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Billet de blog 10 août 2023

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La colombe de la paix (traduction d'un poème de Javier Villafañe)

La paloma de la paz est un poème de Javier Villafañe (1909 - 1996), poète, conteur et marionnettiste argentin. Il est extrait de son recueil El gran paraguas [Le grand parapluie] publié en 1965.

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       La paloma de la paz

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Tenga cuidado señor cuando camina

No vaya a pisar una paloma

A lo mejor es esa

Todos vivimos pendientes de esa paloma

La que usted distraído puede pisarle caminando

Pisarle el pico y se muere

Pisarle un ala y se muere

Pisarle la cola y se muere

y es la guerra

Cuidado

Hay que mirar el suelo

Hay que saber dónde se pone el pie derecho

Dónde se pone el pie izquierdo

La podemos pisar usted, yo, cualquiera

Porque no vuela

Camina

Anda entre los pies de los hombres caminando

Mire mejor abajo señor

Olvídese que pasa un pájaro, un cosmonauta, una nube

Camine mirando el suelo

La gorda alimentada

Comiendo de derecha a izquierda

La paz la paz la paz

Del rojo del amarillo del blanco del negro

Del solo de las cuatro paredes del revólver

Del violeta del pálido del sonrosado

Granos de Oriente y granos de Occidente

Necesita corsé y come

De la mano del Papa

De la mano de los presidentes y los primeros ministros

De la mano del gremio del calzado

De los abuelos y los niños en las plazas públicas

De los fotógrafos y los vendedores de globos

y se mira al lado de la otra gorda

La del Espíritu Santo

y si usted la pisa

Si le pisa una pluma y muere

Es la guerra

Los jueces lo condenan

y usted muere con todos nosotros y los jueces

Cuidado

Caminemos mirando el suelo

Usted señor no vaya a pisar una paloma

A lo mejor es esa.

.
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       La colombe de la paix

.
.

Faîtes attention monsieur quand vous marchez

N’allez pas piétiner une colombe

Peut-être que c’est celle-ci

Tous nous vivons en prenant garde à cette colombe

Celle que vous distrait pouvez piétiner en marchant

Lui piétiner le bec et elle meurt

Lui piétiner une aile et elle meurt

Lui piétiner la queue et elle meurt

et c’est la guerre

Attention

Il faut regarder le sol

Il faut savoir où poser le pied droit

Où poser le pied gauche

Nous pouvons la piétiner vous, moi, n’importe qui

Parce qu’elle ne vole pas

Elle marche

Elle va entre les pieds des Hommes en marchant

Regardez plutôt en bas monsieur

Oubliez que passe un oiseau, un cosmonaute, un nuage

Marchez en regardant le sol

La grosse alimentée

Mangeant de droite à gauche

La paix la paix la paix

Du rouge du jaune du blanc du noir

Du seul des quatre murs du revolver

De la violette du pâle du rosé

Grains d’Orient et grains d’Occident

Elle a besoin d’un carcan et mange

Dans la main du Pape

Dans la main des présidents et des premiers ministres

Dans la main du syndicat du chaussé

Des grands-pères et des enfants sur les places publiques

Des photographes et des vendeurs de ballons

et on la voit à côté de l’autre grosse

Celle du Saint Esprit

et si vous la piétinez

Si vous lui piétinez une plume et meurt

C’est la guerre

Les juges vous condamnent

y vous mourrez avec nous tous et les juges

Attention

Marchons en regardant le sol

Vous monsieur n’allez pas piétiner une colombe

Peut-être c’est celle-ci.

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Le fichier pdf:

La paloma de la paz (traduction) © Javier Villafañe (trad. C.F.C) (pdf, 52.9 kB)

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