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Billet de blog 7 février 2021

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Toujours le dimanche (traduction d'un poème de Victor Valera Mora)

Siempre en domingo est un poème de Victor Valera Mora, dit "el Chino", auteur vénézuélien, extrait de son recueil Los días de nuestra vida (1963 – 1970).

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Siempre en domingo

Aquél cuya identidad es un águila tatuada

con un silbo de moda entre los dientes

nos toma de los pies

y agitando trapos de sol manchados de betún

detiene la melodía y se desata para explicar

«porque no es fácil sacarle brillo

al lomo de un elefante y puedo hacerlo

Pulir zapatos también tiene su técnica

se deben dominar las dos manos así

y conozco el oficio y gano lo suficiente para no morir

pero no lo suficiente me falta la vida toda

mire Ud. el otro día un carro azul corría velozmente

y los muchachos que lo ocupaban disparaban sus metralletas

contra las radiopatrullas que los perseguía

Entonces apreté el cajón contra el pecho

y me tiré al suelo pero no estaba en el suelo

yo iba  en el carro azul disparando contra la policía

Después supe que eran muchachos de las FALN

y le hablo así porque sé quién es

en pareja jugando «maquinita» en el Recreo

Ud. decía cosas contra el gobierno

como le digo

gano lo suficiente para no morir

pero no encuentro la vida

Vale la pena buscarla como los terroristas»

Toujours le dimanche

Celui-là dont l'identité est un aigle tatoué

avec un sifflement à la mode entre les dents

il nous prend par les pieds

et en agitant des serviettes de soleil tachées de betun

arrête la mélodie et se détache pour expliquer

«c'est que ce n'est pas facile de faire briller

le cuir d'un éléphant et j'y arrive

Cirer les chaussures ça a aussi sa technique

il faut maîtriser les deux mains comme-ça

et je connais le boulot et je gagne assez pour pas mourir

mais pas assez il me manque la vie entière

Vous voyez l'autre jour une voiture bleu roulait à toute allure

et les jeunes à l'intérieur utilisaient leurs mitraillettes

contre les patrouilles qui les poursuivaient

Alors j'ai serré contre moi mes affaires

et je me suis jeté au sol mais je n'étais pas au sol

moi je fonçais dans la voiture bleu en tirant sur la police

Après j'ai su que les jeunes étaient dans les FALN

et je vous parle comme-ça parce que je sais qui vous êtes

deux par deux jouant «maquinita»* à la Récré

Vous disiez des choses contre le gouvernement

comme je vous dis

je gagne assez pour pas mourir

mais j'ai pas vu la vie

Ça vaut la peine de la chercher comme les terroristes»

*Allusion faite aux gamins qui « jouent à la guerre ».

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