Qu’un souvenir du chardon
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Un certain désastre obscur rode et la poussière
soulevée à la manière d’une robe
s’amuse du ton insurgé dans ce langage
allant chérir de ces champs
de blé
l’ingénieuse beauté d’en silence périr très loin
de ta quête insomnieuse
Quand
l’imaginant incertaine
l’âme chassait
en compagnie des simples sœurs de la verveine
du vol comme une épiphanie de la chouette
assermentée
sa patte blessée soit
le signe des folies par trop sermonnées que de sucs
infernaux
raffinent
Mon amour d’autrefois causant avec le chêne
le bouleau le merle autant qu’avec la
futaie la ronce emmêlée à son désir
qui déchaîne des vagues de feu
pour venir me disputer
les premières rumeurs nées de la destruction
Connaîtrais-je un jour
l’envahissement des dunes
des forêts des requins
des poulpes des fractions
de ton cerveau annihilé par ces embrumes
venues me cueillir à l’instant du mot des fraises
des mûres ensauvagées de fables contées
par d’affreux crapauds logés mal dans l’ascèse et les
derniers enfants de loups inguérissables
A la fin
peut-être
puisque t’y crois tout
deviendra…
mais je suis sans dieu la sœur des morts oubliés
Là où tu es dans d’autres rêves d’autres regards
Le chardon dans tes mains
signe la croix liée de l’adieu n’en finissant
pas d’aimer qui
s’égare