolígrafos, micrófonos, audífonos, tinteros
Pendientes con los párrafos que escribe Canserbero
¿No les parece patético que les moleste tanto
Un raperito decrépito, raquítico, excéntrico?

.

No sean tan entrépito’, tampoco tan estúpidos,
eviten los estrépitos, dándoselas de intrépidos
Los dioses no dan créditos al que gana sin méritos
¡Los dioses no dan créditos al que gana sin méritos!

.

Polvo somos y en polvo nos convertiremos
¡Epa! En la calle nos vemos
Caras vemos, corazones no sabemos
Todo cambia, pero al menos tú llevas volantes y frenos, ¿no?

.

Caras vemos, corazones no sabemos
¡Epa! En la calle nos vemos
Polvo somos y en polvo nos convertiremos
Todo cambia, pero tú llevas volantes y frenos

.

Al menos, ¿no?
Al menos, ¿no?

.

Oh…
Can Can en el mic…
De Venezuela
ZonaSUR Studios
Arnaldo en el beat
Black Kamikase
Soni por aquí,
Morox
Lo conviven acá

.

Señores, esto es rap
Señores y señoras.

.

.

            Visages nous voyons coeurs nous ignorons

.

.

Je vous en prie n’ayez pas peur si vous ne me reconnaissez pas

Si mon geste est différent ou si ma voix varie

Je ne suis pas possédé, ni ne suis fou, ni n’entends des voix…

Jugez-moi sur mon discours qui ne perd ni la tête ni le fil

.

Ne vous occupez pas de la marijuana que j’ai fumée

Ni pour les nuits blanches à lire de la poésie

Occupez-vous de vos défauts qui ne sont pas moins mauvais

Et quand vous voudrez on compare nos étalages

.

J’ai été accusé de nazi, de raciste, de chrétien, de bouddhiste

D’assassin, de fou, de traître, et même d’artiste

D’extraterrestre et terroriste, de messie, de démon

De porteur d’amour ou de microbes

.

De satanique, de pédéraste, d’homophobe, de raclure

Et je les ai écoutés sans dire "basta"

Mais ce qui pour moi est évident, pour d’autres ne l’est pas,

Ou bien c’est l’inverse, c’est pour ça je considère nécessaire

.

Et alors comme moi, souriant, j’ai supporté vos arguments

Je vous dis c’est à vous maintenant d’entendre cela:

Je vous accuse d’être des connards, bourrés de complexes,

Influençables, aveugles, dominés par vos égos

.

Égoïstes, masochistes, égotistes, inflexibles

Fanatiques, parasites, voleurs, corruptibles

Vous ne pouvez même pas supporter quatre vérités,

Dis-moi, comment tu veux débattre avec leurs canons à eau?

.

Scélérats, jaloux, charlatans, menteurs, idiots

Ils ne voient pas d’autres réalités que celle de leurs données

Ils n’admettent pas leurs mensonges qu’ils ont devant les yeux

Ils se vantent, l’orgueil les jettera dans le feu

.

Dan le fond ils savent, mais ils ne veulent pas y croire

Comme le thème des OVNI, d’abord ils doivent le voir

Ils m’ont accusé d’être un sorcier, d’abuser de la confiance

Mais ils m’ont volé, sur moi tenté d’attirer le mauvais sort, qui plus est…

.

Ils disent que ce sont des paranoïas c’qui pour moi sont des phobies

Et aussi stupides soient les actions qu’ils ont orchestrées contre moi

Espionnages, chantages, diffamations, mimiques

Qu’importe je fais le fou pour me foutre de la gueule de leurs déguisements

.

Bien peu sont les personnes sérieuses et celles qui ont des critères

Et celles qui vont… avec la conscience tranquille au cimetière

Je sais aussi les faux-culs, mais bon je leur tends la main

Parce que même s’ils me traitent de hippie, dans le fond nous sommes frères

.

J’ai cherché dans les livres et à l’étranger un remède

Mettant en péril, y compris, mon propre bon sens

Pour dire quelque chose de noble, pour les femmes et les hommes

Pour les riches, pour les pauvres, habitants de cet orbe

.

J’ai vu l’abîme immense à l’intérieur de la matrice multiforme

Qui t’absorbe et ne se conforme tes espoirs elle brise

Sur un pied d’égalité j’reviens au quartier, je tombe dans la précarité

Parce que si j’souffre pas comme les autres j’pourrai pas le chanter

.

Ils m’ont offert mille peaux et mille pierres précieuses et mille miels

Et ils en crèvent que je sois fidèle à mes principes et femmes

Femmes qui m’inspirent à leur chanter mes logorrhées

Avec des silhouettes, qui me font languir comme des comètes

.

(Aujourd’hui)

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Poussière nous sommes et poussière nous deviendrons

Epa*! On se capte dans la rue

Visages nous voyons, coeurs nous ignorons

Tout change mais toi au moins t’as un volant et des freins, pas vrai?

.

Poussière nous sommes et poussière nous deviendrons

Epa! On se capte dans la rue

Visages nous voyons, coeurs nous ignorons

Tout change mais toi au moins t’as un volant et des freins

.

Voilà comment moi je la draine, avec la muse je m’entraine

Je savoure les prochaines avant que la vie ne reprenne

J’ai peur de sonner comme pleine et quelques fêtes souveraines

C’est pour ça qu’ils me tiennent la bouche du stylo dans la veine

.

Marqueurs, micros, écouteurs, encriers

À l’affut du moindre mot qu’écrit Canserbero

Ça ne vous semble pas pathétique de tant vous offusquer

Pour un petit rappeur, décrépit, rachitique, excentrique?

.

Ne soyez pas aussi fouille-merdes, ou aussi cons,

Évitez le clinquant, pour vous donner des airs intrépides

Les dieux n’ont de respect que pour celui qui vit en danger

Les dieux n’ont de respect que pour celui qui vit en danger!

.

Poussière nous sommes et poussière nous deviendrons

Epa! On se capte dans la rue

Visages nous voyons, coeurs nous ignorons

Tout change, mais toi au moins t’as un volant et des freins, pas vrai?

.

Visages nous voyons, coeurs nous ignorons

Epa! On se capte dans la rue

Poussière nous sommes et poussière nous deviendrons

Tout change, mais toi t’as un volant et des freins

.

Au moins, pas vrai?

Au moins, pas vrai?

.

Oh…

.

Can Can au mic

Du Venezuela

ZonaSUR Studios

Arnaldo au beat

Black Kamikase

Soni par ici,

Morox

le vivent ensemble ici

.

Messieurs, ceci est du rap

Mesdames et messieurs.

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* Epa: Salutation, équivalente à Hey, Yo.

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Le fichier pdf:

caras-vemos-corazones-no-sabemos-traduction (pdf, 87.8 kB)

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Canserbero - Caras vemos corazones no sabemos © NuevosTalentosUrbanos

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Caras vemos corazones no sabemos serait un proverbe qui tiendrait son origine chez les Nahuas du Mexique. Si c'est presque un équivalent du proverbe allemand : Beurteile ein Buch nicht nach seinem Einband, ou de l'anglais: You can't judge a book by its cover. Il relève cependant d'une polysémie bien particulière. Il en va de même du nom du rappeur Canserbero qui fait entre autres choses référence au chien gardien des enfers dans la mythologie grecque. On notera qu'en lien avec la mort on entend "cancer" dans son pseudonyme aussi.

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