XXXII
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A ratos los muertos comienzan a llamarme se iluminan desnudos pasan
por entre sus heridas
demasiado abiertas
como si fueran a una estación de sangre
Se acumulan en los pavimentos burlándose de la policía
A veces encienden sus ojos y me alumbran por dentro
Su aparente quietud es molde donde se meten
para desplegar sus blancas ventanas
Las balas y las torturas las degradaciones y les excrecencias
son sus huéspedes mudos los dientes muerden lenguas acostumbradas a la
tiniebla
Les veo disparar desde los huesos
Embriagados por la causa hacen diques para contenerse
Se meten bajo los puentes para ser golpe de agua
Por una vez en la vida se hacen luciérnagas y su vuelo parece una música.
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XXXII
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De temps en temps les morts commencent à m’appeler ils s’illuminent nus passent
parmi leurs blessures
trop ouvertes
comme si elles allaient à une station de sang
Ils s’accumulent sur les pavés se moquant de la police
Parfois ils allument leurs yeux et m’éclairent de l’intérieur
Leur apparente quiétude est un moule où ils se mettent
pour déplier leurs blanches fenêtres
Les balles et les tortures les dégradations et les excroissances
sont leurs hôtes muets les dents mordent des langues habituées aux
ténèbres
Je les vois faire feu depuis les os
Ivres pour la cause ils font des digues pour se contenir
Ils se mettent sous les ponts pour devenir force de l’eau
Pour une fois dans la vie ils se font lucioles et leur envol semble une musique.
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