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Billet de blog 5 janvier 2023

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Les roses (traduction d'un poème de Ricardo Falla)

Las rosas est un poème de Ricardo Falla Barreda (né en 1944), poète péruvien, publié dans son recueil Mi Capital (1977).

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            Las rosas

.

.

Descubrí la lámpara encendida de la rosa

insensible a su espinoso tallo

y escamada forma.

Descubrí que pétalos y polen

fecundan la espesura oculta de los años.

Porque no hay nada peor en la vida

que estar vacío.

Deseo convertir a las flores

en la insaciable voluntad de inquietarse

ente el engaño con nuestras falsedades.

He aquí la voz encerrada

la forma de cómo cruzar los ojos

para ver los sueños

de cómo estar atentos

pacientes e impacientes

al mismo tiempo

para sentir las cosas.

Poco sé de rosas y jardines

pero mi historia como guardián nocturno de las flores

se traduce en la casi natural fornicación de los insectos.

Por eso el secreto que arde ante las flores

es darse cuenta de las voces

siempre implacables que salen a nuestro encuentro.

.

Cuenta la leyenda

que habiendo sido fecundada la rosa

la luz incubó exilios de viento en viento.

¿Puede la Antropología encontrar a los amantes de la rosa?

He regado con tazas de agua las preguntas abiertas de los pétalos

siento el conflicto que despierta al hombre

cuando tiene ante sus ojos

las primeras ramas de color verde que oscurece.

En tierra la rosa

está en calma girando

con la Tierra de rocas

mares y grabados

a la manera de una danza

bajo el natural impulso de los brotes

no obstante la parcialidad del éxtasis.

Las leyendas de rosas

no son razón antropológica.

Su cuerpo es inmutable

en su tronco de simplicidad delirante

desplegando la sangre

flotando insuplicables

sobre mí y sobre todos

sacando recuerdos a las miradas

no haciendo concesiones al tiempo

que no sean

las soledades letales desprendidas de los cuerpos.

A veces las rosas son inmutables

a marchitarse.

No falsifican la muerte.

.

Porque el dolor a marchitarse no duele

es digno y apropriado

a la vida

desde que aparecieron

en sus varas holgadas

pendientes

reposando

cómodamente

en torno a la transeúnte sombra del que pasa

empeñado en animar su coloquio de fantasma.

En mi país

la rosa es la sustracción

incesante

de bosques que mueren

para anunciar el reino de la tristeza.

Las leyendas de rosas no son razón antropológica.

Su rostro leve se encuentra lleno

de meditaciones

por el agua

por el aire

por las manos

que buscan que despierte el ideal perdido.

La vida color de rosa es la súbita iluminación

de quien ve imaginaciones inventadas

la ruta del hombre no cambia de cuerpo

un cuerpo que a la vez es un mundo

que avanza entre brotes externos

e internos de imaginación completa

la palabra que sólo vive después de haber hablado

con valor irrenunciable.

.

La rosa de pulso vivo

ocupa entre las flores

el lugar siempre buscado en todas partes

el espacio ocupado de pasos

por entre apariciones de elegidos

por la sorpresa de los días juntos

por la humedad que trepa las alturas.

Porque las rosas son flores de humedad

y la humedad precede siempre a la vida

entrego la rosa de cuerpo entero

para darle al descubrimiento

el ser que habita la esperanza.

.

.

            Les roses

.

.

J’ai découvert la lampe allumée de la rose

insensible à son épineuse tige

et sa forme écaillée.

J’ai découvert que pétales et pollen

fécondent l’épaisseur dissimulée des années.

Parce que rien dans la vie n’est pire

qu’être vide.

Je veux changer les fleurs

en l’insatiable volonté de s’inquiéter

étant la tromperie du côté de nos mensonges.

Ici se trouve la voix enfermée

le moyen comment traverser les yeux

pour voir les rêves

comment être attentifs

patients ou impatients

en même temps

pour sentir les choses.

Je sais peu des roses et des jardins

mais mon histoire en tant que gardien nocturne des fleurs

se traduit dans la quasi naturelle fornication des insectes.

C’est pour ça le secret qui flambe devant les fleurs

c’est se rendre compte des voix

toujours implacables qui sortent à notre rencontre.

.

La légende raconte

qu’une fois la rose fécondée

la lumière a couvé des exils de vent en vent.

Peut-elle l’Anthropologie trouver les amants de la rose?

J’ai arrosé avec des tasses d’eau les questions ouvertes des pétales

je sens le conflit qui éveille l’Homme

quand il a devant les yeux

les premières branches d’une couleur verte qui s’obscurcit.

En terre la rose

au calme se trouve tournant

avec la Terre de roches

mers et gravures

à la façon d’une danse

sous la naturelle impulsion des bourgeons

en dépit de la partialité de l’extase.

Les légendes des roses

ne sont pas une raison anthropologique.

Son corps est immuable

en son tronc de simplicité délirante

déployant le sang

flottant des inmendigots

sur moi et sur tous

extorquant des souvenirs aux regards

ne faisant aucune concession au temps

qui ne soient pas

les solitudes létales détachées des corps.

Parfois les roses sont immuables

à se faner.

Elles ne falsifient pas la mort.

.

Parce que la douleur de se faner ne fait pas mal

elle est digne et appropriée

à la vie

depuis qu’elles sont apparues

en leurs amples perches

suspendues

reposant

confortablement

aux abords de l’ombre voyageuse d’un passant

résolu à égayer son colloque de fantôme.

Dans mon pays

la rose est la soustraction

incessante

de forêts qui meurent

pour annoncer le règne de la tristesse.

Les légendes des roses ne sont pas une raison anthropologique.

Son léger visage se trouve plein

de méditations

pour l’eau

pour l’air

pour les mains

qui cherchent à réveiller l’idéal perdu.

Voir la vie en rose c’est la soudaine illumination

de qui voit des imaginations inventées

la route de l’Homme ne change pas de corps

un corps qui est à la fois un monde

qui avance entre germes extérieurs

et intérieurs d’imagination complète

la parole qui vit uniquement une fois avoir parlé

avec courage inaliénable.

.

La rose au pouls vivant

occupe parmi les fleurs

la place toujours convoitée en tous lieux

l’espace occupé par les pas

parmi les apparitions des élus

par la surprise des jours ensemble

par l’humidité qui gravit les hauteurs.

Parce que les roses sont des fleurs d’humidité

et l’humidité précède toujours la vie

je remets la rose de son corps entier

pour l’offrir à la découverte

l’être qui habite l’espérance.

.

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Le fichier pdf:

las-rosas-traduction-2 (pdf, 76.9 kB)

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Illustration 2
Grupo literario "Gleba" © Inconnu.e

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