Ténèbres
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Promets-moi ce cœur en toi que tu sais si noir
Drape-moi de ta nuit, souffle sur le flambeau
Le sang chaud d’un ange sur un autel d’ivoire
Tu as renié ce monde en ouvrant ton tombeau
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La nuit est une forêt forgée de nos songes
Transperçant le velours de sa dague ombrageuse
Révélant au grand jour ses ténébreux mensonges
Elle est de ces contrées aux lunes orageuses
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L’envol des corbeaux lorsque le ciel s’assombrit
Le vent qui se lève quand le sonneur sommeille
Le passeur muet sait que la mort a son prix
Une fleur germant de limbes sans soleil
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Arrache cette rose et resserre ton poing
Ressens la douleur que procure ses épines
Lèche le sang qui macule tes blanches mains
Vois les cendres du passé noircir tes rétines
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Sous la pluie de pétales rouges et ardentes
Le serpent remonte les courbes de tes cuisses
Loin de toi l’idée de n’avoir été prudente
C’est libres et détachés que les ombres périssent
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Offrant ton corps, tes peurs et ton cœur à la nuit
A ces ténèbres qui verront naître les flammes
Tu attends que se soulève l’Homme avachi
L’Antéchrist décharné qui te rendra ton âme
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tenebres-2.
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Agrandissement : Illustration 2